Depuis son enfance, Elias Assenally n’a fait que côtoyer la mer. Il est toujours fasciné par cette vaste étendue d’eau. Rien d’étonnant donc qu’il a choisi la mer pour gagner sa vie comme pêcheur.
Elias est né dans le village de Baie-du-Tombeau, dans le nord est de l’île à l’embouchure de la rivière Tombeau, menant à Le Goulet dans le district de Pamplemousses. Il a grandi et vieilli là-bas. Il nous dit qu’il est prêt à mourir en ce lieu où il nourrit tant des souvenirs. Bhai Elias n’a connu aucune autre profession que celle de la pêche. Il a commencé par la pêche à la ligne, parmi les grands. Son jeune âge, et son air d’innocence ont fini par le faire adopter parmi les autres pêcheurs. Puis, petit à petit, il a appris les rouages du métier.
Bhai Elias nous retrace en quelques mots les réminiscences de son passé empreint de nostalgies. « C’est vrai que je n’ai pas été à l’école. Nous étions une famille de sept enfants dont je suis le troisième. L’éducation n’était pas accessible à tous, car à cette époque la vie était difficile », se souvient-il.
Pas de regrets
Quand on lui demande s’il a un regret, il nous répond par la négative. Cela pour la simple et bonne raison qu’il vit sa vie, selon la volonté de Dieu et il est un homme heureux. Marié et père de 7 enfants, dont ses 4 fils qui sont tous des pêcheurs comme lui. Il a connu des hauts et des bas mais il ne s’est jamais découragé. « Je crois toujours qu’il y aura un lendemain meilleur. Les pêcheurs sont des familles unies et cela nous aide à surmonter nos difficultés », philosophe-t-il.
Il a connu des moments difficiles, certes. Mais il a toujours pu s’en sortir. Il reconnaît toutefois que la vie est un cadeau et si on ne connaît pas sa valeur, on est malheureux. Aujourd’hui à 84 ans, Bhai Elias continue à ramer sa petite pirogue et sillonner la mer au gré des vents et souvent sous un soleil de plomb pour gagner sa vie.
Les risques du métier
Il avoue toutefois que la mer est souvent capricieuse et même dangereuse. Chaque jour les pêcheurs prennent des risques pour gagner leur pain quotidien. Et, certains ne sont jamais retournés. « Ce n’est plus le temps où l’on pouvait pêcher 50 kilos de poissons par jour. Polluée, la mer ne nourrit plus son homme comme auparavant. Et cela fait plusieurs années que les familles des pêcheurs luttent pour leur survie. Et, il y des déchets qui envahissent la mer. La modernisation n’apporte pas que le bien aux pêcheurs. Des fois on passe toute une journée en mer pour revenir avec à peine 1 ou 2 kilos de poissons», affirme-t-il.
Bhai Elias n’a pas d’autre profession que celle de la pêche. Très jeune il s’est marié. Le couple a 7 enfants – trois filles et 4 fils, tous mariés. Bhai Elias et grand-père et arrière-grand-père. Grâce à ses prières, il trouve la volonté pour affronter les difficultés de la vie.
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