samedi , 6 juin 2020
Ameenah Gurib-Fakim

Démission d’Ameenah Gurib-Fakim : la présidente jette l’éponge

La présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, va officiellement démissionner de son poste, le 23 mars à midi. Elle s’est attiré les foudres en cette fin de semaine en voulant instituer une commission d’enquête pour faire la lumière sur toute l’affaire Sobrinho. Le ténor du barreau mauricien, Sir Hamid Moollan Q.C., avait d’ailleurs remis en question la raison d’être de cette commission d’enquête.

Acculée, esseulée et critiquée de toutes parts, Ameenah Gurib-Fakim a fini par courber l’échine. Le courage et la ténacité qui lui permettaient encore de faire face aux pressions du gouvernement, de l’opposition et aussi des médias au cours de ces derniers jours, se sont volatilisés en cette fin de semaine. Ainsi, ce samedi après-midi, la première femme présidente de la République de Maurice a annoncé sa démission. Elle a déjà fait parvenir sa lettre de démission au bureau de la Speaker. Son avocat et porte-parole, Me Yousuf Mohamed, a déclaré que c’est en faisant preuve d’une grande sagesse que sa cliente a pris cette décision. « Elle l’a fait dans l’intérêt général des Mauriciens et des Mauriciennes. Elle ne veut pas que ses proches souffrent à cause d’elle », devait déclarer le Senior Counsel à la presse, hier.

Si depuis plusieurs jours, le bras de fer entre Ameenah Gurib-Fakim et le gouvernement s’est corsé et que la crise constitutionnelle au sommet de l’État paraissait loin d’être désamorcée, le cours des évènements a rapidement changé, vendredi, lorsque la présidente de la République a annoncé sa décision de mettre sur pied une commission d’enquête pour faire la lumière sur toute l’affaire impliquant le richissime businessman angolais, Alvaro Sobrinho. Un communiqué en ce sens a même été émis par la State House. Annoncé comme l’éventuel président de la commission, Sir Hamid Moollan, Q.C., a laissé planer le doute sur la raison d’être et la crédibilité d’une telle commission. Devant l’hésitation du ténor du barreau mauricien, ils étaient alors nombreux s’interroger sur le motif d’Ameenah Gurib-Fakim de s’engager dans une telle voie. « L’a-t-elle fait sous pression ? », « Sait-elle ce qu’elle fait », « A-t-elle était mal conseillée ? »… Les rumeurs allaient crescendo. Plusieurs hommes de loi du pays se sont même prononcés sur la légalité de cette commission.

La dame de fer cède

Ameenah Gurib-Fakim nous avait tellement habitués à voir en elle une dame au caractère en acier trempé au cours de ces dernières semaines que sa démission soudaine étonne. En effet, personne ne s’attendait à ce qu’elle finisse par craquer face à la vague de pressions émanant de l’hôtel du gouvernement. Déjà que la semaine dernière, elle avait fait voir de toutes les couleurs au Cabinet ministériel. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, avait dû faire le déplacement à deux reprises au Château du Réduit pour s’entretenir avec la présidente sur un éventuel départ. Mais selon son entourage, c’est essentiellement pour ne pas accabler davantage ses proches qu’elle a décidé de quitter le fauteuil présidentiel. Pour rappel, Pravind Jugnauth a, lors du Conseil des ministres, vendredi, fait connaître sa position sur cette affaire. Le chef du gouvernement voulait présenter une motion visant à mettre sur pied un tribunal spécial pour se pencher sur le cas de la présidente.

Si Ameenah Gurib-Fakim va quitter le Réduit par la petite porte, l’Histoire retiendra qu’elle a été la toute première femme présidente en Afrique. Désormais, toute l’attention sera braquée sur la possibilité d’aller de l’avant avec la commission d’enquête. Après la démission d’Ameenah Gurib-Fakim, hier, les membres de l’opposition ont exprimé leur souhait que la commission voie le jour.

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