Sunday , 14 July 2024

Cessez-le-feu immédiat

Einstein disait que le monde court un plus grand danger de la part de ceux qui tolèrent le mal ou l’encouragent que de la part de ceux qui le commettent. Le massacre d’innocents, un nettoyage ethnique et un génocide en cours selon certains, se poursuit parce qu’il y a le refus d’un cessez-le-feu immédiat.

Sont tués sans discrimination, civils, médecins et infirmiers, journalistes et travailleurs humanitaires, y compris le personnel des Nations Unies, mais surtout des enfants. Cela est possible parce que cette situation est tolérée, donc encouragée, par ceux qui s’opposent à la fin des hostilités. Plus de 3000 victimes parmi les 7000 morts, au minimum jusqu’ici, ne sont que des enfants. Sont-ils des terroristes ? Si non, alors pourquoi s’opposer à un cessez-le-feu quand ils sont devenus les principales cibles avérées ?

Comment peut-on dans ce contexte refuser d’appeler, de soutenir et d’imposer un cessez-le-feu ? C’est ce qui se passe avec les hauts responsables israéliens, américains et britanniques, entre autres, mais aussi avec d’autres leaders politiques, économiques et d’opinion, qui peuvent avoir une influence sur la situation actuelle. Or, s’ils ne commettent pas eux-mêmes le massacre de ces enfants, ils sont soit ouvertement contre un cessez-le-feu, sinon ils se montrent passifs et fuient devant leurs responsabilités tandis que le bilan s’alourdit chaque jour.

Aux USA comme en Grande-Bretagne, des personnalités, y compris de la communauté juive, se démarquent de la position adoptée par les pouvoirs en place, certains n’hésitant pas à quitter leurs fonctions pour parler librement en faveur d’un cessez-le-feu. Mais cela n’empêche que d’autres n’ont aucune gêne à approuver le vote de milliards de dollars en armement qui sera utiliser pour tuer des enfants. En à peine trois semaines, la puissance en tonnes de bombes lancées sur Gaza dépasse celle de la bombe atomique sur Hiroshima.

Peu après les attaques nucléaires américaines sur cette dernière ville et sur Nagasaki, Einstein rappelait : « Le moment est venu où l’homme doit renoncer à la guerre. Il n’est plus rationnel de résoudre les problèmes internationaux en recourant à la guerre. Maintenant qu’une bombe atomique, comme les bombes qui ont explosé à Hiroshima et à Nagasaki, peut détruire une ville, tuer tous les habitants d’une ville, une petite ville de la taille de Minneapolis par exemple, nous comprenons que nous devons maintenant utiliser le pouvoir humain de la raison afin de régler les différends entre les nations. »

Nations Unies

Einstein terminait cette intervention en ajoutant  : « Conformément aux principes de justice, nous devons développer le droit international, renforcer les Nations Unies et instaurer désormais la paix dans le monde. » Le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres, cette semaine, n’a fait que traduire dans le concret cette vision dans la conjoncture actuelle. Il a rappelé avec force et courage tant de vérités, pour appesantir sur l’urgence d’un cessez-le-feu. Sa démission est aussitôt exigée par nous-savons-qui, mais ce qui est plus gravement dangereux est l’absence flagrante de soutien dont il bénéficie.

Tous les pays-membres des Nations Unies ne peuvent rien contre le droit de véto d’un seul. Au Conseil de Sécurité, les rivalités entre les membres permanents peuvent bloquer toute résolution commune. Même s’ils peuvent arriver à s’accorder sur l’essentiel comme l’envoi de nourriture, de médicaments et d’autres besoins indispensables, par exemple, un membre permanent applique automatiquement son véto si la proposition, aussi bonne soit-elle, provient d’un membre adverse.

Comment peut-il y avoir un couloir humanitaire sans une trêve militaire sur le terrain, car comme l’affirme Antonio Guterres, il n’y a aucun endroit qui est à l’abri des bombes ? Environ un million de personnes sont déplacées et cherchent un lieu pour s’abriter, mais partout il peut y avoir des attaques meurtrières, y compris sur les hôpitaux, les lieux de culte, les écoles ou même les centres de refuge sous l’administration des Nations Unies. Même si ces lieux sont des bases dites « terroristes », comment peut-on justifier le massacre hors de toute proportion de milliers d’innocents comme un simple « dommage collatéral » ? Il est clair, qu’aujourd’hui, un cessez-le feu est une priorité absolue et immédiate, tout le reste n’est que secondaire.

Certes, ce cessez-le-feu ne signifie pas une pause pour ensuite reprendre les bombardements. Mais il doit venir au plus vite sinon nous serons coupables d’un des pires massacres de l’ère dite « moderne ». En ce moment précis, il n’y est même pas possible d’appeler une ambulance suite à une frappe parce les moyens de communications ont été pris pour cible et détruits. Les hôpitaux sont dans le noir faute d’électricité. Il manque de tout, les médicaments, la nourriture, le fioul, l’eau.

Conclusion

Il y a ceux qui commettent les massacres. Et ceux qui les tolèrent et les encouragent, comme ces 44 pays qui viennent de s’abstenir lors de l’adoption par 121 membres d’une résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies en faveur d’un cessez-le-feu humanitaire. Le plus grand danger, selon Einstein, provient de ceux-là.

Ajoutons aussi que ceux qui réclament la fin des bombardements, il faut qu’ils le fassent en toute sincérité, avec une intention pure, sans aucune hypocrisie. Cela s’applique à nous tous, y compris l’auteur de ces lignes. Car, des dirigeants du monde arabe jusqu’à ceux de la Russie, de la Chine ou de même de la France, en passant par les maires de Londres, de Sarajevo ou de Port-Louis, et les milliers de gens qui parlent d’un cessez-le-feu, combien sont-ils, combien sommes-nous, ceux qui ne sont pas tombés dans le piège de l’apparence, qui ne font qu’un show ou qui ne sont pas motivés d’abord par un intérêt personnel pour ce monde ici-bas ?

Quiconque désire œuvrer/labourer/récolter pour la vie future, Nous augmentons pour lui son œuvre/labour/récolte. Quiconque désire œuvrer/labourer/récolter pour l’ici-bas, Nous lui donnons de celui-ci, mais il n’aura pas de part dans l’Au-delà. (Le Coran 42 :12)

Par PROF. KHALIL ELAHEE

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