lundi , 23 mai 2022

Assouplissement des restrictions : la fête Eid sera célébrée avec faste en famille après deux ans

Après 2020 et 2021 lorsque la fête Eid-ul-Fitr a été célébrée en confinement, cette année, ce jour de réjouissance sera fêté comme il se doit chez de nombreuses familles mauriciennes. Les traditionnels rassemblements et repas familiaux seront de rigueur.

Chez les Sadulla : Les quatre cousins de nouveau réunis pour Eid

Anas Sadulla (au centre) en compagnie de ses parents et de son frère.

La fête Eid-ul-Fitr sera particulière chez les Sadulla cette année. Les quatre cousins, Multazaam, Mursalaat, Saif et Anas sont de retour auprès de leur famille respective après plus d’une année d’incarcération. En effet, après les frères Multazaam (28 ans) et Mursalaat (23 ans) la semaine dernière, deux autres Sadulla, à savoir Saif (26 ans) et Anas (21 ans) ont également obtenu la liberté conditionnelle cette semaine.

Anas Sadulla est le dernier à avoir obtenu sa libération, soit dans la matinée du vendredi 29 avril. Dans une déclaration à STAR, le benjamin des quatre cousins ne cache pas sa joie de retrouver sa liberté. « Par lord Allah mone ressi sorti », se réjouit-il. Il indique que lorsqu’il a appris la libération de Multazaam la semaine dernière, il était confiant qu’il allait lui emboîter le pas. Sa mère, Tawida Sadulla, peine à trouver les mots pour exprimer sa joie. « Mone re gagne couraz kan line sorti », dit-elle. En début de semaine, soit le lundi 25 avril, la liberté conditionnelle a été accordée à Saif Sadulla. « J’avais placé toute ma confiance en Allah. Avec le soutien de mes proches et des mes avocats, j’ai pu sortir également », dit-il.

Briani poisson

Rookaya Sadulla, la mère de Saif, parle d’une joie indescriptible. « Je suis extrêmement heureuse, car mon fils me manquait énormément et encore plus durant le Ramadan. L’année dernière, durant cette période, le cœur n’y était pas. Mo pann manz gato ditou », dit-elle. Depuis la libération de son fils, elle se dit revigorée et s’attèle depuis lundi aux préparatifs pour la fête Eid. « Lané dernier pa ti prepar ni vermicel, ni briani et pa ti met linz nef non pli », soutient-elle. Or, cette année, Rookaya Sadulla indique que suivant la libération de Saif, l’heure est à la réjouissance. « Nou fin ale aste linz, soulier tou ca », dit-elle. Notre interlocutrice indique qu’une requête spéciale a été faite par Saif pour Eid. « Li dir li envi manz ene briani poisson. Li pan tro conten poul ek laviand kan li incarcerer », confie-t-elle.

Tawida Sadulla, la mère d’Anas, revient elle aussi sur la fête Eid de l’année dernière. « Ti bien triste et difficile », avoue-t-elle. Or, cette année, elle indique qu’elle pourra compter sur Anas pour le « grand nettoyage Eid ». « Li abitier aid moi pu ca. Li mem tir ban rido, mett lavé et kan fini repasser li re mett ban rido la », avance-t-elle avec le sourire. Salsabil Sadulla, la mère de Multazaam et Mursalaat, concède que le stress lié à cette affaire de meurtre est toujours présent. Toutefois, elle affirme que l’Eid-ul-Fitr sera « beaucoup mieux » que l’année dernière. « Au menu cette année, l’incontournable briani pour le déjeuner et un ‘kalia’ de viande et des naans pour le dîner », confie-t-elle.

Abdul Wahab Sadulla, 67 ans, est le frère du grand-père des quatre cousins et habite la même cour. Il explique que durant l’Eid de 2021, il y avait le confinement. Par conséquent, les hommes de la famille avaient accompli la salât Eid en congrégation à la maison. « Après la salât, nous avons tous éclaté en sanglot, tant nous étions tristes et l’atmosphère lourde et pesante », se remémore-t-il. Aujourd’hui, il indique que sa famille a repris goût à la vie. « Mood dan lacour corek, zot tou dan lazoi », dit-il. Le sexagénaire indique que le père d’Anas ne se portait pas bien ces derniers temps. « Li ti decu, mai aster li gayar net », lance-t-il.

Shahzaad Mungroo : « La famille réunie pour le déjeuner et le dîner »

L’avocat Shahzaad Mungroo confie que l’Eid est la seule occasion de passer du temps avec la famille, les proches et les amis. Mais lors des deux dernières années, cela n’était pas possible. «  Donc, évidemment, sans aucune restriction cette année, je passerai la plupart du temps avec les membres de ma famille, où nous nous réunirons tous au même endroit pour déjeuner et dîner  », dit-il. Il ajoute aussi qu’il ira au cimetière pour se recueillir auprès des proches disparus.

Concernant les préparatifs et les repas, le jeune avocat avance que c’est son épouse «  qui est aux commandes». « C’est elle l’experte. Mon épouse adore cuisiner et elle est très douée pour ça. Donc, les préparations de nourriture et de gâteaux sont déjà en cours. Elle prépare aussi divers gâteaux qu’on va partager avec les proches, les amis, les collègues mais aussi avec les nécessiteux. À l’instar de Ramadan, Eid est également synonyme de partage », souligne Shahzaad Mungroo.

Swaleha Khadun : « Célébrer Eid et les 60 ans de mon époux »

Saleem Khadun fêtera ses 60 ans le 2 mai.

La célébration de l’Eid-ul-Fitr sera différente cette année chez Swaleha Khadun. En effet, pour la toute première fois, deux de ses enfants ne seront pas de la partie pour les festivités. Elle confie que deux de ses fils sont partis à l’étranger. Maman de trois garçons et d’une fille, elle explique qu’en octobre 2021, son fils cadet s’est établi en France avec son épouse et sa fille de 6 ans. Son benjamin est, lui, parti s’établir en Irlande en mars dernier avec son épouse. « C’est sûr qu’ils vont donc tous nous manquer le jour de la fête, car d’habitude tous mes enfants célèbrent cette journée spéciale chez moi. Nous avons surtout un pincement au cœur, car nous n’aurons pas l’occasion de voir le dernier venu de la famille et lui couvrir de cadeaux à l’occasion de l’Eid-ul-Fitr. Ma belle-fille en France a accouché de son deuxième enfant récemment », avance-t-elle.

Cependant, Swaleha Khadun se prépare aussi à une grande réjouissance. Son époux, Saleem Khadun, va souffler ses 60 bougies le 2 mai. « Mon époux travaille comme chauffeur d’autobus depuis presque 20 ans. Nous comptons marquer cet événement en réunissant tous les proches dont les cinq frères de mon époux et leurs familles respectives. Mes deux fils, mes deux belles-filles et mes deux petits-enfants, qui sont à l’étranger, se joindront aux célébrations à travers les appels vidéo », souligne Swaleha.

Yamina B Elaheebocus : « Visite à mes deux grands-mères »

Ayant perdu son frère unique en février ainsi que trois autres membres de sa famille, Yamina B Elabeebocus estime que l’esprit festif n’est pas au rendez-vous cette année. Cependant, après un mois de jeûne et aussi après deux Eid en confinement, elle indique que « le Créateur va leur accorder la sabr » en ce jour de fête. Yamina avance qu’après avoir accompli la prière de l’Eid à la maison, elle ira rendre visite à ses grands-mères. « Je vais préparer quelques friandises et les partager avec les membres de la famille. J’avais prévu de tester de nouvelles recettes de gâteaux mais suite au décès de mon frère, nos plans ont été chamboulés », confie cette habitante de Vacoas.

N’empêche que la famille a prévu de préparer le traditionnel briani pour le déjeuner et le dîner tout comme le vermicelle et le halwa. Yamina se réjouit aussi que « la fête Eid cette année ne sera pas monotone comme les deux dernières années». « Nous aurons la possibilité d’aller rendre visite aux proches et de recevoir chez nous des invités  », indique-t-elle. Après un mois de sacrifice, la jeune femme ajoute que les membres de sa famille ont acheté des habits neufs pour Eid bien que l’esprit n’est pas à la fête cette année.

Sarah Al Janabi : « Partager nos traditions du Moyen-Orient avec les amis »

Après deux Eid en confinement, Sarah Al Janabi avance que « sa famille et elle ont hâte de partager leurs traditions du Moyen-Orient avec leurs amis cette année ». « Le confinement a effectivement rendu la fête de l’Eid-ul-Fitr moins grandiose ces deux dernières années mais nous sommes habitués à nos petites fêtes familiales. Comme mes parents sont originaires du Moyen-Orient, nous organisons généralement une petite fête entre nous. Cependant, nous avons beaucoup d’amis, musulmans et non-musulmans, qui nous rendent visite le jour de l’Eid. Ces amis, avec qui nous avons tissé des liens d’amitié forts au fil des années, sont comme des membres de notre famille. Ils ont toujours été présents pour partager cette journée spéciale avec nous. Nous avons donc hâte de les revoir et de partager avec eux nos traditions et notre culture moyen-orientales, qui sont différentes des traditions mauriciennes », explique-t-elle.

Cette jeune habitante de Quatre-Bornes soutient que les plats et surtout les gâteaux aux saveurs orientaux seront au menu le jour d’Eid. « Nos douceurs préférées que nous préparons pour l’Eid sont le Mamoul qui est un biscuit typique du Moyen-Orient farci de dattes ou de noix, le Ghraiba qui est un biscuit au beurre garni de pistache et le Kletcha qui est une pâtisserie arabe typique ressemblant à un roulé à la cannelle mais rempli de dattes. Bien sûr, le tout est fait maison avec amour. Nous aurons aussi les pâtisseries classiques arabes comme les délicieux baklavas, basboussas et kanafas », ajoute-t-elle. Sarah Al Janabi confie que les préparatifs vont bon train et qu’elle attend avec impatience le jour de fête. « Ça s’active déjà en cuisine chez nous. J’ai hâte de partager nos douceurs orientaux dans les jolies ‘Eid Boxes’ », conclut-elle.

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