lundi , 23 mai 2022
Les cousins Sadulla.

Assassinat de Manan Fakoo : la libération des 4 cousins Sadulla réclamée par leurs proches

Cela fait un peu plus de 8 mois depuis que les quatre cousins, Multazaam, Saif, Mursalaat et Anas Sadulla, sont incarcérés dans le cadre de l’assassinat de Manan Fakoo. Une incarcération que leurs parents respectifs jugent injuste, estimant que la police ne dispose pas d’éléments concrets les liant à cet assassinat.

À la rue Cheri Liennard à Beau-Bassin, aux domiciles des Sadulla, le temps semble s’être arrêté. Les visages sont pâles et le moral est au plus bas. Depuis février dernier, quatre cousins habitant la même cour, dont deux frères, ont été arrêtés par la police dans le cadre de l’assassinat de Manan Fakoo survenu à la rue Martingale, Beau-Bassin, dans la soirée du mercredi 20 janvier 2021.

Dans un premier temps, c’est Multazaam Sadulla (27 ans), l’aîné des quatre cousins qui a été arrêté, le 19 février. Suivi de Saif Sadulla (25 ans) cinq jours plus tard, soit le 24 février et finalement, Mursalaat Sadulla (22 ans) et Anas Sadulla (20 ans) ont été arrêtés le lendemain, soit le 25 février. Selon les enquêteurs de la police, les quatre cousins auraient été vus, ensemble, dans une fourgonnette, à faire des allées et venues non loin du domicile de Manan Fakoo la veille de l’assassinat de ce dernier.

À cet effet, Saif Sadulla avouera aux enquêteurs avoir emprunté la fourgonnette de son beau-frère et que ses cousins et lui s’étaient rendus chez un dénommé « Dylan », qui habite à quelques mètres de la demeure de Manan Fakoo, pour se procurer du « gandia ». Dylan mettant du temps à retourner, les cousins auraient décidé de ne pas s’attarder sur place et de tourner en rond jusqu’à ce que celui-ci revienne.

Fréquentation

Mais pour Iqbal Sadulla, le père de Multazaam Sadulla, celui-ci ferait les frais de sa fréquentation dans une mosquée de Vallée-Pitot. « Sous prétexte que mon fils fréquente cette mosquée où un autre fidèle a lui aussi été arrêté dans cette affaire et que mon fils aurait été vu sur des caméras à bord de la fourgonnette à proximité du domicile de Manan Fakoo la veille de son assassinat, les enquêteurs ont vite fait de conclure qu’il est lui aussi forcément impliqué. C’est insensé », déplore Iqbal Sadulla, dénonçant au passage que son deuxième fils et les deux autres cousins aient aussi été mêlés à cette affaire.

Abdul Wahab Sadulla, le grand-père des quatre cousins, réfute aussi cette thèse de la police selon laquelle les 4 cousins seraient impliqués dans cette affaire. Et pour cause. « Toulezour Manan assize dans coin lari pres cot nou. So ban camarad ce nou ban voisin. Tou dimoune ki habite ici conner ça. Si ti ena pu fer li ditor, kifer ti pu bizin alle fer letour cot li rester ? Et la oci, veyer enn zour et tir cout bal enn lot zour ? » s’interroge le sexagénaire. Rookaya Sadulla, la mère de Saif Sadulla, abonde dans le même sens. « Mon fils ainsi que mon époux sont tous les deux coiffeurs et Manan ainsi que son fils sont des clients habituels. Ils se connaissent et entretiennent de bonnes relations », soutient-elle.

Quant à Anas Sadulla, le benjamin des quatre cousins, ses proches sont unanimes à dire qu’il n’est encore qu’un enfant dans sa tête. « Anas zenfan gaté. Zot amen li partou cot zot aller. Il a arrêté l’école très tôt, car il éprouvait des difficultés à assimiler. Après avoir suivi une formation en coiffure, comme mon fils, il donnait régulièrement un coup de main dans le salon de coiffure où travaillent Saif et son père. Li bien zenfan, li pena capacité pou alle participe dans assassinat enn dimoune », soutient Rookaya Sadulla.

Liberté conditionnelle

À ce jour, les 4 cousins sont toujours en détention policière. Ce que dénoncent les Sadulla. « Nous sommes persuadés de leur innocence et qu’ils sont injustement incarcérés. Mon souhait c’est qu’ils retrouvent la liberté le plus rapidement possible, car il n’y a pas de preuve contre eux », est d’avis Salsabil Sadulla, la mère de Multazaam et Mursalaat. Et à son époux Iqbal d’ajouter : « Je ne parle pas uniquement en tant que père, sinon on aurait pu me pointer du doigt de ne pas être objectif. Mais à ce jour, aucune information ne laisse penser qu’ils ont participé à cet assassinat », dit-il.

Si des démarches ont été entreprises par les avocats respectifs des quatre cousins pour qu’ils obtiennent la liberté conditionnelle, la famille déplore que les débats en vue d’obtenir la liberté conditionnelle soient souvent renvoyés. « Enn cout enquêteur in gagne covid, enn lot cout pe atan ban document ou soi pencor fini pren lenket…depuis plusieurs mois pe aller mem kumsa », décrie Salsabil Sadulla qui demande que la justice soit rendue pour les quatre cousins.

Plusieurs coups de feu

C’est aux petites heures du 22 janvier que Manan Fakoo est décédé des suites de ses blessures qu’il avait subies par balles. Deux hommes circulant à moto avaient ouvert le feu sur lui dans la soirée du 20 janvier, à Beau-Bassin alors qu’il se trouvait à bord de sa voiture. Touché à l’épaule et près de la mâchoire, Manan Fakoo, connu des services de police, s’est dans un premier temps rendu au poste de police de la région.

Puis, il s’est dirigé à l’hôpital Victoria, Candos, à bord de sa voiture. Après avoir subi une intervention chirurgicale dans la soirée, il a été admis à l’unité des soins intensifs. Deux chevrotines avaient été retirées de son dos et de la mâchoire de Manan Fakoo, lors d’une intervention chirurgicale. Une cartouche de calibre 12 (NDLR : utilisée pour les fusils de chasse) avait été récupérée par le Scene Of Crime Office (SOCO), dans sa voiture.

Proches et fusionnels

Les quatre cousins seraient très complices dans la vie. « Zot vir ensam. Soit zot pe casse enn poz dan salon cot saif, ou alors lor terrace dans lacour cot nou. Dans dimanche parfois zot sorti ensam ou dan asoir zot ale manzer dans enn fast-food beau-bassin cot zot ena zot labitud », explique Salsabil, la mère de Multazaam et Mursalaat. Cette situation, dit-elle, est vécue difficilement par les membres de la famille « Li bien difficile. Ena zis ça 4 zeness la dan lacour. Depi kine arret zot, kuma dir fine ena mayyat dans lacour », ajoute pour sa part Rookaya Sadulla.

Iqbal Sadulla indique que pour l’Eid-ul-fitr et l’Eid-ul-Adha, le cœur n’était pas à la fête. « J’ai l’habitude de faire le qurbani chez moi mais cette année nous avons décidé de ne pas le faire chez nous. Sa 4 zeness la mem ti pe aidé pou couper mais zot pa la », se désole-t-il. Un autre heureux événement, soit le mariage du frère d’Anas, a même été reporté. « Nous attendons leur libération pour que le mariage puisse se faire. Nou envi zot tou ensam », conclut Rookaya Sadulla.

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