mardi , 29 septembre 2020
Nazoomah

Un an après son évacuation – L’épouse d’Azam Rujabally : «Mo famille fine éparpiller»

Un an après avoir été sommés d’évacuer leur domicile, Azam Rujabally et sa famille sont aujourd’hui confrontés aux pires difficultés. L’épouse d’Azam, Nazoomah,  nous raconte son calvaire.

Il y a un an, soit le 1er septembre 2017, la famille d’Azam Rujabally avait été sommée d’évacuer son domicile sis à la rue Mgr Leen, à Port-Louis, parce qu’il se trouvait sur le tracé des travaux du Metro Express. Cependant, parce qu’elle avait tardé de le faire, le gouvernement l’avait sanctionnée en refusant de la dédommager. Le ministère du Logement et des Terres, dans une lettre en date du 18 décembre 2017, a fait part de cette décision du gouvernement à l’avocat K.M. Sawoo qui représente les Rujabally. La lettre est ainsi libellée: «Your clients failed to comply with the condition of the offer, the offer is considered to have lapsed»

Depuis leur évacuation, les membres de la famille font face à des pires difficultés. C’est dans une maison en construction dans un état délabré à La Butte que vivent depuis un an Nazoomah, 57 ans, l’épouse d’Azam Rujabally, et Rooksana, sa belle-sœur invalide de 55 ans. La maison n’est raccordée ni au réseau du CEB ni à celui de la CWA. « Nous obligé pèse néné boire de l’huile, kan ou perna coin pou allé », nous dit Nazoomah.

Cette dernière nous confie que son époux qui est à l’étranger a été pris en charge par sa sœur pour son traitement médical. Elle dépend du maigre salaire de son fils et de la pension d’invalidité de Rooksana pour survivre. « Depuis un an, nous vivons les moments les plus sombres de notre vie. Nous étions une famille heureuse et très soudée mais tout a été détruit. Nous vivons au jour le jour sans vraiment savoir ce qui va se passer demain. Cette maison nous a été cédée par le propriétaire pour deux mois. Depuis plusieurs mois, il nous demande de partir car il a besoin de sa maison pour continuer ses travaux de construction. Nous fine gagne démission ici mais nous perna place pou allé », ajoute Nazoomah.

Promesses non tenues

Elle revient sur cet épisode du 1er septembre 2017 et se souvient que des politiciens de tous bords avaient fait toutes sortes de promesses. « Le ministre Étienne Sinathambou nous avait dit que le gouvernement nous accorderait une maison et même une somme de Rs 8000 pendant huit mois jusqu’à ce que nous trouvions une maison décente. Mais voilà ce que nous sommes devenus aujourd’hui. Fine fer nous sorti avec fausse promesse et après fine puni nous parski nous fine réclame nous droit. Mo famille fine éparpiller et nous pe vive sans aucaine perspective ni l’avenir », laisse entendre Nazoomah.

Par ailleurs, le Muslim Citizen Council (MCC), donc le secrétaire, Nazir Allybocus, est engagé dans le travail social, lance un appel au gouvernement pour revoir le dossier de cette famille sur une base humanitaire. « Mo fer ene appel avec gouvernement ki fine fer 1 an depi ki sa famille la peu reste dans ene mauvais état. Mo lance ene appel à M. Pravind Jugnauth pou revoir sa dossier-là lors ene base humanitaire. Li pas possible ki tout dimoune ki fine déplacé pou Metro Express fine gagne compensation. Zisse 1 sel fami pas gagner. C’est injuste et inhumain »,  laisse entendre Nazir Allybocus.

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