vendredi , 19 juillet 2019
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Umair et Mujahid

Accident fatal à Sainte Croix : Umair et Mujahid devaient accomplir l’ittekaaf ensemble cette année

Umair Goolfee et Mujahhid Peerbaccus ont trouvé la mort lorsque la motocyclette sur laquelle ils circulaient pour aller rompre le jeûne est entrée en collision avec un autobus.

À Vallée Pitot chez la famille Goolfee, le temps s’est arrêté. Personne ne trouve la force pour parler d’Umair Goolfee, 19 ans. Nazira Goolfee, encore sous le choc, arrive difficilement à parler de son fils unique. Elle nous dit que son fils et elle étaient complices dans la vie. « Li ti partage so secret avec moi et li ti éna respect pou moi », dit-elle. Elle accepte la volonté d’Allah, mais la douleur sera toujours vive, surtout le jour d’Eid. Cette année Umair et Mujahhid, inséparables, projetaient d’accomplir l’ittekaaf ensemble. Les deux amis étaient des habitués du musjid de Terre Rouge où les dirigeants font de grands efforts pour encourager les jeunes à fréquenter le lieu de prière.

Après ses études de HSC au collège Islamic de Vallée des Prêtres, Umair projetait de devenir garde-côte. . Il avait bon cœur et ne refusait jamais son aide à personne. Habitué du musjid à Terre Rouge, il participait aux tournois de football intermusjids et avait fait équipe avec le naatkwan Milad Razaa lors de son passage à Maurice.

Umair et Mujahhid étaient comme deux frères et souvent Mujahhid venait chez son ami pour passer de bons moments ensemble. « Mo ti considère Mujahhid couma mo propre garçon et Allah fine ouler ki zotte alle ensemble, » nous dit Nazira.

Cette année nous indique-t-elle, les deux amis avaient fini de payer la part d’un boeuf pour que la viande soit distribuée aux pauvres le jour du lailat -ul qadr.

Nazira raconte qu’Umair avait été témoin de l’accident qui avait coûté la vie à un homme le même jour dans la matinée. Dans l’après-midi, encore bouleversé par ce drame qu’il a vécu, il a dit son intention de vendre sa motocyclette car la route était trop dangereuse et d’acheter une voiture. Il ne savait pas qu’en début de soirée la mort l’attendait au tournant.

Le jour du drame dans l’après-midi, Umair avait téléphoné à sa mère pour lui dire qu’il ne pourrait passer la prendre de son travail mais de préparer les gâteaux qu’il passerait prendre.

Nazira nous dit aussi que son fils Umair avait déjà acheté ses vêtements et chaussures pour la fête Eid et qu’il projetait de se rendre chez ses grands-parents dans l’après-midi. Umair était trés apprécié pour sa gentillesse et sa façon de parler avec les autres. Il était aimé par ses cousines qui sont très affectées par sa mort.

Nazira accepte qu’elle ne reverra jamais son fils mais elle est amère contre les chauffeurs d’autobus imprudents. « Bizin change la loi pou ki lezotte zenfants pas mort par faute banne chauffeurs l’autobus ki imprudent », dit-elle.

Mujahid Peerbaccus

Orphelin de mère depuis 5 ans environ, Mujahid Peerbaccus, 19 ans, vivait avec sa grand-mère maternelle Soulma (61 ans). « Mujahid était un bon garçon qui avait du respect pour tout le monde. C’est le seul petit-enfant que j’avais et aujourd’hui je n’ai plus personne. Ma fille est décédée et voilà que mon petit-fils est parti »  dit Soulma.

Elle revient sur ce lundi fatidique quand elle a vu Mujahid pour la dernière fois. « Li ti sorti l’école li baigné et après li ti ensemble avec Umair ; zot kouma mo deux garson même. Zot fine prépare gato pou iftar et zot fine alle après », raconte-t-elle.

En effet, Mujahid avait l’habitude de préparer des petits gâteaux pour rompre le jeûne avec ses amis. Il fréquentait le collège Islamic de Vallée des Prêtres et avait décidé de prendre part une deuxième fois aux examens de HSC cette année car il n’était pas satisfait de ses résultats de l’an dernier.

Pour Soulma et ses proches le chauffeur du bus devrait être sévèrement puni par la justice. « Li facile prend la vie aster ; mo dire chauffeur la rane moi la vie mo zenfant li pu capave ? » dit un proche.

Mujahid est issu d’une famille modeste mais il est un bon garçon comme tout parent souhaite en avoir. «  Il était quelqu’un de très responsable qui aimait sa famille. Il ne ratait pas une occasion pour se rendre à la mosquée. Il fréquentait un groupe de jeunes à la mosquée et s’adonnait à des activités sociales Il était également sportif et aimait jouer au foot », nous dit-on.

Le jour du drame, le matin ses amis ont fait une petite vidéo de moins d’une minute de Mujahid dans la salle de classe. Ses amis lui demandaient comment se passait le jeûne. C’est la dernière image que ses amis ont gardée de lui.

Pour Soulma, son petit-fils était un enfant très choyé. « Li toujours agir kuma ene enfant la cage. Mo bizin amene so banne ti gato kan mo vini et mo vraiment manque li. Li ti fini acheter so linge Eid et deux jours avant li essayé et li montré-moi. Line prend ene Kurta noir so linge enkor la même » regrette la vieille dame.

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