jeudi , 30 juin 2022
De g. à dr. : Aisha Allee, directrice de Blast Communications, Igbal Ingar, Président de la Grande Mosquée de Saint-Denis, Alçay Idriss Mourouvaye, l’un des contributeurs principaux de l’ouvrage, Ridhwaan Nujjoo, Graphic Designer chez Blast Communications, Charles Konan, Chargé de communication chez Blast Communications.

À l’Ile de La Réunion : la Grande Mosquée Noor-e-Islam célébrée à travers un livre somptueux

À Saint-Denis de La Réunion, la communauté musulmane a présenté cette semaine « Noor, L’Édifice du Grand Chemin », un ouvrage de photographies, de poèmes et de calligraphies consacré à la première mosquée jamais construite sur le territoire français.

Comme l’a précisé Alçay Idriss Mourouvaye, qui en a eu l’idée, « il s’agit avant tout d’un livre d’art centré sur la beauté de l’édifice ». La Grande Mosquée a été édifiée depuis la fin du 19ème siècle jusqu’en 2020, date de son dernier embellissement par des musulmans originaires de l’état indien du Gujarat. Les photos d’Ibrahim Mulin permettent de découvrir un univers lumineux ouvert sur la ville de Saint-Denis où la mosquée, ses mosaïques et son minaret se sont rapidement imposés comme un espace incontournable de la cité dionysienne.

Ce livre auquel Blast Réunion a apporté son concours en réalisant le design de l’ouvrage rend particulièrement agréable le parcours du lecteur. « Un tel ouvrage est un objet de partage », a estimé Aisha Allee, la directrice de Blast. Les photographies sont accompagnées de calligraphies réalisées par Nizam Baboorally et de poèmes d’Anwar Patel magnifiquement imprimés par Michel Coquet, à son atelier IPC de Port-Louis. « Je pense avoir eu de la chance de pouvoir travailler sur ce livre  », nous a-t-il confié. « Cela rentrera dans l’histoire de mon entreprise. »

Grande originalité de la mise en page : de très belles copies des moucharabiehs, omniprésents à la mosquée et découpés au laser par un artisan mauricien, Tamon Durrun Periasamy ont été glissées entre les pages. Ces ornements qui laissent pénétrer la lumière dans la mosquée tout en la protégeant des regards, sont une invitation à mieux la découvrir. « Noor-e-Islam est bien plus qu’un lieu de culte, c’est aussi un espace social d’échanges et de rencontres qui participe grandement à la structuration de la ville de Saint-Denis et rayonne sur l’ensemble de notre pays », soutient Igbal Ingar, président de l’Association Islam Sounnate Djamatte (AISD), qui assure la gestion de la mosquée.

Ce beau-livre a été tiré à 1000 exemplaires. Ceux-ci seront offerts, gratuitement, aux membres, aux personnalités visitant l’édifice, aux officiels ainsi qu’aux amis de la mosquée, grâce à la générosité de divers donateurs et mécènes.

Noor-e-Islam, une lumière dans la ville

Le 28 novembre 1905, un nouvel édifice illuminait la capitale, scintillant de paix et de sérénité. Il s’agissait d’une salle de prière – la première à La Réunion – construite par un groupe d’Indiens musulmans du Gujarat, sur un terrain acheté en 1892 au 111 de la rue du Grand-Chemin. Ils ne savaient pas encore qu’ils bâtissaient la première mosquée de France.

Les travaux de construction dureront sept ans, soit de 1898, après l’accord du gouverneur, à 1905. La mosquée, située en plein cœur du quartier de commerçants dionysien, arborera, dans son bois éclatant, un style occidental et une architecture islamique. Lors de l’inauguration, trois faits notables ont été relayés dans la presse.

Premièrement, des non musulmans étaient invités à l’inauguration de la mosquée, soulignant le profond attachement de la communauté au vivre-ensemble réunionnais. 1 000 francs ont, en deuxième lieu, été distribués aux pauvres. Troisièmement, l’utilisation d’un système d’éclairage électrique, révolutionnaire pour l’époque, avait fait mouche.

Ce n’est qu’entre 1960 et 1962, que des travaux d’extension ont été entrepris sur une parcelle mitoyenne acquise en 1959. Ils ont permis de quadrupler la superficie de la salle de prière et d’accueillir 500 fidèles de plus. La bâtisse sera, tristement, prise dans un incendie, déclenché dans un local voisin, un 12 octobre 1974. Grâce à la générosité de plusieurs donateurs, la reconstruction de la mosquée a été rendue possible et les travaux ont duré trois ans. Un minaret de 32 mètres sera aussi érigé, donnant à l’édifice un nouvel éclat.

En 2020, l’édifice du Grand-Chemin va connaître un nouveau rayonnement à la suite des travaux de rénovation d’envergure. Il faut savoir que depuis 78, il n’y a eu que des travaux de maintenance et d’entretien à la mosquée qui vieillissait et qui devait être rénovée, car des plaques de marbres menaçaient la sécurité des usagers de la rue piétonne. Les travaux débuteront en juillet 2017, avec une délicate opération de désamiantage qui durera sept mois. Puis les façades et le minaret subiront aussi un lifting, avec des matériaux nobles, tels que le marbre de Carrare et des mosaïques en pâtes de verres, rehaussés de magnifiques moucharabiehs.

Aujourd’hui, plus de 100 ans plus tard, Noor-e-Islam est devenue une icône de la capitale. Un espace social, d’échanges et de rencontres, où le partage et le vivre-ensemble sont prônés quotidiennement. Lieu simple avec une sérénité ambiante, la mosquée accueille élus, autorités locales, membres du gouvernement, étudiants et touristes.

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