jeudi , 24 juin 2021

À cause de rs 200 : Altaaf Futloo ôte la vie à celle qui l’a mis au monde

Il a égorgé sa mère et s’est débarrassé du corps dans un terrain en friche. Ensuite, il a joué l’innocent et a voulu faire croire à la police que sa mère était portée manquante. Sauf que le crime parfait n’existe pas.

Muhammad Altaaf Hussein Futloo, 29 ans, habitant des Frangipanes, dans le morcellement Mon Désert Alma, à Circonstance, Saint-Pierre, est un homme discret et sournois qui ne jouit pas d’une bonne réputation parmi les habitants de la localité qui savent tous qu’il est toxicomane. Par contre sa mère, Beebee Ameena Yadun, 56 ans, ex-enseignante au collège Aleemiah, à Phoenix, était une femme très respectée qui avait l’estime de son entourage. Séparée de son époux, elle vivait sous le même toit que son unique fils Altaaf.

Considérée comme une mère forte et une enseignante d’arabe très douée, Ameena Yadun, était très peinée de voir son fils unique, qui a un bon bagage académique, sombrer dans l’enfer de la drogue. Elle a cependant appris à vivre avec son fils toxicomane et chaque jour, elle devait trouver entre Rs 200 à Rs 500 pour lui donner afin qu’il achète ses doses quotidiennes. Cette mauvaise habitude qu’elle avait donnée à son fils allait lui coûter bien cher.

Traces de sang

Tout commence le lundi 15 février vers 19h30 quand Altaaf Futloo, se présente au poste de police de Saint-Pierre et consigne une déposition pour signaler la disparition de sa mère depuis le dimanche 14 février vers 18h. Il affirme que la dernière fois qu’il l’a vue, elle portait un hijab noir et aussi des lunettes. Il donne aussi une description de sa mère comme une femme de teint clair de taille moyenne qui mesure 1m60.

Le lendemain, soit le mardi 16 février, l’affaire est référée à la Criminal Investigation Division (CID) de Moka. Les enquêteurs décident de prendre comme point de départ le mardi 16 février. Le personnel du CID Moka sous la responsabilité du D.I. Goonjur fait une descente chez Altaaf où résidait la victime. Là-bas, les enquêteurs relèvent des traces de sang qui éveillent leurs soupçons. Ils décident d’emmener Altaaf Futloo dans les locaux de la CID pour un interrogatoire serré sur la disparition de sa mère.

Pressé de questions, il avoue avoir tué sa mère et disposé de son corps dans un terrain broussailleux qui se trouve près du rond-point entre Khoyratty et Arsenal. Puis, l’équipe du CID de Moka, une équipe de Field Intelligence Office et une autre de la SSU se sont rendues sur les lieux indiqués par Altaaf. Un balayage a été effectué mais aucun cadavre n’y a été retrouvé. Sur le chemin du retour, le jeune homme a volontairement révélé à la police qu’il avait disposé du cadavre de sa mère à Côte-d’Or. Il était environ 21h45 et Altaaf a ensuite conduit la police à Côte-d’Or dans un endroit broussailleux loin des habitations où la police a retrouvé le cadavre de Beebee Ameena Yadun. Altaaf avait enveloppé le corps de sa mère dans un drap et des vêtements et l’avait recouvert de lianes sauvages et de pneus usagés.

Acheter sa dose

Dans sa version des faits, Altaaf déclare qu’il avait tué sa mère dans l’après-midi du samedi 13 février. Ceci suite à une vive dispute qu’il a eue avec sa mère qui a refusé de lui donner Rs 200 pour qu’il puisse acheter sa dose quotidienne de drogue synthétique. Vexé par le refus, il déclare avoir agressé sa mère avant de l’égorger avec un couteau de cuisine. Puis, il s’est débarrassé du corps en le transportant dans le coffre de la voiture de sa mère. Les enquêteurs ont saisi dans le domicile de la victime plusieurs pièces à conviction avec des traces de sang, dont un morceau de tissu grenat, une chemise blanche avec des bandes bleues et noires, un balai serpillère, un mouchoir, un morceau de serviette, un t-shirt vert, un boxer marron, une serviette blanche

L’autopsie réalisée sur la défunte par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du service médicolégal, a attribué la cause du décès à un « Slash wound of the neck ». Une charge provisoire de meurtre a été logée contre Altaaf Futloo au tribunal de Moka. Il a été placé en détention jusqu’au 24 février 2021 et devrait être traduit en cour à nouveau. La police a objecté à sa remise en liberté conditionnelle.

Un ami d’enfance confie : «Depuis la séparation de ses parents, Altaaf n’était plus la même personne»

Fils unique dont les parents sont séparés, Altaaf Futloo, était un brillant élève avec de bonnes performances académiques. Il avait obtenu 5 A aux examens du CPE et avait rejoint le Mahatma Gandhi Institute où il a terminé le HSC. Il était aussi bon footballeur.

L’un de ses amis d’enfance nous raconte qu’à l’époque Altaaf habitait Rose-Hill et qu’ils étaient comme deux frères. « Nou ti enkor dans primaire. Li ti ena l’habitude vine reste kot moi, manger et boire. Nou ti ene ti group camarad kot li ti pe partage avec nou ki so mama papa discuter et sa fatigue li ziska so parent fine séparé. So parent pou so l’éducation ti accepter retourne ensemble. Apres zot fine re séparé kan li rentre collège. Li ti perdi et pas koné kot li pou ale resté et kuma li pou partaz so la vie », raconte notre interlocuteur.

Ce dernier nous explique que « depuis la séparation de ses parents, Altaaf n’était plus la même personne ». Il a commencé à avoir des mauvaises fréquentations. Il prenait des produits psychotropes tels sirop et comprimés, et ce jusqu’à l’arrivée de la drogue synthétique. « So mama et papa ti pe plore, sipliyé li dire li changer mo zenfant, mais li ti persisté. Kan li pas gagne sa, li vine violent. Et li même kumence kokin tout », raconte son ami.

Après les examens du HSC, il est parti en Suisse pour faire des études pour devenir nutritionniste. Mais il a abandonné ses études au bout d’un an pour rentrer au pays sous prétexte qu’il avait fait une dépression. Son père, un ancien enseignant de maths, habite Phoenix. Altaaf habitait chez lui jusqu’à deux semaines de cela quand il a décidé d’aller s’installer chez sa mère. Le matricide était déjà en liberté conditionnelle pour trafic de drogue. En 2018, il avait en effet été arrêté avec 31 doses de drogue synthétique par l’Adsu à Roche-Bois. Il avait fait croire au policier que c’était pour sa propre consommation et ses amis.

Ameena Yadun : une enseignante comptant 31 ans de service

Ameena Yadun comptait 31 ans de service comme enseignante d’Islamic Studies et d’ourdou au collège Allemiah. Elle enseignait aux élèves de Grade 11. Elle a été aussitôt assignée comme Section Leader pour les élèves de Grade 2. Elle était très active en tant qu’enseignante et très proche de ses élèves et collègues.

Deux jours avant d’être tuée, soit le jeudi11 février, elle avait monté une pièce de théâtre en ourdou à l’occasion de la cérémonie de remise de prix au collège.

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