Wednesday , 21 January 2026

Ramadan et toxicomanie

« Ô vous qui avez cru, il vous a été décrété de jeûner comme il a été décrété à ceux qui vous ont précédés, afin que vous deveniez justes » (Quran, 2 : 183)

Le mois de Ramadan est une période extraordinaire et combien exceptionnel pour les musulmans à travers le monde et ceci depuis l’avènement de l’Islam. Le but de Ramadan est d’accomplir l’un des piliers de l’Islam : le jeûne. En jeûnant, les musulmans renoncent à certains plaisirs quotidiens autorisés, comme la nourriture et la boisson, mais aussi à des actes interdits qui nuisent à eux-mêmes ou à autrui, comme la dépendance aux drogues licites et illicites.

Le pays fait face depuis des décennies à une incidence galopante et une prévalence accrue de la consommation des drogues illicites à travers l’île. La situation s’est beaucoup aggravée avec l’avènement des nouvelles drogues de synthèse (NDS) sur le sol mauricien touchant particulièrement des adolescents et des jeunes adultes, garçons et filles confondus. Le problème touche toutes les communautés sans distinction. Pour beaucoup de toxicomanes mauriciens de foi musulmane, Ramadan agit comme un facteur de motivation et d’introspection pour cesser, voire diminuer leur consommation des drogues et cette période est un moyen de protection pour des patients stables sous traitement. Pour d’autres toxicomanes, Ramadan est une période d’essai pour tester leur capacité à diminuer ou arrêter leur consommation de substances et beaucoup reportent leur première consommation de la journée jusqu’à ce qu’ils rompent le jeune.

S’occuper

Cette période de Ramadan – un tremplin – a amené plusieurs toxicomanes à cesser progressivement leur consommation des drogues. Mais il faut même garder à l’esprit que si vous êtes un toxicomane ou un alcoolique, arrêter brusquement sa consommation est contre-indiqué et il faudra avant tout l’aide d’un centre de traitement et un médecin. Le Centre Dr Idrice Goumany qui évolue dans ce domaine depuis des années est là pour vous aider.

Ramadan reste une opportunité à accomplir de bonnes actions et combattre l’ennui et la monotonie qui sont des déclencheurs puissants pour des personnes dépendantes des drogues. Pendant Ramadan, des activités comme lire le Quran, rendre visite aux malades, aider sa famille, faire le nettoyage aident le toxicomane à faire de bonnes actions et accumuler le plus de récompenses et de bénédictions possibles. La société dans son ensemble et la communauté des croyants doit savoir qu’un toxicomane est un malade, un humain avec des droits tout comme des responsabilités d’où la raison pourquoi on n’énonce plus le mot ‘drug addict’ dans des documents internationaux mais ‘people who use drugs’.

On sait de plus que pendant la période de Ramadan, Allah donne à ses serviteurs la chance de voir leurs péchés pardonnés. Il faut se rappeler que la dépendance aux drogues est assortie de stigmatisation, de honte de ce que les autres pourraient penser, honte des péchés, honte de la rechute. Le pardon de Dieu par rapport à ses péchés, donc à sa dépendance, est une guérison en soi et comporte un élan de rétablissement plus durable après la fin de Ramadan.

Esprit de soutien

Le toxicomane, finalement, doive être perçu par la religion avec une certaine sagesse et un esprit de soutien vis-à-vis de ceux qui sont frappés par ce fléau. On ne doit pas s’ériger en juge et en censeur des mœurs mais plutôt se situer dans une démarche d’aide, et de soignant, plus social que juge. Il appartient à Allah/Dieu de juger les hommes et non aux hommes de jeter l’anathème sur leurs semblables. Avec cette posture, on doit accueillir les toxicomanes dans leurs démarches de jeûner et se tourner vers Allah. J’informe la communauté mauricienne que peu importe votre foi ou classe sociale, personne n’est à l’abri du fléau mortifère des nouvelles drogues de synthèse qui frappe notre société. Soyons généreux dans notre regard et notre approche vis-à-vis de ceux/celles qui sont accros aux substances psychoactives.

Sachez que la consommation des drogues n’est pas l’affaire des autres ou des régions vulnérables. Aujourd’hui, c’est le fils du voisin ou la fille du boutiquier, demain sans effort et engagement de votre part vis-à-vis de votre famille, vos propres enfants deviendront des proies faciles dans une société qui met l’emphase sur la gratification instantanée et la quête des plaisirs éphémères de ce bas monde.

Par Imran Dhannoo

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