- Deux iftar lors d’un vol
Notre compatriote Shakeel Toorab, chef de cabine chez Emirates, avec qui nous avons échangé lors de son escale à San Francisco aux États-Unis après 16 heures de vol, nous a confié que le jeûne est particulièrement difficile à tenir sur les longs vols transatlantiques et vers l’Amérique. En revanche, sur les vols à destination de l’Europe, qui durent environ sept heures, « le personnel navigant, à l’exception des pilotes, peut jeûner sans trop de difficulté ». Il explique que, selon le manuel d’aviation, le personnel naviguant doit être en bonne santé, s’hydrater continuellement et bien s’alimenter. « Les pilotes ne jeûnent pas, car leur cerveau doit rester en alerte permanente, sans quoi leur raisonnement pourrait être affecté », dit-il.
Il raconte que l’ambiance est particulière lorsque tout le monde jeûne, et qu’à l’heure de l’Iftar, un large sourire illumine les visages. En vol, le personnel d’Emirates a une petite place pour la prière et parfois, Shakeel écoute en silence la récitation des versets du Quran et partage quelques mots sur le mois de Ramadan avec ses collègues. « Jeûner en altitude et converser avec le Créateur est un moment magique, indescriptible », confie-t-il et d’ajouter qu’en 15 ans de carrière, il n’a jamais manqué un jour de jeûne. « Mo roza kan mo en vol et mo pa affecté. »
Il fait part que, très souvent, lors des escales, plusieurs membres du personnel navigant d’autres compagnies aériennes se retrouvent dans un hôtel pour rompre le jeûne. Le repas, composé de dattes et de boissons, est d’ailleurs fourni gratuitement par l’établissement. D’ailleurs, lors de son escale à San Francisco, Shakeel Toorab a rompu son jeûne au bord d’un lac, tout en admirant les décollages et atterrissages des avions.
Deux iftar lors d’un même vol
Cette semaine, notre compatriote a vécu une expérience inédite : deux iftar au cours d’un même vol. « Nous avons commencé notre jeûne à San Francisco et, environ deux heures et demie après le décollage, il était déjà l’heure de l’Iftar selon le fuseau horaire où nous nous trouvions. Nous avons donc rompu notre jeûne et pris notre dîner », explique-t-il. Après avoir voyagé pendant environ trois heures et demie, Shakeel Toorab et son équipage se sont retrouvés dans un autre fuseau horaire où il était déjà temps pour le Sehri. « Ayant dîné seulement quelques heures auparavant, nous n’avons pas mangé et avons entamé une nouvelle journée de jeûne. »
La particularité de ce vol est apparue peu avant l’atterrissage à Dubaï. « Vingt minutes avant notre arrivée, il était à nouveau l’heure de l’Iftar selon le fuseau horaire de notre destination. Mais comme c’est un moment très chargé en cabine, nous avons dû rompre notre jeûne rapidement », explique-t-il et de conclure : « C’était la première fois dans ma carrière que je rompais mon jeûne deux fois au cours du même vol. C’était une situation assez inhabituelle mais tout s’est déroulé sans encombre. »
Installé avec sa famille à Dubaï depuis quelque temps, Shakeel célébrera l’Eid-ul-Fitr à Maurice cette année.
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