dimanche , 25 août 2019
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Shameem Korimbocus

Shameem Korimbocus : «J’ai cru que j’allais finir comme Khashoggi»

Il est le « talk of the town » et retient, bien malgré lui, toute l’attention depuis lundi dernier. Shameem Korimbocus, plus connu comme Shameem Onenonly sur le réseau social Facebook est rentré à Maurice le jeudi 1er août dans des circonstances qui restent, pour le moment, toujours floues. .

Interrogé par STAR le jour de son arrivée, Shameem Korimbocus, 47 ans, indique que c’est dans la matinée du lundi 29 juillet que tout a commencé. Alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail, vers 11h40, le Mauricien explique avoir reçu un appel du poste de police Rachida, le sommant de se présenter au poste. « Mohammad? It’s Rachida police station, you have to come over; we need to talk », lui demnde-t-on à l’autre bout du fil. Estimant qu’il n’avait rien à se reprocher, le quadragénaire se rend au poste de police en confiant les clés de son bureau à son épouse, tout en lui indiquant qu’il serait de retour d’ici peu.

Mais une fois au poste de police, c’est la confusion. L’ex-Showroom Manager dans un magasin de tapisserie explique que le Duty Officer lui aurait indiqué qu’il ignorait qui l’aurait appelé. « Commencent alors des va-et-vient dans les différents départements du poste de police, passant de la section antidrogue à celui du trafic mais en vain », raconte-t-il. Si dans un premier temps, le Duty Manager lui a dit qu’il s’agissait peut-être d’une erreur de nom, quelques minutes plus tard, un autre officier s’est présenté à lui et lui aurait alors déclaré qu’il s’agissait d’un « Big Issue ».

On demande alors à Shameem Korimbocus de restituer tous ses effets personnels avant de le placer dans une cellule. Il dit avoir saisi la gravité de la situation en apercevant un document avec l’en-tête de la « Civil Defence » et son nom dessus. « Par contre, les écrits étaient en arabe, je n’ai donc pas compris ce qui avait été mentionné dessus », précise-t-il.

Une cagoule sur la tête

Quelques heures plus tard, Shameem Korimbocus indique que deux représentants du « High Authority of Dubaï » sont arrivés. « Zott ena pliss pouvoir ki la police sa banla ». Il quitte alors sa cellule et est embarqué à bord d’un 4×4 blindé de couleur noire. Une fois à l’intérieur, le Mauricien soutient qu’une cagoule a été placée sur sa tête. « Sa moment-là tout qualité vision pass dans mo la tête. Mo ti pe demann moi si pou arrive moi-même zafer ki Khashoggi (Ndlr, le journaliste saoudien assassiné dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul) », soutient-il. Shameem explique que durant presque 45 minutes, il n’a fait qu’entendre le bruit du moteur. C’est lorsque le 4×4 s’est arrêté et qu’il y est descendu qu’il avait compris qu’il serait incarcéré à la prison des immigrés, Al-Awir. « Sa moment-là, même mo ti imper per, mone gagn ene soulagement, parski mo pa ti pe koner ki pou arrive moi », explique-t-il.

Moralement affecté, Shameem Korimbocus soutient que c’est la pensée de son fils de 11 ans, Shayaan, qui lui aurait permis de se ressaisir. « Sa mère est décédée alors qu’il n’avait que 3 ans. Je suis donc son seul support. Je me suis fait un sang d’encre car je sais qu’il allait s’enquérir de ma situation et qu’il allait s’inquiéter », indique le quadragénaire. Avec quelques dirhams en poche, Shameem Korimbocus s’est arrangé pour pouvoir informer son épouse de sa situation. « Elle était paniquée. Je lui ai demandé d’informer mes cousins afin que ces derniers puissent entreprendre les démarches nécessaires », ajoute-t-il. Shameem Korimboucs explique qu’un de ses proches, membre de la force policière dubaïote, a tenté de s’enquérir de sa situation. « Ban collegue-là dire li fer U-turn aller, pa rente dans sa zafer là », affirme notre interlocuteur.

Des interrogations sans réponse

Shameem Korimbocus indique qu’il ne cessait de s’interroger sur son sort. Alors qu’il était enfermé dans ce qu’il décrit comme un gymnase, notre interlocuteur indique qu’il ne faisait que dormir et marcher durant la journée. Dans le centre de détention, souligne-t-il, il y a avait plus de détenus que de lits. Ainsi, durant les deux nuits qu’il y est resté, Shameem Korimbocus raconte avoir dormi sur le sol et est resté avec les mêmes vêtements.

Mercredi 31 août, Shameem Korimbocus laisse entendre que des représentants de Dubaï High Authority se sont à nouveau présentés à lui. « Ils m’ont informé que j’allais être déporté et il me fallait payer deux billets d’avion : un pour moi et un autre pour mon fils, à hauteur de 8000 dirhams. Sinon, j’aillais devoir passer une quinzaine de jours encore en cellule avant que je sois déporté », affirme-t-il. à son arrivée à l’aéroport international de Dubaï, il aperçoit son fils et son épouse. « Je n’oublierai jamais comment il m’a serré dans ses bras en larmes, lorsqu’il m’a vu. Sa l’heure la mone soulager, monn koner mo pu réussi alle Maurice », dit-il.

Ni rapatrié, ni déporté

De sources policières, Shameem Korimbocus ne ferait l’objet d’aucun Rapatriation Order, ni de déportation. Néanmoins, le Mauricien indique avoir été « déporté », évoquant un « move politique ». Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, affirme pour sa part qu’il n’a reçu aucune communication formelle de Dubaï sur une éventuelle déportation de Shameem Korimbocus. C’est ce qu’il a fait comprendre à la presse jeudi alors qu’il participait à plusieurs site-visits. Le ministère des Affaires étrangères se dit pour sa part en attente d’une explication. C’est le consulat de Maurice aux Emirats Arabes Unis, basé au Caire, qui devrait recevoir un document attestant de la nature de ce rapatriement.

Shameem Onenonly

C’est à travers le réseau social Facebook, sur lequel le Mauricien est très actif qu’il s’est fait connaitre. Il dispose d’ailleurs de deux comptes ; Shameem Oneonly et Shameem Korimbocus et d’une page La vérité qui pou dérange zot qui compte environ 60 000 followers. Régulièrement, il poste des vidéos dans lesquelles il commente et parodie les nouvelles qui font l’actualité. Les piques qu’il lance souvent en direction du gouvernement ne passent pas inaperçues, et plus particulièrement celles prennent pour cible le député du Mouvement Socialiste Millitant, Showkutally Soodhun. « Je ne le vise pas directement, mais ses actions me font rire. Je n’ai rien contre lui », devait-il préciser. En novembre 2018, le Mauricien avait d’ailleurs écopé d’un avertissement de la part des autorités dubaïotes, le sommant de cesser de faire des vidéos de cette nature.

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