lundi , 15 juillet 2019
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Rohingyas
Shakeel Anaruth conversant avec les Bangladais

Le Ramadan des Rohingyas au Bangladesh : Al Ihsaan poursuit son action humanitaire

Shakeel Anarath, de l’organisation Al-Ihsaan, est arrivé au Bangladesh cette semaine. Il poursuit son action humanitaire envers les réfugiés Rohingyas qui vivent leur premier ramadan loin de leur
Myanmar natal.

Shakeel Anarath en est à sa quatrième visite au Bangladesh en l’espace de sept mois. Il n’a pas constaté de grandes améliorations dans les conditions de vie des Rohingyas même s’il est vrai qu’un drain a été construit en prévision de la mousson. « Il est triste de voir les difficultés et les misères de ces réfugiés pour le ramadan », déplore le travailleur social. Malgré le fait que les médias internationaux ont rapporté que plusieurs pays riches ont fait des dons alimentaires, vestimentaires et de matériels médicaux et sanitaires ainsi que des matériaux de construction aux réfugiés, en réalité la pitoyable situation de ceux-ci dans les camps n’a pas beaucoup évolué : environ 50% des enfants se promènent nus alors qu’un bon nombre d’entre eux dorment à même le sol sur un morceau de plastique.

«On y trouve aussi beaucoup de veuves, d’orphelins, de personnes âgées vivant dans une petite hutte. Il n’y a aucune hygiène car en ce moment, il fait une chaleur étouffante ; ce qui rend le roza très difficile pour eux. Ils prennent leur sehri dans l’obscurité comme il n’y a pas de quoi s’éclairer », souligne notre interlocuteur.

Rohingyas
Distribution d’iftaar par Al-Ihsaan

Leurs familles leur manquent

En se basant sur les réponses qu’ils lui ont données, le fondateur d’Al-Ihsaan nous dit que les réfugiés vivent péniblement ce ramadan. En outre, ils se souviennent spécialement des membres de leurs familles qu’ils ont perdus lors des massacres en Birmanie. Les orphelins pleurent leurs parents et leurs frères et sœurs. Tous les Rohingyas dépendent de l’aide sociale mais ils rechignent à retourner en Birmanie même s’ils doivent vivre dans l’extrême pauvreté. « Ils accomplissent leurs salaats malgré les difficultés. Beaucoup de jeunes sont Hafiz-ul-Quran et observent le jeûne malgré les conditions déplorables auxquelles ils sont confrontés», raconte-t-il.

Conditions de vie

Mohammad Cassim, Umar Farook, Mohammad Yaasin et Noor Begum
Mohammad Cassim, Umar Farook, Mohammad Yaasin et Noor Begum

Mohammad Cassim, 100 ans, était fermier dans son pays. Sa femme a été tuée au Myanmar alors qu’elle fuyait sa maison. Il vit au Bangladesh depuis 10 mois avec ses trois fils et sa fille. Il leur a fallu 5 jours de marche pour atteindre la frontière du Bangladesh.

Umar Farook,  14 ans, a deux  sœurs : Noor Halimah, 12 ans, et Noor Fatima, 9 ans.  Ils sont au Bangladesh depuis 11 mois  après un voyage de 7 jours. Son père a été massacré sur le chemin et sa mère, blessée. Elle veille sur ses deux sœurs au camp et Umar erre partout pour chercher des colis alimentaires pour sa famille.

Mohammad Yaasin, 25 ans, est aveugle. Il est issu du village de Sandapara, en Birmanie. Il est hafiz-ul-Quraan. Son frère, ses deux sœurs et lui ont atteint le Bangladesh, il y a 6 mois après un voyage de 5 jours. Leurs parents ont été tués et leur maison a été brûlée. Il passe son temps à la madrassah mais dépend de son petit frère pour se déplacer.

Noor Begum, 52 ans, est veuve. Elle a deux filles et un fils. Son mari a perdu la vie lors d’une attaque des soldats birmans et sa maison a été incendiée dans le village de Longdo. Ils ont fui le Myanmar, il y a 7 mois. Elle suit actuellement un cours au centre. Après quoi, elle recevra une machine à coudre d’Al-Ihsaan.

L’œuvre sociale d’Al-Ihsaan

Une famille dans sa hutte
Une famille dans sa hutte

Depuis octobre 2016, Al-Ihsaan fait de son mieux pour aider les Rohingyas. L’association a distribué plus d’un millier de colis alimentaires, a construit deux masjids et une madrassah. En Birmanie, quelque 50 puits d’eau ont été construits et des colis alimentaires ont été acheminés en trois occasions. Al-Ihsaan a également aidé à la construction des abris et a mis sur pied un centre de couture pour les veuves pour qu’elles apprennent la couture et obtiennent un revenu par la suite.

D’autres Rohingyas ont bénéficié d’une aide financière pour l’ouverture de petites boutiques avec quelques produits de base afin de gagner leur vie et subvenir aux besoins de leurs enfants. « Pour nous, la priorité reste la nourriture car beaucoup n’ont rien à se mettre sous la dent, surtout ceux qui habitent au fond des camps de réfugiés », dit-il. à présent, Al-Ihsaan travaille sur des projets d’infrastructure et de construction de drains en vue de la mousson. C’est grâce à l’aide des Mauriciens qu’Al-Ihsaan a pu réaliser ses projets. Shakeel tient à remercier les donateurs pour leur contribution.

Quel avenir pour eux?

Camion de distribution
Camion de distribution

Vu que les autorités ne leur permettent pas de sortir du périmètre des camps de réfugiés, il devient alors impossible pour eux de chercher un emploi. étant donné qu’ils sont des réfugiés dans l’un des pays les plus pauvres, Shakeel ne voit aucun avenir pour eux au Bangladesh. Pour lui, la meilleure solution serait une pression exercée par de nombreux pays contre Myanmar et parvenir à un consensus quant à leur reconnaissance comme citoyens birmans, le respect de leur identité et un retour dans leur pays natal.

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