lundi , 21 octobre 2019
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Négociation des alliances électorales : situation cornélienne pour les leaders

Sans alliance pas de victoire électorale aux Législatives. C’est un fait indéniable car notre Histoire électorale démontre qu’aucun parti n’est sorti victorieux en affrontant seul les adversaires. Or, nos leaders politiques n’arrivent toujours pas à contracter des alliances en vue des prochaines élections.

La réalité mauve

Sauf miracle, le MMM ira seul aux prochaines élections en présentant son leader Paul Bérenger comme Premier ministre pour cinq ans. Ce parti s’est isolé dans l’arène politique de par sa position tranchée contre le MSM et le PTr. D’un côté, après « la trahison du Remake 2000 » par Paul Bérenger, le MSM continue de se méfier. A tel point que Pravind Jugnauth n’envisage même pas une alliance ou un arrangement électoral avec les mauves. Pire, l’alliance MSM-ML a opté pour le débauchage du MMM et de s’allier avec les anciens du MMM. Ce qui éloigne davantage les deux partis. D’un autre côté, très à cheval sur l’intégrité, Paul Bérenger ne veut pas s’allier à Navin Ramgoolam qui « traîne des casseroles. »

L’option d’aller seul aux prochaines élections ne convainc nullement les militants car le MMM a perdu ses racines dans les circonscriptions urbaines après son déracinement dans les circonscriptions rurales. Il fut un temps où la majorité des circonscriptions urbaines étaient des bastions du MMM. Cela pesait très lourd dans le rapport des forces entre les partis. Cependant, depuis 2005, le PTr lui a grignoté une partie de sa base. A titre d’exemple, les 12-0 du MMM à Port-Louis ne sont plus que des vieux souvenirs. Depuis 2005, le MMM, en alliance ou seul, n’y récolte pas plus de 6 sièges. Dans deux autres bastions mauves de jadis, les circonscriptions No 19 (Stanley/Rose-Hill) et No 20 (Beau-Bassin/Petite-Rivière), en 2014, le MMM n’a pu faire élire que Paul Bérenger et Rajesh Bhagwan, respectivement. Rappelons que le leader du MMM est sorti en troisième position après Ivan Collendavelloo et Fazila Jeewa-Daureeawoo.

L’ardeur rouge

Navin Ramgoolam est l’autre leader qui continue de répéter que son parti, le PTr, ira seul aux prochaines élections. Une affirmation qui ne convainc personne, même au sein de son propre parti. Aucun rouge ne veut jouer au poker avec l’avenir du parti. Il parait évident que ce sera très difficile pour le PTr de récolter la majorité de sièges (36 dans la présente configuration) en faisant cavalier seul. Cela pourrait être une réalité qu’au cas où une vague rouge déferle sur le pays.

Les adversaires du PTr, notamment le MSM et le MMM, vont tout mettre en œuvre pour empêcher toute montée de mayonnaise rouge, surtout en vilipendant Navin Ramgoolam lorsqu’il était au pouvoir entre 2005 et 2014. Navin Ramgoolam semble ne pas avoir froid aux yeux. Comme un téméraire robuste, il défie tout le monde pour se présenter, lui-même comme le challenger de Pravind Jugnauth au poste de Premier ministre.

Un fort courant au sein du PTr s’échine à le convaincre que c’est pragmatique et réaliste de contracter une alliance avec le PMSD. Tout porte à croire que le leader du PTr tente de raidir au maximum la corde pour qu’il puisse céder le moins de tickets possible au PMSD. Selon nos recoupements, un accord électoral est en voie d’être finalisé entre Navin Ramgoolam et Alan Ganoo du Mouvement Patriotique. Il se chuchote que Navin Ramgoolam n’a réservé que trois tickets pour Alan Ganoo, Jean-Claude Barbier et Tania Diolle. Alan Ganoo, apprenons-nous, tente de convaincre Navin Ramgoolam de lui accorder une quatrième investiture qui ira à Atma Bhuma. Il est peu probable car cette investiture additionnelle impactera sur le quota prévu pour le PMSD.

La peur bleue

La basse-cour bleue a été secouée, le vendredi 23 août, lorsque Navin Ramgoolam annonçait que « le PTr ira seul car nous voulons mettre notre programme en action.  » Une semaine après, les dirigeants du PMSD ne se sont pas encore remis de ce coup de massue. Ils se posent des questions sur la motivation réelle du leader du PTr de faire une telle déclaration alors que des efforts sont consentis des deux côtés pour défricher le terrain afin de laisser mûrir le projet d’alliance. « Li pe faire mari avant même li gagne élection. Li pas fine tire leçon de so défaite en décembre 2014 alors ki li pe attanne ene 60-0 », ne peuvent s’empêcher de faire remarquer certains dirigeants. « Na pas ena simer li gagne élection sans PMSD », lancent-ils.

Tout porte à croire que Navin Ramgoolam a réagi brutalement face aux « exigences » du PMSD en vue d’une alliance. Au fait, Xavier-Luc Duval a bien fait comprendre qu’il ne compte pas faire de la figuration lors des négociations. Le mercredi 21 août, lors d’un congrès à la mairie de Vacoas/Phoenix, il a donné un aperçu de ses attentes : « Le premier chapitre de notre Programme gouvernemental sera consacré au fonctionnement d’une coalition. Quelle relation avec notre partenaire ? Est-ce que la prise de décision au sein du gouvernement sera collaborative ? Dans le passé, nous avons souffert de bric-à-brac. Sanne fois la nou pas oule apeupres. Notre futur partenaire doit être d’accord avec notre programme », a-t-il dit. Comme quoi, Navin Ramgoolam aurait tenté de l’intimider. Tout de même, des intermédiaires s’activent à colmater les brèches pour que les négociations puissent reprendre dans la sérénité. Le nœud gordien à trancher restera le partage du nombre de tickets. Le PMSD a fait une croix sur son souhait d’avoir 20 investitures. Aux dernières nouvelles, ses dirigeants seront satisfaits d’une quinzaine. N’empêche que Navin Ramgoolam semble être scotché sur une dizaine. Un petit effort des deux côtés pourra se solder sur une douzaine.

La flamme orange

Au MSM, on donne l’impression d’être convaincu que sa flamme orange est électrique et inextinguible qui électrocutera tout sur son passage. Pour cette raison, on n’est pas intéressé au projet d’alliance avec un des trois autres grands. On se contente du ML et des aniciens mauves.

Après avoir séduit le député indépendant Kavi Ramano, Pravind Jugnauth et Ivan Collendavelloo ont jeté leur dévolu sur la Plateforme Militante de Steeve Obeegadoo. Aux dires de ce dernier, 80% de ses adhérents sont en faveur d’un accord avec l’alliance gouvernementale tout en préservant leur identité. « On ne peut pas continuer à accumuler des défaites. On ne peut pas continuer à rester figé dans l’Opposition »,a-t-il dit. Pradeep Jeeha fait partie des 20% qui sont contre tout rapprochement avec le MSM. Paul Bérenger a ironisé : « Avec sa politique autrement, Steeve Obeegadoo passe au MSM. »

Par la suite, le tandem Pravind Jugnauth et Ivan Collendavelloo s’est lancé dans une opération de débauchage du MMM. Cette semaine, cinq membres du Bureau politique ont changé de casaque, nommément Ahmad Jeewa, Prakash Meenowa, Sanjeeven Permal, Hurmila Routho et Viren Ramchurn. Le pire c’est que Prakash Meenowa a fait un pied de nez à Paul Bérenger en abandonnant le MMM après que celui-ci l’a présenté comme candidat avec Jayen Ramtohul et le Dr Vinod Gooraye dans la circonscription No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) aux prochaines élections générales.

Selon nos recoupements, Pravind Jugnauth alignera environ 70% de nouveaux candidats, dont des professionnels.

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