jeudi , 5 décembre 2019
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Pravind Jugnauth
Pravind Jugnauth lors de son grand oral du lundi 10 juin

Marmite politique : le MSM esseulé jusqu’à quand ?

La virulence des débats autour du Budget 2019-2020 indique que ni le PMSD ni le MMM non plus et encore moins le PTr a l’intention de faire les yeux doux au MSM et de se prêter au jeu «d’opposition loyale.» Résultat : le MSM, esseulé sur l’arène politique, est contraint de prendre les coups de toutes parts.

Ceux qui rêvent d’une alliance entre le MSM et le MMM doivent se torturer les méninges en constatant l’hostilité exacerbée entre les parlementaires de ces deux partis au sein de l’hémicycle. Lundi, après la présentation du Budget, le MMM n’était pas trop agressif. Paul Bérenger se contentait de dire que c’était « un Budget décousu et décevant.» Durant cette même soirée, sur le plateau de Radio Plus, Reza Uteem relevait les manquements et critiquait certaines mesures, comme l’utilisation des réserves de la Banque de Maurice pour rembourser les dettes de l’État.

Visite du pape

Toutefois, jeudi, lors du démarrage des débats sur le Budget, la posture du MMM va changer après que le ministre Étienne Sinatambou semble avoir mis le feu aux poudres au sujet de la proclamation du lundi 9 septembre comme jour férié dans le cadre de la visite du pape François. « Lorsque le Premier ministre avait annoncé cette nouvelle, les membres de la majorité gouvernementale avaient applaudi…», dit-il avant d’être interrompu par les députés du MMM, surtout Reza Uteem, qui dit avoir «tapé la table». Ce qui a enclenché un brouhaha au sein de l’hémicycle. Le ministre de la Sécurité sociale enfonça le clou davantage : «When it was announced to the nation, you should not have kept seated and making a face which fell. » Reza Uteem et Paul Bérenger ont défendu la position de leur parti bec et ongles en précisant que le MMM a fait cette revendication lors d’un point de presse tout juste après l’annonce de la venue du pape.

Affaire Medpoint

Cet incident a, semble-t-il, ouvert les hostilités entre ces deux partis. À vendredi matin, des observateurs croyaient que cet incident est un cas isolé qui impliquait uniquement Étienne Sinatambou et non le MSM. Or, dans l’après-midi, la riposte du MMM, par le biais de Reza Uteem, était inattendue. Le député de la circonscription No 2 ne se fait pas prier pour cibler le talon d’Achille de la famille Jugnauth en déterrant l’affaire Medpoint. « L’affaire Medpoint était, est et restera le scandale du siècle », lançait-il dans son discours sur le Budget. Comme on devait s’y attendre, il déclenchait la colère dans les travées du gouvernement qui insistaient qu’il y a des jugements qui ont blanchi Pravind Jugnauth. Malgré cela, Reza Uteem ne lâchait prise en comparant les montants des deux évaluations. Paul Bérenger avait ajouté son grain de sel en criant « voleur. » C’était remuer le couteau dans la plaie. Samedi, lors de son point de presse, le leader du MMM a poussé le bouchon encore plus loin en déclarant que « Pravind Jugnauth n’a pas la stature d’un Premier ministre. »

Probabilité d’alliance

Avec la tournure des événements, les militants mauves ont de quoi se demander si le MMM ira résolument seul aux prochaines élections. Car piqués au vif, il est peu probable que les Jugnauth pactisent aussi vite avec les dirigeants du MMM. D’autant plus que l’on sait qu’un fort courant au sein du MSM est en faveur d’une alliance avec le MMM mais sans Paul Bérenger. Ils risquent de revoir leur position car dans une telle éventualité, c’est Reza Uteem qui devrait être le Deputy Prime Minister. Comme quoi le MSM est actuellement esseulé car une alliance avec le PMSD et le PTr est peu probable. Par contre, tout laisse croire que les rouges et les bleus flirtent, pour l’instant, à distance.

Les réconciliations

Cependant, la politique est un des rares domaines où les extrémités peuvent se rejoindre. Les leaders politiques mauriciens ont l’art de plier une ligne droite jusqu’à ce qu’elle prenne la forme d’un cercle. L’histoire en retient trois exemples. Primo, l’alliance entre le PTr de sir Seewoosagur Ramgoolam et le PMSD de sir Gaëtan Duval après les élections pour l’Indépendance. Secundo, l’alliance entre le MSM et le MMM en 1991 malgré une rivalité des plus féroces. Tertio, l’alliance entre le PTr et le MSM en 2010 en dépit des humiliations que Navin Ramgoolam avait fait subir à sir Anerood Jugnauth, alors président de la République en 2005 et même après.

Tout compte fait, il est peu probable que le MSM affrontera les prochaines élections qu’avec le ML d’Ivan Collendaveloo. Ses dirigeants vont s’échiner pour tenter de créer un « feel good factor » dans la population afin que le « bargaining power » du MSM se renforce.

Le Writ de l’élection partielle au No 7

Le Budget est presque derrière nous. Maintenant, c’est l’élection partielle dans la circonscription No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) qui profile à l’horizon. D’ici le début de la semaine prochaine, la date de cette joute devra être annoncée avec l’émission du Writ of Election. Dans l’arène politique tout comme au sein de la population, les opinions divergent. Certains font une confiance aveugle au Premier ministre et leader du MSM qui a maintenu, jusqu’à tout récemment, que l’élection partielle aura bel et bien lieu. D’autres persistent à croire que les électeurs seront appelés aux urnes directement pour les élections générales.

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