mercredi , 5 août 2020

L’ambassadeur Showkutally Soodhun : «Le meilleur Ramadan de ma vie»

Malgré les contraintes du confinement, dont l’interdiction d’aller prier en congrégation, Showkutally Soodhun vit avec un bonheur immense son premier Ramadan en Arabie saoudite, de surcroit comme ambassadeur. « C’est un Ramadan totalement différent sur toute la ligne avec à la base nos modes de vie distincts », précise-t-il.

L’environnement et l’atmosphère, dit-il, donnent au Ramadan une autre particularité, voire une autre dimension spirituelle en Arabie saoudite. Peu importe l’endroit où l’on se trouve. « On y ressent une forte ferveur religieuse malgré que les mosquées soient fermées en raison des mesures de prévention contre le Covid-19. Tout le monde prie chez soi ou à son bureau. Même à Maurice, l’atmosphère change pendant le Ramadan. C’est comme ça à travers le monde. Mais ici, on le ressent bien plus fort. Et ce ne sont pas nos compatriotes qui ont vécu le Ramadan en Arabie saoudite qui vont me contredire. D’ailleurs, j’ai une pensée spéciale pour tous ces Mauriciens qui avaient l’intention d’y venir passer le Ramadan cette année », dit-il. Même la forte chaleur n’ébranle pas notre ambassadeur et les membres de sa famille. « Il fait chaud actuellement en Arabie saoudite. Le mercure affiche 40 degrés. Mais avec l’ambiance du Ramadan, on ne ressent pas son inconvénient », ajoute-t-il.

La vie active, fait ressortir Showkutally Soodhun, commence à partir de la prière de Zohr. « Après la salaat de Fajr, c’est l’heure du repos. Et cela jusqu’à 11h au maximum. Ensuite, on se prépare pour aller au travail. Ceux dont le bureau se trouve à proximité de leur résidence accomplissent le Zohr avant de sortir. Les autres font la prière de la mi-journée au bureau en respectant la distanciation sociale. Le travail dure jusqu’à 18h au maximum », explique-t-il. Pour l’iftaar, poursuit-il, la grosse majorité de gens s’arrangent pour être à la maison à temps et les autres rompent le jeûne sur leur lieu de travail. « D’après la tradition saoudienne, on rompt le jeûne avec des dattes, de l’eau, du thé Kahwa (à l’élaïti) et des sucreries. Entre la prière de Maghrib et celle d’Esha, pendant cette durée d’une heure, on se cale l’estomac en grignotant quelques gâteaux », raconte-t-il.

Le Night Life débute après la prière de Taraweeh, selon Showkutally Soodhun. « C’est à ce moment-là que les gens vont dîner. Dans certains cas, on reçoit des invitations. Les restaurants sont ouverts. Contrairement avant le Covid-19, on n’a pas droit de consommer sur place. On prend son takeaway et on rentre chez soi. Il est aussi interdit de se rassembler dans le désert pour dîner entre amis ou en famille », témoigne-t-il. Avant le dîner, nombre de personnes arpentent les supermarchés et autres centres commerciaux pour le shopping. « Ce mouvement de gens dure jusqu’à 3 heures du matin. Je dois préciser que les gens – que ce soit les saoudiens ou les étrangers – font preuve de discipline et de responsabilité en cette période délicate où le pays demeure sous la menace du Covid-19 », affirme-t-il.

Pour conclure, l’ambassadeur Showkutally Soodhun dira avec fierté que « c’est le meilleur Ramadan de sa vie. »

Les gâteaux mauriciens

L’ambassadeur Showkutally Soodhun avance que le Ramadan, mois du partage, revêt toute son importance en Arabie saoudite. « Le partage se fait dans la société dans son ensemble parmi toutes les couches sociales. Le partage débute entre les voisins. La majorité de mes voisins sont des princes qui viennent frapper à ma porte pour m’apporter l’iftaar », raconte-t-il. En retour, il leur offre des gâteaux mauriciens. « Ils sont friands des cateless, tikka, badia, tekwa, vermicelle, entre autres », dit-il.

De leur côté, les employeurs accordent un Bonus de Rs 40 000 au minimum à tous leurs employés. « Ils reçoivent ce bonus au tout début du Ramadan pour qu’ils puissent transférer l’argent à leurs parents afin qu’eux-aussi passent un Ramadan sans pépin. Bon nombre d’employeurs leur donnent cet argent en devises étrangères pour faciliter le transfert », soutient-il. Sans compter que les employés étrangers – 11 millions au total – bénéficient de repas tous les soirs après la salaat de Magrib. « Des princes et autres négociants mettent la main à la pâte lors de la distribution et cela strictement selon les principes islamiques », précise-t-il.

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