dimanche , 4 décembre 2022

La diaspora à l’heure du Ramadan : la tradition mauricienne perpétuée en terre étrangère

Les Mauriciens établis à l’étranger ne manquent pas à leur devoir en cette période de jeûne. De nombreuses familles veillent à préserver les traditions mauriciennes en ce mois béni malgré la distance de leur terre natale.

Youshrine Roodur (Hong Kong) : «L’expérience est différente dans un pays non-islamique»

Youshrine Roodur

Youshrine Roodur, 29 ans, a quitté Maurice depuis quelques années déjà et a adopté Hong Kong comme sa patrie de cœur. Evidemment, le Ramadan, pour elle, signifie être loin des siens et surtout s’adapter à une nouvelle culture. Elle nous explique que le mois sacré a débuté le samedi 2 avril à Hong Kong et que la diaspora mauricienne qui s’y trouve vit ce mois béni avec ferveur. « L’expérience dans son ensemble est différente dans un pays non-islamique où les musulmans sont minoritaires », concède-t-elle.

Concernant les heures du jeûne, Youshrine avance qu’elle se réveille vers 4h du matin pour le sehri et c’est vers 18h45 qu’elle rompt le jeûne. Cette jeune enseignante avoue que l’ambiance familiale du Ramadan à Maurice lui manque. Mais à Hong Kong, elle peut compter sur la présence de ses amis lors du Ramadan. « J’ai des amis qui sont devenus comme des membres de la famille et je suis chanceuse de pouvoir vivre mon Ramadan en leur compagnie », indique Youshrine. Avec ses amis de différentes origines et cultures, elle se réjouit de pouvoir goûter à plusieurs cuisines du monde. « Cette année, pour le premier jour du Ramadan, j’ai eu le bonheur de profiter d’un iftar iranien », laisse-t-elle entendre.

Celle qui se dit très proche de sa famille nous avoue, avec un brin de tristesse, que les prières accomplies en congrégation à la maison, lui manquent en ce mois de Ramadan. Pour elle, le Taraweeh se fait à domicile, car dans le quartier où elle habite, soit les nouveaux territoires à Sai Kung, il n’y a pas de mosquées.


Nasrullah Poonah (Canada) : «Nou manz parey kuma Morisiens pou Ramzan»

Notre compatriote Nasrullah Poonah, établi à Toronto au Canada, depuis 49 ans, veille à préserver les traditions purement mauriciennes lors du Ramadan. Ainsi, c’est entouré de toute sa famille qu’il passe le mois sacré. Il explique que la communauté musulmane à Ontario n’a aucun problème à pratiquer sa religion. D’ailleurs, chaque jour, il se rend à la Jame Masjid de Mississauga pour accomplir le Taraweeh en congrégation sans restriction aucune.

Le Mauricien explique que le matin, tout le monde se réveille à 4h30 pour le sehri qui est composé de pain, de « gato pima et cateless » et des dattes. « Le Ramadan est une fête pour mes petits-enfants qui viennent chez moi pour l’iftar », dit-il. Père de deux garçons et d’une fille, il est l’heureux grand-père de cinq adorables petits-enfants. « Mo madam Rehana prepar iftar avek mo ban belfi ek ti zenfan. Nou fine garde labitid de nou pays ek nou manz parey kuma Morisiens pou Ramzan », soutient-il.

Nasrullah Poonah connaît beaucoup de Mauriciens établis au Canada et souvent, il est invité à partager un repas avec eux. Aussi, durant le Ramadan, une grande « iftar party » est organisée entre les Mauriciens.


Nassir Joomun (Australie) : «La même ambiance du Ramadan de mon enfance»

Nassir Joomun vit en Australie depuis quatre ans et demi. Cette année, le Ramadan est très différent pour lui, car il le vit plus ou moins seul. « Je n’ai que deux cousins ici et malheureusement, ils vivent dans des endroits différents à plusieurs heures de vol. Avec les restrictions, je ne peux pas aller passer le Ramadan avec eux », se désole-t-il.

Cependant, certaines restrictions ont été allégées en Australie. « Cette année, je suis en train de vivre l’ambiance du Ramadan de mon enfance. Actuellement, j’ai la chance de rompre le jeûne en compagnie d’autres personnes de différentes cultures. Et j’ai décidé de m’impliquer davantage dans la communauté pour aider les étudiants internationaux », précise le jeune homme originaire de Phoenix.

Nassir Joomun se réjouit aussi qu’il n’y a plus l’obligation de porter le masque et que le Taraweeh est de nouveau accompli en congrégation. « Pour le Taraweeh cette année, la mosquée a fait appel à trois Hafiz. C’est une bonne initiative », conclut-il.


Shabanaaz Rohemun (Angleterre) : «L’ambiance de la rue Desforges me manque»

Shabanaaz Rohemun étudie à Londres, en Angleterre, depuis 10 mois. Pour elle, le Ramadan loin de ses proches est difficile. « La famille et l’ambiance de la rue Desforges me manquent. Observer le Ramadan seule n’est pas facile. C’est aussi le premier Ramadan depuis que j’ai perdu mon père », confie-t-elle.

Pour pouvoir profiter pleinement du mois béni, elle a établi un emploi du temps. « Je prépare des plats pour deux ou trois jours et je planifie tout à l’avance. Comme j’étudie en ligne, je consacre principalement mon temps libre à la salât et à la lecture du Quran », souligne-t-elle. Pendant le week-end, elle sort avec ses amies pour aller explorer des mosquées ainsi que des endroits où elles peuvent avoir de la nourriture typiquement mauricienne pour l’iftar. Concernant les restrictions sanitaires, Shabanaaz Rohemun avance que tout est revenu à la normale mais elle prend ses précautions et porte son masque.

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