Le massacre d’enfants se poursuit à Gaza, en plein mois du Ramadan, avec plus de 200 tués en 3 jours. Et cela malgré une condamnation mondiale quasi-unanime. Même la presse occidentale ne parle plus d’un conflit entre Israël et le Hamas, mais d’une guerre contre le peuple palestinien. D’ailleurs, les déclarations officielles du régime sioniste s’adressent directement aux civils leur sommant pratiquement de libérer les captives et d’exterminer le Hamas. Ceci alors qu’il prive la population gazaouie depuis plus de 3 semaines de toute fourniture en eau, vivres, médicaments, carburants et électricité.
Il est évident que Netanyahu, assommé par des menaces de poursuites devant les autorités de son propre pays comme devant la Cour Pénale Internationale, a encore choisi la guerre. Les négociations et le cessez-le-feu ne comptent nullement pour lui, encore moins un retrait de Gaza pour permettre une reconstruction à laquelle les dirigeants arabes ont promis 53 milliards de dollars. Au lieu de passer à la Phase 2 de l’accord qu’il a conclu, il voulait étendre la Phase 1 que les Palestiniens ont respecté à la lettre. Cela donne une idée ce qu’il avait en tête en se pliant apparemment à la soi-disant pression initiale de Trump. Ce dernier n’avait jamais l’intention de permettre un retour des Palestiniens à Gaza, le projet de son gendre pour un développement immobilier de la bande avec vue sur mer étant la preuve. N’avait-il pas aussi l’idée, depuis le début, de laisser faire Netanyahu si on ne lui donnait pas Gaza ?
Diego Garcia
D’où vient Diego Garcia dans toute cette histoire ? Tout simplement, nous pouvons nous demander si nous avons le droit moral, en tant que citoyens de la République de Maurice, de soutenir un deal avec Trump concernant la location de Diego Garcia. Sans son support indéfectible, particulièrement dans l’approvisionnement en armement, Tsahal ne serait pas en mesure de perpétrer ce que beaucoup, y compris au niveau des Nations Unies, qualifient d’actes génocidaires, de nettoyage ethnique, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il n’honore pas les accords visant à mener à une solution pacifique, ni ne respecte-t-il le droit international. Au contraire, il sanctionne unilatéralement les institutions qui représentent l’ordre mondial.
Même si les négociations de Maurice se déroulent avec le Royaume-Uni, ancienne puissance coloniale qui proclame à l’encontre des verdicts des instances onusiennes une « souveraineté » illégale sur le Chagos, ce sont les USA qui en sont les occupants-usurpateurs, en violation du droit international. Nullement étrange de voir Trump se réjouir de l’éventualité d’un deal de 140 ans, comme si l’atoll lui appartiendrait tout bonnement. Le vrai problème n’est pas les USA, encore moins le Royaume-Uni, mais bien Trump qui n’est pas un homme qui mérite notre confiance. La preuve est toute sa posture par rapport à la situation actuelle à Gaza. Même si c’est dans le domaine de la fiction, aurions-nous accepté l’usage de Diego Garcia pour tuer des innocents comme cela se fait à Gaza, ou n’importe où ailleurs ?
Anti-Trump
L’Europe, le Canada, le Mexique, l’Ukraine, les pays arabes et le Sud global allant de l’Afrique du Sud aux nombreux pays visés par le ban envisagé par Trump, se réveillent face au danger Trump. Certains, timidement, la peur au ventre. Il ne s’agit pas de faire le jeu des Chinois ou des Russes, mais de prendre acte que la stabilité du monde est menacée, non pas par un fou, mais par la démission des responsables autres politiques, diplomatiques, économiques, commerciaux, intellectuels et culturels face aux décisions totalitaires, désastreuses et insensées digne d’un dictateur, de la part du Président élu de la première puissance mondiale. S’il y a une certaine résistance à ce dernier aux USA même, tout comme son acolyte Netanyahu est l’objet d’une grande contestation en Israël, les forces pour contrer le danger qu’ils représentent sont encore trop dispersées. En attendant, ce sont des innocents qui souffrent, à l’instar des Palestiniens.
La proposition américaine et israélienne d’envoyer les Palestiniens de Gaza au Soudan, en Somalie et au Somaliland, alors que les citoyens de ces derniers seront interdits aux USA, souligne tout le mépris de Trump et de Netanyahu pour les droits humains. Il y a une soixantaine d’années, ce sont les Chagossiens qui étaient ainsi expulsés, y compris de Diego Garcia. Et dire qu’il nous est demandé maintenant, en notre âme et conscience, de la leur louer contre quelques milliards de roupies. Plus exactement, on ne nous demande même pas, et il ne faut pas compter sur Trump pour des milliards de dollars. Mais plus important que l’argent, il est question ici de notre dignité, de notre souveraineté et de notre sens de solidarité qui fait notre humanité.
Par PROF. KHALIL ELAHEE
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