samedi , 21 septembre 2019
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Dengue : la lutte contre l’épidémie s’intensifie

30 personnes ont contracté le virus de la dengue depuis le 26 février dernier. Huit personnes infectées sur dix sont issues de la région de Vallée-des-Prêtres, à Port-Louis.

De nouveaux cas de dengue sont détectés quotidiennement dans ce faubourg de la capitale. À vendredi soir, le nombre de cas recensés à Vallée-des-Prêtres uniquement s’élevait à 24. Ces derniers ont été mis en quarantaine à l’hôpital Dr A.G Jeetoo où ils reçoivent les soins nécessaires. Le ministère de la Santé a, depuis, déployé ces officiers dans la région. Une cinquantaine parmi eux sont présents dans la région tous les jours alors que lors des exercices de fumigation de grande envergure, comme celle qui a eu lieu vendredi, nécessitant la mobilisation d’un plus grand nombre d’officiers sur le terrain, ce chiffre passe à 200, voire jusqu’à 300. Les officiers ont d’ailleurs renouvelé l’exercice ce samedi dans un rayon de 500 mètres autour de l’épicentre où le virus sévit, soit à School Lane.

Des officiers passent de maison en maison pour effectuer des dépistages auprès des habitants mais aussi pour distribuer des crèmes anti-moustiques et de les sensibiliser sur les précautions à prendre. De plus, le public peut appeler le 8924, une « hotline » qui a été mise à la disposition du public qui souhaite obtenir de plus amples informations sur le virus de la dengue. Parallèlement, la mairie de Port-Louis procède au nettoyage des drains et des canaux pour empêcher que l’eau ne stagne de même qu’au défrichement des terrains abandonnés. L’eau stagnante et les terrains en friche favorisant la prolifération de ces moustiques.

Ce qui n’a pas manqué de chambouler le quotidien de cette région. Anwar Hissaund, membre exécutif du Mouvement Civique de Vallée-des-Prêtres, soutient que jamais cette région n’a connu pareille situation dans le passé. Il déplore ce qu’il considère de « laisser-aller » de la part de certains habitants. En effet, Anwar Hissaund est d’avis qu’il y a une certaine incivilité qui règne parmi certains habitants. « Il y a des gens, par exemple, qui n’ont pas ouvert leur porte aux officiers du ministère de la Santé pendant l’exercice de fumigation », dénonce-t-il.

Ce membre exécutif du Mouvement Civique de Vallée-des-Prêtres dénonce aussi les propriétaires dont les terrains sont en friche. Il est d’avis que la mairie de Port-Louis devrait durcir le ton contre ces propriétaires. « Les autorités compétentes devraient aussi réinstaller des poubelles dans les endroits publics afin de décourager le public de jeter ses déchets ça et là et augmenter la fréquence du service de voirie de 2 à 4 fois par semaine », recommande-t-il. Notre interlocuteur est aussi d’avis que les campagnes de nettoyage et de défrichement devraient se faire avant l’arrivée de la saison des pluies pour éviter toute accumulation d’eau.

Anwar Hissaund juge satisfaisant le travail abattu par les officiers du ministère de la Santé sur le terrain. Toutefois, il dit constater que les officiers ne se rendent  pas dans tous les coins et recoins de la région. « Ils restent sur les routes lorsqu’ils procèdent à l’exercice de fumigation et ne s’aventurent pas à l’intérieur des terrains», fait-il ressortir.

« Bizin fer travay-là bien »

Un avis que partage également Afzal Dawoodkhan, président de Force Vive de Carolalo, Cité Garibou et de la NHDC de Vallée-des-Prêtres. « Ena bocou place pa pe pomp medcine alor ki ena place pe pomp sak 2 zours. Bann habitant pe enkoler. Eski bizin pomp sak zour ou sak semaine ? Ban habitan pa pe cone », déplore-t-il. Tout en disant accueillir favorablement cette campagne de la Santé, Afzal Dawoodkhan souhaite toutefois que les exercices se fassent correctement. « Pa pe dir travay pa bon mai bizin fer li bien. Bizin ena enn bon supervision lor terrain. Ban officie la bizin rent dan bann bois cot ban habitan rester », ajoute-t-il.

Par ailleurs, selon Anwar Hissaund, les habitants de la région vivraient dans la frayeur. « Certains habitants restent cloitrés chez eux et ne veulent pas prendre le risque de s’aventurer à l’extérieur. C’est le cas surtout pour ceux qui ont des enfants», dit-il. Afzal Dawoodkhan affirme, pour sa part, que des parents évitent de venir chez leurs enfants à Vallée-des-Prêtres depuis que cette épidémie a éclaté dans ce faubourg de la capitale. « Ena dimoun pe per pou vine dan l’endroit. Zot telephone zot pren nouvel. Zot dire pren conte moutisk tou ca mai zot pa vini. Ena ki ti abitie relax dehor dan lacour, zot pe res dans lacaz », avance le travailleur social.

Notre interlocuteur indique que les habitants se montrent plus prudents, notamment pour empêcher la prolifération des moustiques. « Ils défraichissent leur cour, se débarrassent des objets dans lesquels l’eau s’accumule tels que le vieux pneus ou encore les soucoupes des pots de fleurs », dit-il. En outre, ajoute Afzal Dawoodkhan, certains habitants essaient de faciliter la tâche aux officiers de la Santé. « Surtout depuis l’agression de deux officiers, nous avons demandé à nos membres d’accompagner les officiers sur le terrain afin de leur faciliter la tâche. Ban habitant la mem ale tap laport cot ban voisin, introduire ban officier la a ban habitan et mars avek zot dan lari. Nou la pou donn enn coudme » affirme-t-il.

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