vendredi , 13 décembre 2019
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Noorani Rannoo

À Vallée-Pitot : un cocktail Molotov lancé sur une maison sème la panique

« Si ti ena pou faire peur, ti pou avey ros, pas cocktail molotov. » C’est fortement ému que Noorani Rannoo, technicien âgé de 39 ans, nous fait cette déclaration à son domicile à Vallée-Pitot.

Quoiqu’aucun blessé n’est à déplorer, sa famille et lui sont encore sous le choc après qu’un cocktail Molotov aurait été balancé, le jeudi 28 février, aux petites heures du matin. Dans sa déposition à la police, il indique qu’il a été réveillé pendant la nuit par le bruit assourdissant d’une explosion. Croyant qu’il s’agissait d’une explosion d’un pare-brise qui aurait volé en éclats sur la route, il s’empressa d’aller voir ce qui s’était passé. « Je ne pouvais pas croire mes yeux quand j’ai vu les flammes à l’extérieur de ma maison. Pris de panique, j’ai tout de suite appelé mon épouse pour m’aider à maîtriser le feu », relate Noorani. Sur le sol, il a retrouvé des morceaux de verre brisés, une bouteille ainsi qu’une mèche. Dans sa déposition, il a incriminé un religieux et son beau-frère qui ont proféré des menaces de mort à son encontre, il y a environ un mois.

Des différences religieuses seront, selon le technicien, le motif derrière tous ces événements.

« Un groupe m’a déjà arrêté dans la rue pour m’interroger sur mes croyances religieuses et ils n’ont pas aimé quand je leur ai donné des explications », raconte Noorani. Vivant dans un pays démocratique, Noorani estime que ses croyances ne peuvent déranger personne. Après cet attentat, il dit vivre dans la peur et s’inquiète de la sécurité de sa famille. « Ene zanfan de 5 ans kin faire zot pou ki zot pe mette en danger so lavi. Ki ti pou arrivé si pa ti ena sa barrage devant mo lakaz et sa cocktail molotov la ti rent endan? » s’interroge-t-il. D’ailleurs, Nafissah Rannoo, son épouse, nous affirme que sa fille est encore sous le choc et a peur d’aller à l’école. Selon elle, des différences dans la croyance religieuse ne donnent pas le droit à personne de prendre la vie d’une personne. « On aurait dû rencontrer Noorani pour le faire comprendre à l’amiable, mais essayer d’attaquer une famille pour une telle raison est une affaire très grave », fait-elle ressortir.

D’ailleurs, Noorani Ranoo dit avoir déjà contacté les ambassadeurs de la France, de l’Angleterre, des états-Unis et de l’Union européenne à Maurice pour leur faire état de cette affaire. Son domicile est actuellement sous protection policière. L’enquête est menée par la CID de Port-Louis Nord.

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