Tuesday , 3 November 2026
Abdulrahman Mohamed El-Sayed
Abdulrahman Mohamed El-Sayed

De Trump à Trappes : la phobie du mot ‘ISLAM’

L’islamophobie, selon l’IA, est non seulement la peur, mais aussi l’hostilité, les préjugés ou les discriminations contre l’islam ou ceux qui sont perçus comme suivant cette religion. Laissons l’Intelligence Artificielle et osons faire un constat : certains islamophobes poussent la phobie jusqu’à la peur même du seul mot ‘ISLAM’. De Trump à Trappes, nous voyons qu’il y a des mots comme ‘Mohamed’ ou ‘Islam’ qui font polémique alors que derrière cachent de la mauvaise foi.

En fait, ils refusent d’appeler leur haine par son nom. Les islamophobes nient que l’islamophobie est un fait de société bien réel. Et lorsque leurs incitations ouvertes mènent à des attaques violentes, voire tragiques, même ceux qui ne sont pas islamophobes ne parlent alors, pudiquement, que de racisme ou de xénophobie. Par contre, le moindre commentaire contre le génocide commis par Netanyahu et consorts, ou même sur le sionisme, peut mener à être traité d’anti-juif, terme devenu d’ailleurs synonyme d’antisémitisme. Notons que jamais n’est-il dit que l’islam et les musulmans ne peuvent être l’objet de critiques. Ni faut-il dire que ces derniers sont des éternelles victimes. La question ici est le refus de reconnaître l’islamophobie des puissants comme Trump, ou encore son influence dans les drames comme celui de Trappes.

Mohamed

Abdulrahman Mohamed El-Sayed, c’est son nom. Celui que Trump appelle ‘Mohamed’. « Car ils sont tous Mohamed », dit-il ! Il l’a aussi appelé Mohammed Al-Fayad, Abdul Ramadan, Abdullah Subdalala, Abdullah Babababa Mohammed El-Sayed. Il ne faut pas en rire, car le sujet est trop grave. Bien sûr, pour Trump, il est islamiste, jihadiste, terroriste, radicaliste, Frère Musulman.

Pour se justifier, il déclare « I’m the President. I can call him whatever the hell I want ». Comme le souligne El Sayed, les seuls ‘Mohamed’ qu’ils aiment peut-être, ce sont ceux auprès de qui ils cherchent des milliards. Et même-là, qui peut oublier l’injure royal qu’il a émis à l’égard de MBS ! Il insulte qui il veut, et ce ne sont pas les pauvres journalistes qui en font les frais qui diront le contraire !

Mais vis-à-vis d’El Sayed, derrière ces invectives présidentielles devenues quasiment une obsession maladive, il y a autre chose. Il sera ce mardi le tout premier sénateur musulman élu dans l’histoire des USA, in sha Allah. Et il assume pleinement son identité de musulman en même temps que sa nationalité américaine. Et il se défend admirablement, particulièrement face aux attaques outrageuses de Trump, avec une aisance charismatique devant des micros qui rappelle l’aura d’un jeune Barack ‘Hussein’ Obama. Qui plus est, il est bardé de diplômes et de reconnaissances professionnelles, contrairement à l’ami d’Epstein qui s’était inventé des qualifications.

Diplômé de l’Université du Michigan en 2007 en biologie et sciences politiques, il y prononce le discours de major de promotion. Ensuite, il obtient un doctorat en santé publique à l’Université d’Oxford en 2011 en tant que fameux Rhodes Scholar. S’ajoute aussi un doctorat, en médecine cette fois, de la Columbia University Vagelos College of Physicians and Surgeons en 2014. Il est Professeur adjoint au département d’épidémiologie de l’Université de Columbia de 2014 à 2015, puis Directeur du département de la santé de la ville de Détroit de 2015 à 2017, devenant le plus jeune directeur de la santé d’une grande ville américaine.

Aujourd’hui, le Dr El Sayed est Directeur du département de la santé, des anciens combattants et des services communautaires (HHS) du comté de Wayne, dans le Michigan. Et candidat démocrate dans cet État pour le Sénat après avoir gagné les primaires. Cependant, pour Trump, il n’est qu’un « vicious, violent extremist », en manque d’arguments plausibles. Pour son adjoint à la Maison Blanche, pire, ‘There’s something about Abdul El-Sayed that is very, very evil’. A défaut de pouvoir dire qu’il a le malheur selon eux d’être de foi musulmane !

Pengo Bossio Wangi

Le 23 octobre 2026, un attentat raciste et antimusulman a frappé Trappes et la commune voisine de La Verrière, coûtant la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans, et faisant sept blessés. Or, certains font l’impasse sur la dimension islamophobe de cet acte, ne parlant que d’un cas avéré de violence raciste. Il n’existe pas de compétition entre les deux maux, le racisme antimusulman étant tout aussi grave que toute forme de racisme, mais il y a lieu de comprendre la motivation profonde de Kevin T., l’auteur poursuivi désormais pour assassinat terroriste.

Selon le parquet, pour justifier ses actes, Kevin T. aurait déclaré que Trappes était un « repaire d’islamistes ». Une « République islamiste en miniature, une capitale européenne du jihad », c’est ainsi que des hauts responsables du Rassemblement National qualifiaient Trappes dès 2021 sur les médias. C’était peu après l’élection d’Ali Rabeh comme maire de Trappes. Ce dernier rappelle maintenant que la source de la haine antimusulmane est « …aussi sur ces plateaux que se fabrique le discours idéologique qui permet à des personnes d’organiser leurs attentats ». La ville sera baptisée « Trappistan » et Zemmour dira d’elle une « ville musulmane régie par la loi islamique […] un territoire qui n’est plus français ». Pour Marine Le Pen qui se voit bientôt à l’Elysée, Trappes est « un territoire perdu de la République sous le poids d’une immigration massive et ininterrompue qui l’a changée en profondeur ».

Même Trump, encore-lui, n’avait-il pas déclaré à propos des récentes émeutes en France « What’s happening in France is nothing less than out of control mass migration. This isn’t about schools; this is about Islam wanting to take over a once great Country… » ? Sans doute rappelé par certains de la gravité de ce dérapage, il reprendra exactement les mêmes propos un peu plus tard sans toutefois mentionner « Islam ». Pour le citer exactement : « The migrants have taken over France. They must CLOSE THE BORDERS, FAST! ». Et il precise, cinq jours plus tard, sans dire le mot ‘Islam’: « France is right now burning down because it opens its borders to people who hate it. These are people who hate it. They hate France. They hate the people of France. They move there. They don’t like the buildings. They don’t like the monuments. They don’t like the paintings. They don’t like anything about France. » Il y en a qui diront, peut-être, que Trump n’est que raciste, un peu au moins, et surtout pas ‘islamophobe’ ?

Conclusion

Pengo Bossio Wangi n’était pas musulman, mais qu’importe…il était bien victime d’un attentat principalement islamophobe. Raciste aussi, définitivement mais cela ne change rien dans le fond du fond des choses. Tout acte ce qui est raciste n’est-il pas aussi potentiellement islamophobe ? Car l’islam interdit qu’on s’en prenne à quelqu’un à cause de sa race. Le point, cependant, est que la référence à la haine de l’islam et des musulmans ne doit pas être un tabou. Sinon tout simplement écartée de toute considération pour rester correcte aux yeux de certaines forces dominantes, quelles soient politiques, idéologiques, financières, culturelles ou médiatiques.

Et dire que Trappes a produit tant de talents à l’instar d’Omar Sy, La Fouine, Nicolas Anelka et d’autres…des musulmans qui font l’honneur de leur pays, la France, partout au monde. Comme ailleurs aux USA, les noms de Muhammad Ali, Kareem Abdul Jabbar, Malcom X et d’autres font toujours la gloire de leur pays. En parlant de noms, pertinent de souligner que ce dernier, né Malcolm Little, changea le sien en Malik Al Shabbazz. Désolé pour Trump et ses amis, voilà un ‘Mohamed’ qu’il ne peut ignorer…que le monde ne doit jamais oublier. Plus qu’un ‘Shining Black Prince’, il demeura à jamais le symbole par excellence de la lutte et contre le racisme et de l’islamophobie pour tous les temps.

El Sayed parle de lui, d’ailleurs comme, un « son of Michigan ». Michigan est là où Malcolm X commence son cheminement et où il fera son dernier grand discours une semaine avant son assassinat. Concluons en citant ce qu’il racontait ce jour-là : « I was on a plane between Algiers and Geneva and it just happened that two other Americans were sitting in the two seats next to me. None of us knew each other and the other two were white, one a male, the other a female. And after we had been flying along for about forty minutes, the lady, she says, ‘Could I ask you a personal question?’

I said, ‘Yes.’ She said, ‘Well’ – she had been looking at my briefcase, and she said, ‘Well, what does that X’ she says, ‘What kind of last name could you have that begins with X?’ So I said, ‘That’s it–X.’ And she said, ‘Well, what does the ‘M’ stand for?’ I said, ‘Malcolm.’ So she was quiet for about ten minutes, and she turned to me and she says, ‘You’re not Malcolm X?’

You see, we had been riding along in a nice conversation like three human beings, you know, no hostility, no animosity, just human. And she couldn’t take this, she said, ‘Well you’re not who I was looking for,’ you know. And she ended up telling me that she was looking for horns and all that, and for someone who was out to kill all white people, as if all white people could be killed. This was her general attitude, and this attitude had been given her–this image had been given her by the press. »

Par PROF. KHALIL ELAHEE

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