Thursday , 21 May 2026

Prix du bœuf : les bouchers réclament une baisse urgente

À l’approche de l’Eid-ul-Adha, les bouchers réclament une révision urgente du prix du bœuf, officiellement fixé pour le Qurbani à Rs 186 le kilo sur pattes. Ils affirment acheter la viande autour de Rs 210, frais d’abattage inclus, et disent ne plus pouvoir vendre sans subir de pertes. Face à la grogne du secteur et à la confusion des consommateurs, le ministère du Commerce a réuni des importateurs. Une décision est désormais attendue.

Pour les bouchers, le problème est double. D’un côté, les consommateurs pensent que le prix du bœuf a baissé et exigent de payer Rs 186. De l’autre, les bouchers soutiennent que leur coût d’achat réel est déjà supérieur à ce prix. Cette différence alimente incompréhension, accusations et tensions dans les bazars.

Assad Jubilee, boucher, estime que le prix officiel ne reflète pas la réalité du terrain. Selon lui, une fois les frais d’abattage pris en compte, le coût réel atteint Rs 210. Il s’interroge ainsi sur l’écart entre le prix annoncé et le prix effectivement payé par les bouchers. « Seki nou pe demander, eski prix Rs 210 li abusive, li justifiable », affirme-t-il, en soulignant que les bouchers se retrouvent injustement accusés de vendre trop cher.

Des consommateurs réclament Rs 186…la livre

Même constat chez Cassam Moedinekhan, boucher depuis 58 ans. Il affirme que depuis l’annonce du prix du bœuf pour le Qurbani, de nombreux clients pensent que le prix a effectivement baissé. « Tou dimoun pe kroir ki prix finn baissé et zot pe rod vin acheter Rs 186 enn livre la viande avec nou, mais en réalité nou pe asté la viande Rs 210 », explique-t-il. Pour lui, la situation devient intenable, surtout dans un contexte où les familles sont déjà fragilisées par le coût de la vie.

Dans les marchés, les effets se font sentir. Les étals restent remplis, mais les ventes chutent. Plusieurs bouchers affirment que les clients se font plus rares, faute de comprendre pourquoi le prix pratiqué ne correspond pas au prix officiellement annoncé. Bien que le prix fixé est uniquement applicable pour le Qurbani. Cette situation provoque une accumulation de stock invendu et accentue les difficultés financières des petits opérateurs.

Hussein Khodabux évoque, lui aussi, une pression croissante sur les bouchers. Il explique que les consommateurs pensent que le prix du bœuf a baissé, alors que les professionnels doivent supporter un coût supérieur. « Nou problem c’est ki nou pe paye Rs 210 carcass weight avek slaughter fees ladan », dit-il. Selon lui, la baisse du volume des ventes menace directement la survie de nombreux petits commerçants.

La frustration est également palpable chez Mamad Koowar. Il déplore l’évolution régulière des prix et l’absence d’explications claires à donner aux clients. « Tou le trois mois bef monter, nou pa pe kapav donn public okenn explication. Dimoun dir nou voleur », affirme-t-il. Pour les bouchers, cette accusation est d’autant plus difficile à accepter qu’ils disent eux-mêmes subir la hausse des coûts.

Manque de transparence

Au-delà du prix, les bouchers pointent aussi un problème plus large : le manque de transparence dans la chaîne d’approvisionnement. Ils dénoncent une forte dépendance envers quelques importateurs et réclament un encadrement plus clair du marché. À leurs yeux, la question n’est pas seulement commerciale, mais touche à l’équilibre même de toute la filière.

Dans ce contexte, la prolongation de la vente de bœuf pour le Qurbani dix jours après l’Eid-ul-Adha suscite également des interrogations. Les bouchers estiment qu’une meilleure organisation du marché est nécessaire afin d’éviter les confusions, les pertes et les tensions avec les consommateurs.

Face à cette situation, leur demande est claire : les autorités doivent revoir rapidement le prix du bœuf ou expliquer publiquement les bases de calcul utilisées. Les bouchers réclament un dialogue réel, un mécanisme plus transparent et une décision qui tienne compte à la fois du pouvoir d’achat des consommateurs et des coûts supportés par les professionnels.

Le ministère entre en scène

Selon nos recoupements, le ministère du Commerce suit le dossier de près. Une réunion a déjà eu lieu avec des importateurs afin d’évaluer la situation, notamment l’écart entre le prix officiellement annoncé et le coût réel évoqué par les bouchers. Les autorités chercheraient à dégager une solution rapide pour éviter que la confusion ne s’aggrave à l’approche de l’Eid-ul-Adha. Une décision est jugée imminente, alors que la filière attend désormais un arbitrage clair sur le prix du bœuf.

Prix abusifs : le PM prend le dossier en main

Le gouvernement veut s’attaquer de front à la question des prix, notamment dans les secteurs où la concurrence est limitée. Le Cabinet a donné son aval à la mise sur pied d’un comité interministériel présidé par le Premier ministre. Sa mission  : examiner les problèmes liés aux prix, avec une attention particulière aux marchés monopolistiques et quasi monopolistiques, afin de formuler des recommandations pour mieux protéger les consommateurs et garantir des pratiques tarifaires plus équitables.

Cette décision intervient dans un contexte où la hausse des prix, les marges commerciales, la concentration de certains marchés et le pouvoir de quelques opérateurs économiques suscitent régulièrement des interrogations. L’objectif affiché est de disposer d’un cadre d’analyse plus structuré pour identifier les secteurs où les prix peuvent être influencés par un manque de concurrence réelle.

Le comité devra ainsi se pencher sur les mécanismes de fixation des prix, les éventuels déséquilibres entre importateurs, distributeurs, détaillants et consommateurs, ainsi que sur les situations où un nombre restreint d’acteurs économiques peut exercer une influence déterminante sur le marché. L’enjeu est de voir dans quelle mesure l’État peut intervenir, réguler ou recommander des ajustements sans perturber le fonctionnement normal de l’économie.

Le comité sera composé de plusieurs membres du gouvernement. Outre le Premier ministre, qui en assurera la présidence, il réunira le Deputy Prime Minister, ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être familial ; le ministre du Logement et des Terres ; le ministre de l’Intégration sociale, de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale ; le ministre des Services financiers et de la Planification économique  ; le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international ; le ministre du Travail et des Relations industrielles ; le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs ; ainsi que le ministre de l’Industrie, des PME et des Coopératives.

Meemah Aumeer

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