- La défunte inhumée au cimetière Jannat-ul Baqi
Triste nouvelle pour les familles Kodabucus et Takun de Quartier-Militaire après le décès de Laila Kodabucus, 72 ans, qui était partie accomplir le petit pèlerinage à La Mecque.
Si les proches de Laila Kodabucus sont affligés par la soudaine disparation de la septuagénaire, ils peuvent néanmoins se consoler que la défunte repose à présent au cimetière où sont enterrés de nombreux compagnons du Prophète Muhammad (saw). Notre compatriote a, en effet, rendu l’âme à Madinah, en Arabie saoudite, le mercredi 25 mai. Elle s’y était rendue pour accomplir l’Umrah en compagnie de son frère, ses deux sœurs, sa belle-sœur et d’autres membres de la famille. La petite bande avait sollicité les services du Saudi Hajj & Umrah Group dont le directeur est Ikbal Hossenbaccus. Ce dernier nous explique que Laila Kodabucus était en pleine forme en quittant Maurice le 13 mai 2022.
Selon lui, rien ne paraissait étrange, car Laila Kodabucus était joyeuse et parlait à ses proches à l’aéroport avant l’embarquement. Le groupe est arrivé à Makka le 14 mai et tout de suite, tous les membres sont partis accomplir l’Umrah toujours accompagné de l’opérateur. « La dame (NDLR : Laila Kodabucus) avait accompli quatre Umrahs notamment l’Umrah Qudoom pour elle-même ensuite trois autres umrahs notamment pour son défunt époux et d’autres proches disparus. Elle ne paraissait ni fatiguée ni essoufflée pour une personne de son âge », raconte-t-il. Il rappelle que pour accomplir les trois Umrahs, il est obligatoire de partir au Miqaat avant pour formuler l’intention. « Elle était partie à la Masjid Taneem, connue comme Masjid Bibi Aisha, qui est à 15 kilomètres de Makka, ensuite aux mosquées Jaarana et Hudaibiyah situées respectivement à 55 km et 45 km de la Ka’aba », se souvient-il.
Par la suite, le groupe a quitté Makka le 21 mai pour se rendre à Madinah. Là-bas, Laila Kodabucus est partie, selon Ikbal Hossenbaccus, accomplir ses salats à la Masjid-E-Quba comme l’avait recommandé le Saint Prophète (saw) avant de se rendre à Masjid Nabawi. « Laila Kodabucus m’avait confié qu’elle souhaitait profiter au maximum du voyage spirituel, car durant le Hadj, les opérateurs n’ont pas le temps d’emmener les Hadjees visiter les différents lieux importants faute de temps. Elle respirait la santé et elle était en pleine forme. Elle était très contente de pouvoir partir en Égypte et en Palestine où elle avait hâte de visiter Bait-ul-Muqaddas et faire ses prières à l’intérieur de la mosquée Al Aqsa », confie notre interlocuteur.
Jannat-ul Baqi
Mardi le 24 mai, selon les dires du tour-opérateur, Laila Kodabucus paraissait un peu « troublée » après avoir fait un « petit malaise sans gravité ». « Elle a même accompli ses prières et a fait la lecture du Quran », précise-t-il. Le lendemain, vers 10h du matin, elle a mangé un farata et bu une tasse de thé tout en bavardant avec les autres membres du groupe. Après quoi, elle a fait ses ablutions et est partie se reposer dans sa chambre d’hôtel. Quand ses proches l’ont réveillée pour se préparer pour la Salat-ul-Zohr vers 11h, elle ne respirait plus et avait déjà rendu l’âme dans son sommeil. Ikbal Hossenbaccus, qui entre-temps était parti en autobus accompagner un pèlerin à 35 km de Makka, a rebroussé chemin pour venir en aide à la famille de Laila Kodabucus. « Mone fer tou demars pou gagn ban dokimen ek li bien difisil pou gagn permisyon pour fer mayyat. Bizin 7 dokimen sinon zot gard lekor la », avance Ikbal Hossenbaccus.
Face à cette situation, notre interlocuteur multiplie les démarches auprès des autorités. Il tient d’ailleurs à remercier le chargé d’affaires mauricien, Adam Koodruth, qui a fourni une attestation de l’ambassade mauricienne. « Mo fin pren mo responsabilite ek mo fin akompagne la fami dan tou ban demars parski li mo devoir pou vin en aide a tou dimoun ki amba mo responsabilite », laisse-t-il entendre. Les démarches ayant duré toute la journée de jeudi, les funérailles de Laila Kodabucus ont eu lieu après la Salat-ul-Magrib à la mosquée Nabawi pour ensuite être mise en terre au cimetière Jannat-ul Baqi de Médine. « Mwa ek so frer ek bofrer fin akompagne janaza ziska kabarastan Al Baqi », ajoute Ikbal Hossenbaccus.
Notre interlocuteur cite un hadith dans lequel le Prophète Muhammad (saw) dit que celui qui part accomplir le Hadj et l’Umrah et qui meurt, il lui est inscrit la récompense jusqu’au jour de résurrection. De Madinah, nous avons parlé au téléphone au frère de la défunte, Aslam, et il paraissait perdu dans ses pensées. Malgré la douleur de perdre sa soeur, il se console que cette dernière ait rendu l’âme à Madinah et a été inhumée au cimetière Al Baqi qui est situé au sud-ouest de Masjid Nabawi. De nombreux parents et compagnons du Prophète Muhammad (saw) y sont enterrés. On raconte que le Prophète (saw) faisait une prière à chaque fois qu’il passait devant ce site.
Parwez Takun, le fils de Laila Kodabucus : «Mo mama pe repoz dan ene bon plas»
STAR s’est entretenu avec le fils de Laila Kodabucus, Sheikh Muhammad Parwez Takun, de Quartier-Militaire. Il nous dit qu’il a appris la nouvelle, mercredi après-midi, et qu’il est triste que sa mère ne reviendra pas à Maurice pour voir ses enfants et petits-enfants. N’empêche qu’il se console que sa mère ait connu une mort paisible dans son sommeil et qu’elle repose au cimetière Jannat-ul Baqi. « Mo mama pe repoz dan ene bon plas. Allah ki choisir ki dimoune li envi garde pré avek Li ek Li done zot mem l’honneur ki ban seki enterer dan sa cimitiere la », confie-t-il.
Parwez Takun ajoute que sa mère était « une mère adorable, une femme pieuse et une personne qui aimait rendre service à tout le monde ». Il nous raconte une anecdote sur le voyage de Laila Kodabucus en Terre sainte : « mo mama ti fini paye biyé pou ale Rodrigues. Letan lin apran ki plizir fami pe ale Umrah, lin dir laisse li aler ensam li ousi. Lerla lin done so biyé Rodrigues en cado a ene lot dimoun. Kuma dir so lamor ti fini programmer dan Madinah. »
Parwez Takun indique que sa mère était l’aînée d’une fratrie de 7 frères et 4 sœurs. Elle n’a pas été scolarisée pour pouvoir s’occuper de ses frères et sœurs, car son père et sa mère travaillaient pour subvenir aux besoins de la famille.
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