L’annonce à la fin du mois de janvier d’un calendrier scolaire étendu à novembre et des examens reprogrammés pour la fin de l’année a été un coup dur particulièrement pour ceux prenant part aux examens du SC et du HSC.
Pour la psychologue Mushiirah Khodabux, « il sera difficile de convaincre les étudiants qu’ils n’ont pas perdu une année », surtout que leur année scolaire a été étendue à deux reprises. Mais selon elle, nous devons aussi les aider à développer en eux la capacité de voir les choses de différentes manières. « Il faut les aider à voir que malgré la situation actuelle, leur but reste toujours le même, celui d’obtenir les connaissances académiques nécessaires et de finir leur scolarité », dit-elle. En outre, elle est d’avis que « cette situation leur a permis d’acquérir en cours de route, la patience et la persévérance ». « Ces qualités leur serviront à l’avenir », affirme-t-elle.
Une autre manière de percevoir ce qui arrive actuellement selon la psychologue, est de voir ce programme étendu comme un temps additionnel pour se préparer en vue des examens. « Généralement, la période des examens est stressante et on se dit qu’on manque de temps pour réviser ou peaufiner les choses. Alors, ceci est un temps de plus pour étaler son travail et aborder les examens plus paisiblement et sereinement », fait-elle comprendre. Mushiirah Khodabux estime que dans l’immédiat, l’instabilité qui règne dans la société – une vie académique stagnante, un esprit stagnant, les émotions en pagaille – contribue à la frustration des élèves et mène à un sentiment de désespoir. « Il est normal de se retrouver déboussolé, désorienté ou confus », rassure-t-elle.
Sentiments valables
Mushiirah Khodabux se dit consciente que les étudiants ont fait beaucoup d’efforts dans leurs études et ont été assidus à leurs cours en ligne tout en faisant de leur mieux pour suivre le programme. « Vous avez travaillé dur pour vous préparer à vos examens à venir. Vous avez espéré avec enthousiasme terminer votre année académique en quelques mois. Mais ensuite, soudainement, les choses ont été décidées autrement pour vous. Vous allez encore une fois avoir une année académique prolongée. Vous ne passerez pas à l’année académique suivante avant l’année prochaine. Vous devrez de nouveau revoir tout ce que vous avez étudié lorsque vous étiez prêt à terminer cette phase et à passer à la suivante », poursuit-elle.
Cependant, la psychologue dit comprendre que la plupart des jeunes sont actuellement « frustrés, agacés et en colère d’avoir perdu des années de leur vie universitaire ». « Vous trouvez votre situation injuste et vous éprouvez du ressentiment. Vous êtes triste de ne pas progresser sur le plan scolaire. Vous vous sentez impuissant face à la stagnation de votre vie académique. Vos sentiments sont valables ! Vous vivez des moments difficiles. Il est normal de se sentir accablé. Il est normal que votre santé mentale soit mise à mal dans cette situation », indique-t-elle. Selon elle, les étudiants doivent se donner le temps d’assimiler ce changement de plan inattendu. « Permettez-vous de ressentir ce que vous avez besoin de ressentir. Laissez les émotions circuler en vous, puis lorsque vous êtes prêts, libérez-vous d’elles », conseille-t-elle.
Enfin, Mushiirah Khodabux met l’accent sur le bien-être des étudiants sur plan émotionnel. « Soyez doux avec vous-même dans cette phase difficile de votre vie. C’est vous qui méritez le plus votre propre soutien. Dorlotez-vous avec beaucoup d’amour. Apprenez à faire la paix avec l’amertume de cette situation. Laissez partir les rêves du passé, fixez de nouveaux objectifs et ouvrez-vous aux nouvelles expériences qui vous attendent. Vous vous en sortirez », conclut-elle.
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