jeudi , 19 septembre 2019
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Indépendance

51e anniversaire de l’Indépendance : une nation bâtie autour de l’harmonie

Notre pays s’apprête à célébrer ses 51 ans d’Indépendance le mardi 12 mars. Un jour mémorable pour l’ensemble de la population qui certainement sera animée par un sentiment de légitime fierté lorsque le Motherland retentira lors de la cérémonie officielle au Champ-de-Mars. Pour beaucoup, Maurice a pu faire ce long chemin grâce à l’harmonie sociale qui règne au pays.

Paramasivum Pillay Vyapoory président de la République par intérim : «Que chaque Mauricien se sente fier d’être Mauricien»

Paramasivum Pillay VyapooryParamasivum Pillay Vyapoory, président de la République par intérim, brosse un tableau des conditions de vie des Mauriciens avant l’indépendance et les changements positifs qu’il y eus 51 ans après. Il estime que chaque Mauricien, qu’il soit riche  ou pauvre, doit réaliser que notre pays a fait des progrès gigantesques depuis le 12 mars 1968.

« Avant 1968, les maisons étaient en paille ou  en tôle et étaient vulnérables aux cyclones. Se trouver un emploi était difficile et beaucoup de familles vivaient dans la pauvreté. Les institutions scolaires n’étaient pas d’un haut niveau. Mais après 51 ans, tout a changé. Des écoles de haut niveau ont été construites, de belles maisons en béton fleurissent partout dans l’île, des enseignants sont formés, des jeunes fréquentent les universités, l’eau et l’électricité sont accessibles de même qu’un service de santé de grande qualité », nous dit Paramasivum Pillay Vyapoory.

Le président par intérim indique que tous ces progrès ont été rendus possibles grâce à la paix sociale et un gouvernement stable démocratiquement élu. « La culture de travail et de discipline nous viennent de nos valeurs culturelles et spirituelles», ajoute M.Vyapoory. Il fait ressortir que nous sommes une nation multiraciale et multiculturelle et malgré toutes nos différences, nous avons su faire appel aux grandes valeurs qui nous unissent.

« Notre diversité, loin d’avoir été un obstacle, a été plutôt une opportunité pour vivre en harmonie. Nous pouvons être fiers que notre pays est souvent cité en exemple comme un pays de coexistence pacifique», ajoute-t-il.

Pour le président par intérim, l’harmonie sociale a beaucoup contribué à notre progrès économique. Cependant, il se désole qu’il existe encore des poches de pauvreté dans le pays. « On dit parfois qu’il y a l’exclusion, mais certaines personnes s’auto-excluent et ne font pas l’effort nécessaire pour sortir de la grande précarité », estime-t-il. « Nous sommes dans un pays où celui qui est proclamé lauréat après quinze ans d’études a obtenu les  mêmes facilités et conditions que ceux qui n’ont pas fait d’efforts et qui ont échoué. Qui est responsable? », se demande-t-il.
Le président par intérim se réjouit du rayonnement de la langue créole qui a grandement  contribué à notre vivre-ensemble. « C’est notre chance d’avoir des radios pour promouvoir la langue créole et la MBC a une chaîne pour promouvoir cette langue ancestrale », dit-il.

M.Vyapoory salue l’existence des centres culturels et des Speaking Unions qui ont pour objectif de mettre à l’aise chaque individu pour vivre comme un Mauricien tout en préservant sa culture ancestrale.  « Il faut que chaque Mauricien se sente fier d’être Mauricien et reconnaît que tous les bienfaits dont il jouit sont les fruits du travail des autres avant lui. Chaque Mauricien doit se demander ce que sera sa contribution pour son pays bien-aimé. Ask what you can do for your country and do it willingly with love, » dit-il.


Joseph Tsang Mang Kin : «La langue créole a été un véritable lieu de rencontre»

josephNé le 12 mars 1938, Joseph Tsang Mang Kin fêtera ses 81 ans ce mardi, le jour où notre pays célébrera son 51e anniversaire de l’Indépendance. Il garde encore de très bons souvenirs de l’accession de Maurice à l’indépendance en 1968. Il retient particulièrement l’harmonie qui règne entre les différentes composantes de la société. « Il faut dire qu’au départ même, soit à l’ère coloniale, nous avons eu plusieurs communautés venant de différents pays. Chacune a, au fil du temps, appris la culture de l’autre. Mais cette ouverture n’aurait pas été possible sans la langue créole. Celle-ci aura été un véritable lieu de rencontre entre les différentes cultures du pays. C’est pour cela que je dis toujours que Maurice est un État de cultures. Nous sommes uniques au monde », fait ressortir l’ancien ministre des Arts et de la Culture. Il ajoute que la langue créole a été d’une importance capitale eu égard à la coexistence et la tolérance au sein de la population.

Néanmoins, Joseph Tsang Mang Kin estime qu’il ne faut pas se contenter uniquement de l’harmonie qui règne à Maurice même 51 ans après l’indépendance du pays. Selon lui, il faut toujours aller plus loin pour savoir davantage sur les autres. « Nous sommes certes un pays multiethnique où plusieurs communautés coexistent en paix, mais nous connaissons-nous réellement ? J’ai l’impression que ne nous tirons pas suffisamment avantage de la proximité entre les différentes cultures pour aller plus loin dans la compréhension de l’autre. Combien parmi nous avons déjà lu les textes fondateurs des autres religions ? J’estime que cela aurait permis d’en savoir plus sur nos concitoyens », avance-t-il. Joseph Tsang Mang Kin soutient également qu’il n’existe pas une guerre de cultures à Maurice. « Les Mauriciens ne sont pas un peuple agressif. Au contraire, nous sommes connus pour notre hospitalité. Nou pa ene peuple aigri », ajoute-t-il.

Par ailleurs, Joseph Tsang Mang Kin estime que le développement qu’a connu le pays depuis l’Indépendance en 1968 n’aurait pu se concrétiser sans l’harmonie sociale à plusieurs niveaux du pays. « Je tiens ici à faire ressortir l’immense contribution de deux hommes en l’occurrence Sir Seewoosagur Ramgoolam et Monseigneur Margéot. Pour moi, ils ont tous deux contribué à faire de Maurice ce qu’il est aujourd’hui », avance notre interlocuteur. Il confie aussi que les « véritables Mauriciens» sont ceux qui sont nés après 1992. « Pour moi, ce sont eux qui doivent désormais prendre le pays en main. Cette génération avance sans préjugés », dit-il. Cependant, Joseph Tsang Mang Kin a un pincement au cœur lorsqu’il constate que la méritocratie ne prime pas dans différentes sphères de la société. Il se désole aussi que la corruption gagne de plus en plus de terrain à Maurice.


Cassam Uteem : «Le succès de Maurice est le résultat de la stabilité et la sécurité»

Cassam UteemL’ancien président de la République, Cassam Uteem, soutient que l’harmonie sociale a largement contribué à créer la stabilité afin d’assurer le développement du pays. Selon lui, 51 ans après l’Indépendance, il est de notre devoir de veiller à ce que personne ne soit exclue ou victime de discrimination.

Qu’est-ce que l’harmonie sociale a apporté à Maurice depuis l’Indépendance ?
S’il fait toujours bon vivre à Maurice et si les étrangers de passage chez nous ne tarissent pas d’éloges sur ce qui leur apparaît ici comme un rare modèle de ‘vivre ensemble’ à émuler, dans un univers déchiré par de nombreux conflits et d’interminables guerres interethniques, c’est en raison de l’entente cordiale qui existe entre les différentes communautés, dont les ancêtres viennent des quatre coins du monde, et qui ont, au fil des ans et des générations successives, appris à gérer et même apprécier et célébrer leurs différences et leurs spécificités. C’est ce qu’on définit souvent comme harmonie sociale et, depuis l’Indépendance, elle a largement contribué à créer la stabilité requise pour assurer le développement du pays à travers notamment l’investissement étranger et le tourisme.

Comment a-t-on bâti une nation autour de l’harmonie sociale?
Ce qui constitue une nation, disait le philologue Ernest Renan, ce n’est pas parler la même langue, ni appartenir a un groupe ethnographique commun, c’est “avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore dans l’avenir.” Si nous voulons continuer à faire ensemble de ‘grandes choses’, comme nous les avons faites depuis un demi-siècle que nous sommes indépendants, il est essentiel de préserver et de nourrir l’harmonie sociale.

Comment avez-vous vu l’évolution au niveau de l’harmonie sociale au cours de ces 51 dernières années?
Nous avons connu des hauts et des bas qui ont mis à mal l’harmonie sociale. Plus de hauts que de bas, heureusement. À quelques jours de l’accession de Maurice à l’indépendance nous  avions vécu l’horreur des émeutes raciales, avec ses dizaines de morts, ses centaines de blessés provoquant un exode sans précédent de populations des banlieues portlouisiennes. Nous avons mis du temps pour nous relever de ce traumatisme collectif. En 1999, après la mort du chanteur Kaya en cellule policière, nous avons failli vivre un autre épisode tragique. Le bon sens a prévalu à temps et  on pourrait dire que nous l’avons échappé belle. C’est pourquoi il ne faut jamais prendre l’harmonie sociale pour acquis: il nous faut la nourrir. L’Anglais dira “it must be nurtured.” Pour cela, il ne suffit pas d’organiser des rencontres sociales. Il faut surtout veiller à ce qu’il n’y ait pas dans la société des individus et des familles victimes de l’exclusion et de la grande pauvreté,  de discrimination et d’injustice flagrantes, d’humiliation, de stigmatisation et de rejet. Il faut surtout œuvrer pour une société plus inclusive si on veut préserver l’harmonie sociale.

Peut-on dire que l’harmonie sociale est la base du succès à Maurice?
Oui, je vous l’ai dit un peu plus tôt. Le succès qu’a connu Maurice est surtout le résultat de la stabilité et la sécurité qui ne peuvent exister sans l’harmonie sociale.


Activités et programmes du 51ème anniversaire de l’Indépendance

policeLe Champ de Mars s’apprête une fois de plus à accueillir les célébrations marquant l’accession de Maurice à l’indépendance. Tout un programme a été conçu à cet effet. L’invité d’honneur, cette année, sera le président malgache, Andry Rajoelina.

« Dan Linite Nou Avanse ». C’est le thème choisi cette année dans le cadre des célébrations des 51 ans de l’indépendance de Maurice. Comme à l’accoutumée, le programme officiel se tiendra au Champ-de-Mars ce mardi 12 mars 2019 à partir de 17h15 avec la cérémonie du lever du drapeau. Le quadricolore sera en haut du mât vers 18 heures. S’ensuivra un survol des hélicoptères de la police et ceux de la marine indienne de même que le Dornier.

Puis, on aura droit à une démonstration des majorettes du Queen Elizabeth College. Place ensuite à une parade des officiers du Police Band de même que les différentes unités de la force policière avec notamment la Special Mobile Force, la National Coast Guard, la Special Supporting Unit, entre autres. Et aussi prévue une démonstration d’une trentaine de motards de la police qui effectueront des manœuvres acrobatiques. Et enfin, la soirée culminera avec un spectacle animé par des jeunes de même qu’un spectacle et un concert populaire de deux heures avec des artistes locaux. Le spectacle sera clôturé par un feu d’artifice.

Des autobus seront mis à la disposition du public deux heures avant et après la cérémonie. Les passagers ne paieront que la moitié du coût normal du trajet alors que les enfants âgés de moins de 13 ans voyageront gratuitement. Et afin d’assurer une fluidité du trafic dans la capitale, une partie des rues Mgr Gonin, Sir Virgil Naz, Lislet Geoffroy et Suffren seront à sens unique dans l’après-midi du 12 mars.

Programme de la visite d’Andry Rajoelina

Dimanche 10 mars à 15h45 : Arrivée du président malgache à l’aéroport de Plaisance.
Lundi 11 mars à 9h00: Pravind Jugnauth sera au collège Royal de Curepipe comme invité d’honneur pour la cérémonie du lever du drapeau. À 10h, le Premier ministre rencontrera Andy Rajoelina lors d’un tête-à-tête et une session de travail suivi d’un échange de Memorandum of Understanding. À 18h, un banquet  sera offert en l’honneur du président malgache.
Mardi 12 mars de 17h15 à 21h : Les célébrations de la fête nationale au Champ de Mars.
Mercredi 13 mars à 9h : Un Business Forum organisé par l’Economic Development Board. Le président malgache quitte le pays à 14h.

Nuur-Uddin Jandanee et Rahim Murtuza

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