Le rapport d’enquête sur les allégations de fraude au sein de l’Islamic Cultural Centre (ICC) a été rendu public, confirmant des irrégularités sérieuses dans la gestion de l’institution et dans le processus d’octroi de visas pour le Hadj. Le ministre des Arts et de la Culture, Mahendra Gondeea à qui revient la tutelle de l’ICC, revient sur ses premières impressions, les mesures déjà prises et les réformes envisagées.
Le rapport d’enquête sur les allégations de fraude au sein de l’ICC a été rendu public. Quelle a été votre première réaction à ses conclusions ?
J’avais promis la transparence dans tout ce qui touche à mon ministère. Depuis le début, j’avais pris l’engagement qu’un rapport serait établi sur l’Islamic Cultural Centre, concernant les allégations de fraude qui remontent à plusieurs années. Aujourd’hui, je peux dire haut et fort que j’ai tenu parole. J’ai eu le courage, en tant que ministre concerné, de demander à mes officiers de mener une enquête approfondie à la demande du Cabinet, notamment sur les cas de fraude relatifs à l’obtention de visas et sur les noms de personnes non enregistrées qui ont pourtant pu obtenir un visa.
Cela vous surprend-il ?
Lorsque j’ai pris connaissance des conclusions du rapport préparé par les officiers de mon ministère, j’ai été choqué par l’ampleur des fraudes mises en évidence. Mes officiers ont mené un travail colossal, minutieux et très exigeant. Ils ont pris le temps d’analyser chaque dossier, chaque document, chaque correspondance. Je sais que certains, sur les réseaux sociaux, s’amusaient à nous critiquer pour le temps pris à produire ce rapport. Mais la vérité, c’est que mes équipes ont accompli un travail remarquable, exténuant, mais nécessaire. Je tiens à remercier sincèrement tous mes officiers pour leur dévouement et leur rigueur.
Après la publication du rapport, quelles ont été les premières actions entreprises ?
Le rapport a été déposé sur la table du Conseil des ministres. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, ainsi que le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, en ont pris acte. Tous les ministres présents ont également reçu une copie du rapport. La première décision que j’ai prise a été de suspendre le directeur de l’ICC, le Hajj Officer ainsi que le chauffeur qui agissait comme clerk. Le conseil d’administration de l’ICC a recommandé la mise sur pied d’un comité disciplinaire présidé par un Senior Counsel. Nous attendons désormais les conclusions de ce comité pour déterminer la marche à suivre. Mais une chose est claire : je serai sans pitié envers quiconque sera reconnu coupable.
Le Board de l’ICC sera-t-il maintenu ou remanié à la suite des révélations du rapport ?
Tout dépendra des conclusions du comité disciplinaire, une fois que toutes les personnes concernées auront été entendues. Permettez-moi cependant de souligner que deux nouveaux membres ont été nommés, en l’occurrence M. Abdus Saboor Mohamed Saleh et M. Hisham Rojoa, qui interviendront comme consultants. Leur expertise contribuera, j’en suis convaincu, à restaurer la crédibilité et la bonne gouvernance au sein de l’institution.
«Le problème des visas ne date pas d’hier»
Une réforme de la gouvernance de l’ICC est-elle envisagée pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à l’avenir ?
C’est déjà en bonne voie. L’enregistrement des pèlerins se fait désormais en ligne. Personne ne peut avoir accès à la liste : elle est sécurisée et gérée par une équipe de professionnels. Ce système est pratiquement impénétrable. Quant à l’octroi des visas, chaque personne inscrite saura exactement quand viendra son tour. Je garantis que dorénavant, tout se fera dans la transparence et de manière professionnelle.
C’est d’ailleurs dans cette optique que le Cabinet a approuvé la nomination de Shakeel Mohamed comme ministre responsable du Hadj. Il fait un excellent travail, en étroite collaboration avec les autres ministres, les Junior Ministers et les députés. Nous nous réunissons régulièrement pour suivre l’avancement des préparatifs du Hadj 2026.
Avez-vous le soutien du Cabinet pour remettre de l’ordre au sein de l’ICC et sur le dossier Hadj ?
Bien sûr que oui. J’ai le soutien total du Premier ministre, du DPM, de Shakeel Mohamed, de Reza Uteem, d’Aadil Ameer Meea, d’Osman Mahomed et de tous les députés. Il est important que la population comprenne que le problème des visas ne date pas d’hier. L’ancien gouvernement a une grande part de responsabilité pour avoir laissé cette situation pourrir. Souvenez-vous du Hadj 2023, lorsque des agents politiques liés à un ministre faisaient partie de la mission du Hadj et que leurs proches avaient obtenu des visas. Nous avons décidé de rompre avec ces pratiques et de restaurer la confiance.
Peut-on s’attendre à un nouveau départ pour l’ICC ?
Avec la nomination de M. Saleh et de M. Rojoa, je suis convaincu que l’ICC connaîtra des jours meilleurs. J’ai pleinement confiance en la rigueur et le professionnalisme de Shakeel Mohamed. Ensemble, nous allons redonner à cette institution ses lettres de noblesse et rétablir son image auprès du public.
Pouvez-vous garantir que ce dossier ne sera pas enterré et qu’il y aura un véritable suivi jusqu’à ce que toute la lumière soit faite ?
Si ti ena pou toufe zafer la, mo pa ti pou dimann fer enn lenket. Maintenant que le rapport est rendu public et qu’un comité disciplinaire est en place, je donne ma garantie : toute la lumière sera faite. Aucun dossier ne dormira dans un tiroir. Nous sommes un gouvernement qui prône la transparence, la justice et l’équité. Ceux qui me connaissent savent que I mean business, et personne ne sera épargné s’il est reconnu coupable.
Lors de sa conférence de presse, le Chairman par intérim, Shamad Ayoob Saab, a évoqué un manque cruel de personnel à l’ICC. Votre ministère compte-t-il y remédier ?
J’ai bien pris note de cette situation et je travaille déjà dessus. J’ai obtenu l’approbation du ministère des Finances pour recruter le personnel nécessaire. En attendant, quatre employés de mon ministère ont été affectés temporairement à l’ICC pour pallier le manque de main-d’œuvre.
Le mot de la fin…
Le temps de la complaisance est terminé. La publication du rapport sur les fraudes au sein de l’ICC marque le début d’une ère de rigueur et de transparence. Entre réformes administratives, digitalisation des processus et enquêtes disciplinaires, le gouvernement entend redonner à l’Islamic Cultural Centre la crédibilité qu’il mérite — et garantir aux futurs pèlerins du Hadj un encadrement juste, professionnel et intègre.
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