Pour son premier Ramadan en Égypte en tant qu’ambassadeur de Maurice, Reza Gunny découvre une expérience bien au-delà du simple jeûne. Arrivé au Caire en novembre 2025, il vit en 2026 une immersion totale dans un mois sacré où spiritualité, culture et vie sociale s’entremêlent intensément.
Dans son témoignage, le diplomate souligne que le Ramadan en Égypte dépasse largement le cadre religieux. Il s’impose comme un véritable phénomène de société, transformant les rythmes de vie, les habitudes quotidiennes et même le visage des villes. Très vite, il réalise que ce mois sacré se vit collectivement, avec une intensité particulière qui marque durablement les esprits.
Préparation à l’avance
L’une des premières observations de Reza Gunny concerne l’anticipation de Ramadan. En Égypte, les préparatifs commencent deux à trois semaines avant le début du mois. Cette période est déjà une forme de célébration, marquée par une effervescence visible dans les marchés et les centres commerciaux.
Les familles s’organisent, les achats se multiplient, et les quartiers se métamorphosent. Les décorations occupent une place centrale : guirlandes lumineuses, ornements colorés et surtout les célèbres lanternes traditionnelles. Présentes partout, elles illuminent rues, façades et balcons, apportant une atmosphère festive et chaleureuse. Ces lanternes ne sont pas de simples objets décoratifs : elles incarnent une tradition profondément ancrée dans la culture égyptienne.
Un pays qui change de rythme
Avec le début de Ramadan, c’est toute l’Égypte qui adopte un nouveau tempo. Les journées deviennent plus calmes, les horaires de travail et d’école sont allégés, tandis que les activités nocturnes prennent une importance accrue.
« À l’approche de l’iftar, la ville s’anime brusquement. Le trafic s’intensifie, chacun cherchant à rejoindre son domicile à temps pour rompre le jeûne en famille », raconte Reza Gunny. Cette priorité accordée aux proches met en évidence l’importance des liens familiaux durant cette période.
Le moment de la rupture du jeûne est d’ailleurs chargé d’une forte symbolique. Il est marqué par une tradition emblématique : le canon de l’iftar. Au coucher du soleil, son retentissement annonce simultanément à toute la population qu’il est temps de manger. Ce rituel collectif donne à l’instant une dimension solennelle et fédératrice.
Un jeûne facilité par le climat
Reza Gunny souligne également un aspect plus pratique de son expérience : les conditions climatiques. Ramadan coïncidant cette année avec l’hiver en Égypte, les journées sont plus courtes et les températures plus fraîches.
« Ces conditions rendent le jeûne moins éprouvant, notamment en réduisant la durée d’abstinence et en atténuant la sensation de soif », souligne-t-il. Pour l’ambassadeur, cet élément contribue à rendre l’expérience plus accessible et agréable, tout en permettant de mieux se concentrer sur la dimension spirituelle du mois.
La générosité au cœur du mois béni
Au-delà des traditions visibles, c’est l’esprit de solidarité qui marque profondément le diplomate. Il évoque les « Mawaed Al-Rahman », ces grandes tables de charité installées dans les rues pour offrir gratuitement des repas aux personnes dans le besoin.
Cette pratique, largement répandue, illustre une générosité collective profondément enracinée. Elle ne relève pas uniquement de l’initiative individuelle, mais s’inscrit dans une véritable culture du partage. À travers ces gestes, les valeurs fondamentales du Ramadan — compassion, entraide et empathie — prennent une forme concrète et visible.
Saveurs d’Égypte, du suhoor à l’iftar
La gastronomie occupe également une place importante dans le vécu de Reza Gunny. Il découvre les spécialités qui rythment les repas du Ramadan, du suhoor à l’iftar.
Parmi les plats emblématiques, il cite le foul, les soupes et les koftas, ainsi que des desserts traditionnels comme la kunafa et la basbousa. Ces mets ne sont pas seulement des plaisirs culinaires : ils participent à la convivialité et à la transmission des traditions. À travers la cuisine, c’est toute une culture qui s’exprime et se partage au sein des familles.
Reza Gunny ajoute : « Le coucher du soleil est annoncé par le son d’un canon qui marque le début de l’iftar communautaire partagé entre la famille et les amis. »
Quand la nuit fait vibrer Le Caire
C’est cependant après l’iftar que le Ramadan égyptien révèle toute sa singularité. La nuit devient un moment central, où la ville s’anime pleinement.
Les mosquées accueillent les fidèles pour les prières de taraweeh, vécues comme des moments de recueillement intense et de communion spirituelle. Dans certains lieux emblématiques, ces prières prennent une dimension particulièrement marquante.
Parallèlement, la vie sociale se poursuit dans les rues. Les restaurants restent ouverts tard, les familles et les amis se retrouvent, et les discussions se prolongent jusqu’au suhoor. Certains quartiers deviennent de véritables centres d’animation nocturne, offrant une atmosphère festive et chaleureuse. Le Caire apparaît ainsi comme une ville qui ne dort presque pas durant Ramadan.
Une leçon de vie
À travers son témoignage, Reza Gunny propose bien plus qu’une simple description. Il met en lumière la manière dont le Ramadan structure la société égyptienne, renforce les liens sociaux et donne un sens particulier au quotidien.
En conclusion, il souligne que « l’essence du Ramadan dépasse largement les trente jours du mois sacré ». Il y voit une source d’inspiration durable, invitant chacun à prolonger dans sa vie les valeurs de patience, de compassion et de solidarité.
Son message se termine par des vœux adressés aux Mauriciens pour un Eid placé sous le signe de la paix, de l’unité et du partage.
Ainsi, au-delà des lanternes, des repas et des prières, ce premier Ramadan en Égypte représente pour lui une véritable leçon de vie, à la fois personnelle et universelle.
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