lundi , 28 septembre 2020
2020 - 2019

Enseignements d’un hadj inédit

Le hadj précède l’avènement du dernier Messager de Dieu (paix soit sur lui). Environ quatre mille années se sont écoulées depuis l’appel d’Abraham à l’humanité pour accomplir le hadj. Répondre présent pour adorer Dieu, intimement mais ensemble, dans l’endroit et pendant les jours les plus sacrés qui soient. Certes, au fil des siècles, il y a eu des occasions où le hadj a été affecté par les bouleversements de l’époque, mais ce que nous vivons est sans précédent.

D’abord, il n’y a aucun pèlerin venant hors de la péninsule arabique alors que le Coran affirme qu’ «ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné» Ensuite pour cause de pandémie, un seul Miqat, Qarn al Manazel, le lieu où le hadj commencera, avec les pèlerins déclarant leur intention et les hommes arborant les deux morceaux de toile blancs non-cousus.

Les jours précédents le hadj, comme les jours suivants, seront aussi des jours de quarantaine pour les mille à dix mille personnes venant de plus de cent pays, tous résidant déjà en Arabie et la plupart n’ayant jamais accompli le hadj. A priori, ils sont tous négatifs à la COVID-19 et devront observer des mesures sanitaires très strictes durant tout le hadj.

1. Nous sommes habitués à accomplir le hadj peu après la complétion de l’umrah, les deux séparés par plusieurs jours que nous passons à la Mecque (hajj-al-tamatu). Cette fois-ci, cela n’est pas possible et nous voyons les pèlerins accomplir le hadj-ifrad ou le hadj-qiran, démarrant avec le tawaaf dit ‘qoudoum’ directement. La leçon que nous retenons est la flexibilité de la loi et la jurisprudence islamique, qui offre toujours une solution dans le sens de facilité comme dans le cas du hadj cette année.

2. Et aussi se dire que beaucoup parmi nous ont cru qu’il suffit de décider d’aller ‘lire’ le hadj pour que ce soit accompli. Jusqu’à croire que ce sera certainement accepté comme si Dieu nous le doit. Mais la vérité est que nous avons besoin de Dieu, et non le contraire. Comme Dieu l’affirme :

«…Ô Mes serviteurs, même si le premier et le dernier d’entre vous, les hommes et les djinns, étaient aussi pieux que le cœur le plus pieux des hommes, cela n’ajouterai rien à Mon royaume.

Ô Mes serviteurs, même si le premier et le dernier d’entre vous, les hommes et les djinns, étaient aussi pervers que le cœur le plus pervers des hommes, cela ne retirerait rien à Mon royaume.

Ô Mes serviteurs, même si le premier et le dernier d’entre vous, hommes et djinns, se rassemblaient en un endroit et Me demandaient, et que Je satisfasse la demande de chacun, cela ne diminuerait pas ce que Je possède, pas plus que ne diminue la mer quand on y trempe une aiguille ».

3. Autre leçon est le fait que le hadj était devenu un business dans le sens péjoratif du terme. Au-delà des douze milliards de dollar annuellement que le hadj et l’umrah rapportaient à l’Arabie saoudite, même jusqu’ici à Maurice, mais partout ailleurs aussi, il y avait des abus de toutes sortes. Le tourisme spirituel avait pris la place de l’adoration de Dieu.

Le post-COVID-19 doit nous ramener à l’essentiel et nous permettre de laisser derrière le superflu. Renouer avec la tradition d’Abraham, avec la conviction et l’effort de Hajra, avec la simplicité pure de hadj du Messager de Dieu (paix soit sur lui). Les quelques milliers de pèlerins qui y sont cette année ont une lourde responsabilité. Porter seuls, et ensemble, toutes nos prières à Arafat, alors que dans le passé ils étaient des millions à le faire.

4. Finalement, Dieu a voulu que ceux qui n’accomplissent pas le hadj soient aussi engagés pendant ces jours, là où ils se trouvent, dans l’adoration de Dieu de manière intense. Nombreux jeûneront, surtout le jour d’Arafat. Il n’existe aucun jour où Dieu épargne Ses serviteurs comme ce jour-là. Il pardonne leurs péchés, une année avant et une après, parmi ceux qui jeûnent. Il y aussi le sacrifice d’Abraham. Etant COVID-safe, Dieu merci, notre pays est mieux à même de l’abriter qu’ailleurs où la pandémie est en progression. Et aussi nous multiplions le rappel de Dieu par maintes invocations comme après chaque prière. Pour culminer avec la célébration de l’Eid-ul-Adha. Ne devrions-nous pas être infiniment reconnaissants à Dieu de pouvoir nous rendre au namaz Eid, de pouvoir se congratuler, de pouvoir célébrer en communauté dignement notre fête ?

Pour l’Eid-ul-Fitr et le mois du Ramadan, nous avions connu une toute autre épreuve, très difficile pour beaucoup pendant le confinement. D’autres ont perdu des êtres proches ou ont des problèmes, financiers et autres. Nous souffrons toujours en voyant ce qui se passe ailleurs dans le monde. Et l’angoisse peut nous accaparer en songeant à notre avenir. Mais si le sourire n’est pas au rendez-vous, au moins que notre cœur retrouve en ces jours de l’Eid-ul-Adha la paix en Dieu. Et partageons-la avec ceux autour de nous.

Que Dieu accepte nos bonnes actions, nous pardonne nos péchés, nous bénisse et exauce nos vœux les plus chers.

Après ces jours sacrés du mois de Dhul Hijjah, le hadj de l’ère COVID-19 et la fête de Bakrid, relevons-nous avec une détermination retrouvée pour faire face aux défis qui nous attendent, notre confiance absolue en Dieu.

Eid Mubarak

Par DR KHALIL ELAHEE

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