samedi , 21 septembre 2019
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Sameeha Monaff

Les conseils de Sameeha Monaff : comment vivre avec une maladie chronique

Il est vraiment pénible de vivre avec une maladie chronique ou voir son enfant souffrir d’une maladie incurable. Pour accepter cette réalité, il faut non seulement faire preuve de courage, mais aussi il faut avoir un bon état esprit. Associate Lecturer en psychologie à la Middlesex University Mauritius, Sameeha Monaff nous livre quelques conseils sur la manière de mieux vivre avec une maladie.

Être diagnostiqué avec une maladie chronique, comme le diabète, le cancer ou l’arthrite peut être un coup dur pour un individu. C’est difficile de gérer ses émotions et c’est à ce moment précis que nous avons besoin de quelqu’un qui peut nous comprendre et nous aider à mieux gérer les choses.

La Health Psychologist, Sameeha Monaff, explique que souffrir d’une maladie chronique peut être si douloureux que cela peut devenir une source de stress et de dépression chez la plupart des personnes après le diagnostic.

« L’incertitude des résultats du traitement ou de l’avenir entraîne des sentiments de stress, d’anxiété et de dépression chez la plupart des gens. Certaines formes de limitations physiques ou d’incapacités, telles qu’une fatigue extrême ou parfois une douleur, accompagnent souvent des conditions chroniques. Cela peut inciter les gens à se sentir impuissants et à nourir des sentiments d’inutilité, car ils se retrouvent dès lors incapables de faire certaines choses comme avant», relate-t-elle.

Elle explique que souvent, les sentiments d’infériorité, de stress, de dépression et d’émotions négatives, notamment la frustration, la culpabilité, la colère ou la peur affectent le bien-être de l’individu. Il est donc important de savoir gérer de telles émotions, car la prise de médicaments à elle seule ne suffit pas pour guérir la personne à long terme. Le moral compte aussi, dit-elle.


Gérer psychologiquement une maladie chronique

maladie chroniqueSameeha Monaff souligne que la colère est un sentiment normal quand une personne vit avec une maladie chronique. Elle explique que la personne qui souffre est fâchée contre la vie, son propre corps et ses limites. « Il est normal de ressentir cela. Cependant, la colère peut être malsaine lorsqu’elle gêne le traitement ou lorsqu’elle est dirigée contre une personne ou un membre de la famille qui peut lui causer un préjudice », ajoute-t-elle. Dans ce cas précis, elle avance que la personne est encouragée à en savoir plus sur sa maladie et à participer activement au traitement. « La connaissance les responsabilise et leur donne le sentiment de contrôler certains aspects de leur vie. Parler à des personnes qui ont vécu des frustrations similaires peut également aider à faire face à la colère », dit-elle.

Notre interlocutrice recommande aussi aux personnes souffrant de maladie chronique d’intégrer des groupes de soutien, de lire les blogs ou même de participer à des discussions en ligne pour exprimer leurs préoccupations, se sentir acceptées et comprises. La psychologue conseille aussi aux malades de s’entourer de sa famille ou de ses amis. Dire à ces derniers son état d’esprit peut atténuer le stress et la colère. « De plus, obtenir de l’aide professionnelle est important pour aider les gens à gérer leurs sentiments négatifs qui sont susceptibles d’avoir un impact sur les relations primaires. Très souvent, la personne, une fois diagnostiquée,  se demande ‘Pourquoi moi ?’ Un thérapeute peut aider la personne à accepter sa maladie et à trouver des stratégies pour limiter les restrictions afin qu’elle puisse mener une vie aussi normale que possible », fait-elle ressortir.


Les parents qui ont un enfant malade

maladie chroniqueLa situation est très dure pour les parents qui ont des enfants malades. Selon Sameeha Monaff, de nombreux parents se sentent également coupables et se blâment pour la condition de leur enfant. Par conséquent, ils sont plus susceptibles d’adopter des comportements de protection et de surveillance excessifs, tels que restreindre toutes les activités ou certains aliments, comme les glaces, souligne-t-elle.

Souvent, une telle attitude au lieu d’aider, rend plus difficile l’adaptation et l’acceptation des enfants. « Il est important que l’enfant ait une vie aussi normale, tout en respectant les limites définies par les professionnels de la santé. Par conséquent, les parents doivent impliquer leur enfant autant que possible dans les discussions relatives à sa santé, l’encourager à développer des stratégies d’adaptation et des compétences en matière de soins personnels et l’apprendre à  gérer ses propres besoins en matière de traitements », dit-elle.

Elle déplore le fait que les enfants atteints de maladies chroniques ont souvent du mal à se concentrer à l’école, sont victimes d’intimidation ou sont isolés, car ils se sentent « différents » de leurs camarades. Elle demande donc aux parents de leur donner le soutien nécessaire et de dialoguer régulièrement avec les enfants.

Parcours de Sameeha Monaff

Sameeha Monaff n’est pas seulement chargée de cours au Middlesex University Mauritius, mais elle est aussi une psychologue de la santé affiliée à la British Psychological Society. Elle a décroché ses diplômes en psychologie à l’Université Middlesex de Maurice et sa maîtrise à l’Université de Bath, au Royaume-Uni. Elle a été toujours fascinée par la psychologie, sur la manière dont les gens pensent, comment et pourquoi ils réagissent à une situation d’une telle ou telle manière. Cependant, son intérêt pour la psychologie de la santé a commencé quand elle est tombée sur un article dédié à la solitude et la maladie physique paru dans un magazine, il y a quatre ans de cela. « Je me souviens d’avoir été surprise et d’avoir réfléchi à la manière dont des facteurs émotionnels, mentaux ou sociaux pouvaient influencer les gens qui tombaient malades. Je savais alors que je voulais en savoir plus à ce sujet », dit-elle.

Avant de rejoindre le monde universitaire à Maurice, Sameeha Monaff a travaillé avec des adolescents souffrant de maladies chroniques dans un hôpital du Royaume-Uni. Aux côtés de médecins, de psychologues et d’ergothérapeutes, elle a élaboré des plans de traitement et de gestion holistique pour les adolescents et la cellule familiale dans son ensemble. Avec l’équipe, elle a également organisé des séances de prise de conscience et de conseil basées sur la thérapie d’acceptation et d’engagement. « J’ai également participé à des recherches sur les maladies chroniques, plus particulièrement sur la douleur chronique chez l’enfant, le fonctionnement de la famille, les relations de couple et la polyarthrite rhumatoïde. En fait, j’ai un projet de recherches en cours sur le diagnostic du cancer et les stratégies d’adaptation familiales », ajoute-t-elle.

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