Dans la petite localité paisible de Plaine-des-Papayes, un drame humain se joue loin des projecteurs. Muhammad Farhaan Ibrahim, 16 ans, un adolescent au sourire timide et aux yeux fatigués, mène depuis son premier anniversaire une bataille quotidienne contre une maladie rare qui l’empêche de vivre comme les autres jeunes de son âge. Son combat, c’est celui d’un enfant enfermé dans la douleur et la dignité — et celui d’une mère épuisée, mais déterminée à ne jamais baisser les bras.
L’histoire de Farhaan commence dès sa première année de vie. À cet âge où les bébés découvrent le monde, lui faisait déjà face à un mal que peu d’adultes supporteraient. « Kan li ti ena 1 an, li ti ena problem la selle. Dokter finn dir li ena enn maladie rectale, prolapsus. So trip pa kapav bien desan. Li res konstipé », raconte sa mère, Nousrine, 44 ans, la voix tremblante mais courageuse.
Les médecins le prennent en charge à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo avant d’être transféré plusieurs fois, à l’hôpital Victoria de Candos. « Kan li ti ena 6 ou 7 an, bann dokter etranze ti vin Moris. Zot ti dir nou bizin donn li delwil parafinn, avek letan li pou geri », ajoute-t-elle. Pendant un temps, l’espoir renaît. Farhaan recommence à aller à l’école, joue au foot avec ses camarades, et mène une vie presque normale. Mais la maladie, sournoise, n’a jamais vraiment disparu.
Un retour brutal à la souffrance
Vers le mois d’août dernier, tout bascule. Farhaan commence à ressentir de violentes douleurs au ventre. « Li ti dan toilet pré 45 minit. Li ti pe soufer boukou », raconte Nousrine. Le traitement avait été arrêté depuis ses 6 ans — faute de suivi et de moyens. Les complications s’aggravent : constipation sévère, saignements, douleurs insoutenables. « Li ti ena sa problem la depi lonten, mé kan li ti ena 11 an, li ti koumans saigner. Ban dokter ti pe dir bizin operer. »
Une première opération est réalisée, mais elle échoue. Le quotidien devient un calvaire. Pansements tous les deux jours, douleurs persistantes, perte de moral. Pourtant, dans la tourmente, Farhaan reste un élève exemplaire. Il passe son examen de Grade 6 et le réussit avec brio, malgré la maladie. Un petit miracle, selon ses proches.
Le courage d’une mère
Derrière chaque sourire de Farhaan, il y a une mère qui pleure en silence. Nousrine, mère de quatre enfants, a tout sacrifié pour son dernier-né. « Mo ti bizin kit travay pou okip li. Mo ti pran leave without pay. Mo pa kone kan mo pou kapav retourn travay. Sak fwa li al lopital, mo bizin avek li. Li pa kapav tousel, li enkor enn zenfan », soupire-t-elle.
À force de soins et d’allers-retours à l’hôpital, le découragement s’installe. La première opération échoue, la deuxième à la City Clinic apporte un léger soulagement, mais le combat est loin d’être terminé. « Dokter ti dir Welkin pou ed li. Li ti gagn ti soulazman, mé aster li fatigé. Li pa oulé swiv tretma, lin dekouraze, lin demoralize. »
Les frais médicaux s’accumulent, les dettes aussi. Le coût estimé pour une nouvelle intervention chirurgicale s’élève à Rs 602 000, une somme inatteignable pour cette famille modeste. Nousrine frappe alors à toutes les portes.
Un souffle d’espoir
Dans sa détresse, la mère prend contact avec l’organisation OMCA. « Mo finn remet dossier Farhaan a OMCA. Mo ena konfians. Zot ti dir zot pou ed mo zenfan, zot pou pran responsabilite si mo pas kapav paye », explique-t-elle avec un mince sourire.
OMCA décide effectivement de soutenir le dossier, comprenant l’urgence et la gravité du cas. L’objectif est de permettre à Farhaan de bénéficier enfin d’une opération spécialisée qui pourrait lui offrir une vie plus digne. Les démarches sont en cours, mais les jours passent et la santé du jeune garçon décline.
Un adolescent prisonnier de son corps
Aujourd’hui, Farhaan n’est plus l’enfant rieur qu’il était. Le poids des années de souffrance a éteint peu à peu sa joie de vivre. « Li finn grandi, li ena 16 an aster. Li ti enn zoli ti garçon. Li ti kontan al lekol, fer sport, mé li pa kapav viv normal kouma lezot », poursuit sa mère.
En effet, les douleurs l’empêchent de se concentrer, les traitements lourds l’isolent de ses camarades. Pourtant, il garde un rêve : devenir infirmier, « pou ed bann dimounn ki soufer kouma li ».
Chaque jour, Nousrine prie pour que son fils retrouve la santé. Elle reste à son chevet, essuie ses larmes, prépare ses médicaments, et s’accroche à l’espoir fragile d’un avenir meilleur.
Un appel à la solidarité
Ce drame humain dépasse le simple cadre médical. Il raconte l’histoire d’une mère seule face à la maladie de son fils, face à un système de santé qui, parfois, échappe aux plus vulnérables.
Aujourd’hui, Nousrine lance un appel à la générosité. Elle espère que des âmes charitables, des associations, ou des bienfaiteurs se mobiliseront pour aider son fils à retrouver une vie normale. « Mo pa diman mirak, mo diman zis la chance pou li viv san soufrans. »
Un traitement vital à Delhi
L’appel à l’aide a été officiellement lancé par l’OMCA Foundation (Overseas Medical Care Assistance Foundation), qui certifie le plan de traitement et tente de réunir les fonds nécessaires pour offrir une chance de guérison à Muhammad Farhaan Ibrahim.
Après une série d’évaluations médicales, le diagnostic est tombé : l’adolescent souffre d’un cas de prolapsus rectal à épaisseur totale. Son traitement, approuvé par le Dr Hitesh Gupta de la Signature Hospital à Delhi, comprend une évaluation médicale suivie d’une chirurgie reconstructive.
Le coût total de l’opération et des soins est estimé à Rs 602 000, comprenant :
- L’évaluation médicale : Rs 23 000
- La chirurgie : Rs 299 000
- L’hébergement et les repas pendant 30 jours : Rs 90 000
- Les billets d’avion : Rs 90 000
- Les imprévus : Rs 100 000
Vous pouvez verser vos donations, y compris la Zakât, à la MBC au numéro de compte 000 450 249 360 (référence : Farhaan).
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