jeudi , 19 septembre 2019
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Nashila

Agression mortelle de Raffick Mamode Mauntah – Nashila : «Zotte fine batte mo papa couma zanimo»

Un banal accident de la route à la rue Bonnefin, à Pailles, dans l’après-midi du mardi 26 février a viré au drame avec l’agression mortelle de Raffick Mamode Mauntah (62 ans). Ce dernier  était venu porter secours à sa fille Nashila qui se faisait agresser par un dénommé Salman Neeamuth, un habitant de la région.

Raffick Mauntah, chauffeur de taxi, avait laissé son téléphone cellulaire à la maison et avait demandé à Nashila, sa benjamine, de venir déposer son téléphone à Bagatelle. À la rue Bonnefin, Nashila, a effleuré les roues d’une motocyclette dont le conducteur lui avait donné priorité à une intersection. Alors que Nashila est sortie de sa voiture pour un constat, le motocycliste s’est jeté à terre. Quelques minutes après alors qu’un embouteillage s’est créé, Raffick Mauntah appelle sa fille sur le cellulaire d’un client pour lui demander où elle se trouvait.

« Mon père voulait savoir pourquoi  je prenais tant de temps. Je lui ai dit que j’avais fait un accident. Il m’a dit de garder mon calme, de ne pas paniquer et qu’il était en route pour me rejoindre », nous raconte-t-elle.

De son côté, le motocycliste qui s’était jeté à terre lui a dit qu’il ne pouvait plus bouger. Il a appelé son fils qui accouru sur le lieu. « Il a commencé à m’injurier à haute voix et il m’a dit que je mentais car c’était moi qui avait heurté son père. Je me suis réfugiée dans ma voiture et il m’a frappée. Il était hors de lui et voulait confisquer la clef de ma voiture. Il donnait des coups de poing de toutes ses forces sur ma voiture », ajoute-t-elle. Au même moment, Raffick Mauntah est arrivé et s’est dirigé vers la voiture de sa fille. « Mon père a dit au jeune homme :‘ki to pe gagner avec mo ti-fille ?’ », poursuit Nashila. Le jeune homme, qui est costaud, a bousculé Raffick Mauntah et l’a appuyé contre un camion.

« Linn batte mo papa plusieurs coups de poing lors so le coeur. Ene so camarade finn trappe mo papa so la main et li continuer tappe coups de poing », laisse entendre Nashila qui indique aussi qu’elle était sous le choc et que les badauds présents ne sont pas intervenus pour empêcher l’agression.

« Zotte fine batte mo papa couma zanimo et mo papa ki ene patient cardiaque pas ti pe capave respirer. Li ti pe tomber et mo Kala finn donne li boire de l’eau. Li pas capave boire, so li yeux fine viré et so la bouche fine vire travers », poursuit Nashila.  Un instant après son père est mort sous ses yeux. «Mo papa pas fine capave dire moi narien et li fine mort devant moi », nous dit-elle en larmes. Transporté à l’hôpital Dr A.G. Jeetoo par la police, son décès a été certifié. L’autopsie à attribué le décès à une insuffisance coronaire.

Pendant ce temps, le dénommé Salman a changé de t-shirt et est retourné sur place. « Li dire moi si to papa pencore mort, mo pou alle touye li l’hôpital et mo pou vine touye toi après », nous dit encore Nashila. Arrêté dans la soirée, Salman été conduit au poste de police de Line Barracks afin d’éviter toute tension dans la région. Les funérailles de Raffick Mauntah ont eu lieu mercredi matin et il a été inhumé au cimetière de Pailles.

Nashila raconte son père

Chez les Mauntah à Pailles, le temps s’est arrêté. Un silence profond brisé par des sanglots rend l’atmosphère lourde. Nashila et sa mère, Rooksana, sont assises dans le salon. Les mots leur manquent pour nous parler de Raffick, qui était un homme très jovial. Il vivait pour son épouse, ses deux filles, Nafeesa et Nashila, et ses deux petites-filles, Sanyah,et Sadiyah. Rooksana et lui allaient bientôt célébrer leurs 40 ans de vie commune.

Nashila nous dit que son père était épris de justice et faisait tout pour rendre sa famille heureuse. Vers 15h, le jour du drame, son père avait acheté des gâteaux pour toute la famille.  Elle se souviendra de lui le jour de l’Eid-ul-Fitr car  il partait très tôt à la mosquée et retournait avec un sac de samoussas pour ses enfants.

Nashila raconte que son père était tres proche d’elle. Il avait acheté une voiture et chaque matin il déposait sa fille au travail et durant la journée il passait prendre de ses nouvelles. Même quand il buvait un verre d’eau, il laissait tout le temps une gorgée pour elle.

« Mon papa adorait ses deux petites-filles Sanyah et Sadiyah qui était la prunelle de ses yeux. Il pouvait donner sa vie pour sa famille. », nous confie-t-elle. Maintenant qu’il est mort dans des circonstances dramatiques, elle réclame justice. « Si le meurtrier échappe à la justice des hommes et n’est pas sévèrement puni,  il aura le châtiment qu’il mérite devant le tribunal d’Allah », lance-t-elle. « Raffick pas mérite sa qualité la mort-là. Allah pou juge zotte et zotte pas pou vive en paix», enchaîne Rooksana.

Elle nous apprend aussi que 40 ans durant, Raffick a été un bon époux.  « Li ti ene bon papa pou so zenfants . Zotte fine prend la vie ène dimoune ki ti pe faire so famille vive heureux .Nous pou manque li boucoup », dit-elle. Raffick était un homme très populaire et avait beaucoup d’amis de toutes les communautés.

La famille Mauntah remercie tous ceux qui ont sympathisé avec elle dans ces moments difficiles et prie qu’Allah accorde au défunt  le Jannat-ul-Firdaus.

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