Monday , 30 March 2026
Syed Zahid Raza

Syed Zahid Raza, haut-commissaire pakistanais à Maurice : «Le Pakistan est une terre au potentiel immense»

Pour le Haut-commissaire du Pakistan à Maurice, les relations entre les deux pays doivent désormais franchir un nouveau cap. Au-delà de la cordialité diplomatique, il plaide pour une coopération plus dense dans le commerce, l’éducation, la culture, la technologie et les échanges humains.

Les relations entre Maurice et le Pakistan ne manquent ni de profondeur historique ni de chaleur diplomatique. Mais pour S.E. Syed Zahid Raza, Haut-commissaire du Pakistan à Maurice, « l’heure est venue de passer à une autre vitesse ». « Maurice et le Pakistan partagent une relation aussi historique que cordiale depuis 1968 », rappelle-t-il d’emblée. Aujourd’hui, estime-t-il, cette relation entre dans « une phase de transition active ». En d’autres termes, il ne s’agit plus seulement d’entretenir une amitié diplomatique, mais de lui donner une portée plus concrète. « Nous avons dépassé le stade de la diplomatie traditionnelle pour entrer dans une phase de coopération structurelle approfondie », affirme-t-il.

Une relation à renforcer

Si la compréhension politique entre les deux pays est, selon lui, excellente, le prochain défi se situe ailleurs. « La prochaine frontière est sans aucun doute la synergie économique et maritime », dit-il. Le Haut-commissaire explique que les efforts portent actuellement sur « la revitalisation de nos cadres commerciaux » ainsi que sur l’exploration de « l’économie bleue », un domaine qu’il juge naturel pour deux pays riverains de l’océan Indien.

Dans sa lecture, Maurice et le Pakistan ont un intérêt commun dans « la sécurité maritime et la gestion durable des ressources ». Cette vision dépasse la seule logique bilatérale : elle inscrit aussi les deux pays dans une réflexion plus large sur leur place dans l’espace indianocéanique.

Un partenaire encore insuffisamment connu

Syed Zahid Raza estime que beaucoup de Mauriciens n’ont pas encore pleinement pris la mesure du potentiel pakistanais. Il décrit son pays comme « une terre au potentiel immense, souvent inexploité », dotée « d’un marché de plus de 240 millions de consommateurs » et « d’un secteur technologique parmi les plus dynamiques d’Asie du Sud ».

À ceux qui continueraient à associer le Pakistan uniquement au textile ou au riz, il oppose une image plus large. « Le Pakistan a évolué bien au-delà de ses exportations traditionnelles », insiste-t-il. Il cite notamment « les produits pharmaceutiques, les instruments chirurgicaux de haute qualité et les articles de sport de classe mondiale » comme autant de secteurs porteurs.

Selon lui, ces domaines ouvrent « des pistes concrètes aux entreprises mauriciennes pour diversifier leurs portefeuilles » et trouver « des partenaires fiables et de grande qualité ». À cela s’ajoute un autre pilier qu’il met fortement en avant : l’enseignement supérieur. « Nos universités de médecine et d’ingénierie offrent une formation de haut niveau à coût abordable », rappelle-t-il, soulignant que ces institutions « ont déjà formé des générations de professionnels mauriciens ».

Du tourisme aux technologies

Le diplomate veut aussi élargir la perception mauricienne du Pakistan sur le plan touristique. Il décrit son pays comme une expérience « de la montagne à la mer », allant « de côtes paisibles qui rappellent le charme de Maurice jusqu’aux sommets enneigés du Karakoram ».

Mais c’est aussi sur le terrain technologique qu’il souhaite voir émerger de nouvelles passerelles. « Nos professionnels de l’IT alimentent aujourd’hui des start-up mondiales », fait-il valoir. Il dit voir « une opportunité de premier plan pour une collaboration B2B dans la fintech et le développement logiciel ». Son ambition est claire : « aider les entrepreneurs et les étudiants mauriciens à accéder à cette main-d’œuvre hautement qualifiée ainsi qu’à notre position stratégique ».

Textile, pharmacie, halal…

Interrogé sur les domaines les plus porteurs pour les investisseurs mauriciens, Syed Zahid Raza répond sans détour : « Les secteurs les plus prometteurs sont ceux où nos forces se rejoignent. » Il cite d’abord le textile et l’habillement, qu’il considère comme « un pilier », notamment en raison de la position stratégique de Maurice et de ses accords commerciaux, « comme l’AGOA ».

Mais le Haut-commissaire se dit « particulièrement enthousiaste » au sujet des produits pharmaceutiques et du secteur halal. « Le Pakistan produit des médicaments de haute qualité à des prix compétitifs, ce qui peut réduire de manière significative les coûts de santé ici », affirme-t-il. Il évoque également « la demande à Maurice pour de la viande halal fraîche et haut de gamme ainsi que pour des produits biologiques », y voyant « un marché naturel pour des joint-ventures ».

Autre axe mis en avant : l’économie bleue. « L’aquaculture et la recherche marine sont des domaines où l’expertise mauricienne pourrait trouver une application à grande échelle le long des 1 000 kilomètres de côtes du Pakistan », dit-il.

Et pour montrer que ce rapprochement économique n’aurait rien d’inédit, il rappelle un fait peu connu : « À un certain moment, Maurice figurait parmi les dix premiers investisseurs au Pakistan, notamment dans les secteurs de l’énergie et du textile. » D’où son appel direct : « J’aimerais inviter les entreprises mauriciennes à explorer les opportunités d’investissement attractives qu’offre le Pakistan. ».

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