À seulement 12 ans, Noorshaba Jamalsha vit une enfance que peu d’adultes pourraient endurer. Cette adolescente au regard doux est née avec un lourd handicap qui l’empêche de se tenir debout et de marcher. Incapable de maintenir la position debout, elle se déplace sur ses genoux, au prix de douleurs quotidiennes et d’une grande fatigue. Malgré de nombreuses consultations médicales à Maurice, aucune solution durable ne lui a été proposée.
Dans la petite maison familiale à Camp-Le-Vieux, le combat est permanent. Ses parents, Ally et Nazima, portent la souffrance silencieuse de voir leur fille unique lutter contre un corps qui ne répond pas. « Kan nou trouv nou tifi pe grandi dan sa situation la avek tou sa difikilté la, li enn doulerr ki oken parent bizin pa resenti », confie Ally. Chaque déplacement est un effort, chaque geste une épreuve. Pourtant, malgré tout, Noorshaba garde le sourire, une énergie fragile mais lumineuse qui donne à ses parents la force de continuer.
Privée d’école, privée d’enfance
Pendant plusieurs années, Noorshaba a également été privée de scolarité. Jusqu’à l’âge de cinq ans, son handicap l’a confinée à la maison, loin des salles de classe et de la vie scolaire. En 2018, la situation avait été portée sur la place publique à travers un article publié dans ces mêmes colonnes, dénonçant cette exclusion silencieuse. L’appel avait suscité une réaction rapide.
Le ministère de l’Éducation avait alors facilité son admission à l’école Abaim, à Beau-Bassin, un établissement spécialisé pour enfants autrement capables. Pour la famille, ce fut un immense soulagement, mais aussi un constat amer : sans cette mobilisation médiatique, Noorshaba serait restée invisible.
« Dokter finn dir les li viv koumsa… »
Le parcours médical de Noorshaba est marqué par la résignation à laquelle ses parents ont souvent été confrontés. « Zamé mo tifi finn fer loperasyon. Dokter finn dir les li viv koumsa, pena solition », raconte Ally avec amertume.
Pourtant, il n’a jamais renoncé. « Zamé nou pa finn baisse lebra. Mo krwar ki enn zour mo tifi pou viv enn meyer lavi grace a Allah », dit-il. La réalité, cependant, reste douloureuse. Noorshaba regarde souvent les enfants de son âge jouer sans pouvoir les rejoindre. Parfois, elle reste dans la voiture et regarde les autres s’amuser. « Sa tristes lor so figir la brise nou leker en tan ki parent », confie sa mère.
Des soins hors de portée
Dans un dernier espoir, Ally s’est tourné vers une clinique privée. Un spécialiste y a recommandé un traitement par injections pour tenter de redresser les jambes de l’enfant. Le coût s’élevait à Rs 75 000 pour quatre injections. Après ce premier cycle, un traitement régulier tous les trois mois, évalué à Rs 150 000, était préconisé.
Superviseur dans une entreprise, Ally n’a pas les moyens de supporter de telles dépenses. Contraint d’interrompre le traitement, il parle d’un renoncement vécu comme une défaite. À cela s’ajoute la charge physique quotidienne. Le poids de Noorshaba augmente avec l’âge et ses parents doivent constamment la porter.
« Parfwa mo bizin pran li lor mo ledo pou amen li. Kan mo travay asoir, mo lever mo met li dan van lekol ek mo ale sers li parey. Mo finn mem gagne problem ner ek bizin fer tretman. Mé nou zanfan sa, nou pou sakrifie nou pou li », souligne Ally.
Des rêves plus grands que son corps
Malgré son handicap — Noorshaba est également atteinte à une main depuis sa naissance — l’adolescente rêve. Elle parle de natation, de coiffure, d’un métier qu’elle pourrait exercer plus tard. Ses parents l’encouragent, refusant d’éteindre ces rêves, même lorsque la réalité semble les contredire.
Son souhait le plus cher est cependant d’ordre spirituel. « Mo envi ale kot lakaz Allah », répétait-elle enfant. Aujourd’hui, elle rêve de voir la Kaaba, d’accomplir l’Umrah, de se rendre à La Mecque. Un rêve simple, mais inaccessible sans aide.
Une lueur d’espoir venue de l’étranger
En novembre 2025, une nouvelle perspective s’ouvre. Sur recommandation, Ally contacte l’OMCA Foundation. À Ébène, Noorshaba est examinée par un médecin, qui juge son cas encourageant. Des vidéos de ses mouvements sont envoyées à un spécialiste en Inde.
« Lekip OMCA finn get ka mo tifi rapidman, zot bien profesionel », témoigne Ally. Le lendemain, la réponse tombe : le spécialiste de Signature Hospital, à Delhi, estime que les jambes de Noorshaba présentent encore des signes de vitalité et que des examens approfondis, suivis d’interventions médicales, pourraient améliorer sa condition.
Le coût du traitement est estimé à Rs 647 600, une somme hors de portée pour la famille. Mais l’OMCA Foundation a décidé d’accompagner Noorshaba dans ce combat, offrant à cette enfant et à ses parents une lueur d’espoir là où, jusqu’ici, dominaient l’attente et la résignation.
Appel urgent à la solidarité
L’OMCA Foundation a lancé un appel à la solidarité pour aider Noorshaba à retrouver une vie normale. Pour vos dons :
- Compte à la MCB au nom d’OMCA Foundation
- Numéro de compte : 000450 747905
- IBAN : MU29MCBL0901000450747905000MUR
- Référence : Noorshaba (éligible pour contributions de Zakât)
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