Sunday , 25 January 2026

Hadj – Conformément aux nouveaux règlements saoudiens : une vingtaine de pèlerins «not medically fit»

Ce mercredi 21 janvier marque un tournant décisif pour les futurs pèlerins. Conformément aux directives imposées par les autorités de l’Arabie saoudite, ils devront se soumettre à une série d’examens médicaux obligatoires destinés à déterminer s’ils sont « médicalement et physiquement aptes » à accomplir le Hadj. Déjà une vingtaine de pèlerins ayant des comorbidités se sont désistés et vont être remplacés. D’autres cas pourront être identifiés à la suite des examens de mercredi.

Cette année plus que jamais, le Hadj ne sera pas accessible à tous. Les autorités saoudiennes ont exigé de l’ensemble des pays qu’ils procèdent à une sélection rigoureuse des pèlerins, fondée exclusivement sur des critères de santé. Seuls ceux jugés « medically and physically fit » pourront obtenir le précieux visa. La responsabilité incombe donc aux États, appelés à soumettre leurs ressortissants à une batterie d’examens médicaux approfondis (voir hors-texte). Les pèlerins qui ont plus de 65 ans doivent obligatoirement effectuer le « Covid Test ».

À Maurice, à l’issue de ce processus, un certificat d’aptitude médicale devra être délivré pour chaque pèlerin déclaré apte. Ce document sera signé conjointement par le médecin responsable, le Dr Nazeer Hosany, et le président de l’Islamic Cultural Center (ICC), Shamad Ayoob Saab.

Conditions strictes

Mais l’enjeu dépasse largement le simple cadre administratif. L’ICC est tenu à une transparence absolue et à une rigueur sans faille, les autorités saoudiennes ayant annoncé la mise en place de contrôles médicaux aléatoires à l’arrivée, notamment à l’aéroport de Djeddah. Si un examen réalisé sur place contredit le certificat délivré dans le pays d’origine, le pèlerin concerné sera immédiatement refoulé et privé de l’accomplissement du Hadj.

Plus encore, si un pèlerin venait à tomber malade sur le sol saoudien et qu’il était établi qu’il souffrait d’une maladie chronique préexistante, non déclarée ou dissimulée, il serait également exclu du pèlerinage et expulsé.

Les conséquences seraient alors lourdes. Dans de tels cas, les deux signataires du certificat médical – médecin et chairman – s’exposeraient à des sanctions sévères, incluant une interdiction d’accès à l’Arabie saoudite pour une période déterminée. Le pays concerné, lui, risquerait une réduction de son quota annuel de pèlerins, une mesure aux répercussions diplomatiques et religieuses majeures.

Pour simplifier l’exercice du mercredi 21 janvier, l’ICC a demandé au médecin de chaque groupe de faire un « screening » préliminaire de ses futurs pèlerins et d’indiquer sur le Request Form, les examens qu’ils devront effectués. « Tous les pèlerins ne seront pas soumis à un arsenal d’examens médicaux. À la rigueur, tout le monde va devoir faire le test sanguin. Mais l’électrocardiogramme (ECG) et la radiographie pulmonaire ne concerneront que des pèlerins qui ont des problèmes cardiaques ou respiratoires », explique un cadre de l’ICC à STAR.

Des maladies incompatibles avec le pèlerinage

Les autorités saoudiennes ont clairement identifié un ensemble de pathologies incompatibles avec le Hadj, sauf cas exceptionnels de maladies parfaitement stabilisées et validées médicalement.

Parmi les principales affections concernées figurent :

  • les maladies cardiaques sévères, telles que l’insuffisance cardiaque avancée ou les troubles coronariens non contrôlés ;
  • l’insuffisance rénale chronique, notamment chez les patients sous dialyse ;
  • les maladies respiratoires graves, comme les formes avancées de BPCO ou toute pathologie nécessitant une assistance respiratoire permanente ;
  • les maladies hépatiques sévères, dont la cirrhose à un stade avancé ;
  • certaines affections neurologiques ou psychiatriques, notamment les troubles cognitifs sévères, la démence ou les maladies entraînant une perte d’autonomie ;
  • les maladies infectieuses contagieuses actives, susceptibles de provoquer une propagation rapide dans un contexte de promiscuité extrême ;
  • les personnes immunodéprimées ou suivant des traitements lourds, comme certaines thérapies anticancéreuses ;
  • les grossesses à risque, en particulier à un stade avancé.

Ces restrictions visent à éviter des situations d’urgence médicale difficilement gérables sur les sites du pèlerinage.

L’autonomie physique, un critère déterminant

Au-delà des diagnostics médicaux, les autorités insistent sur un principe fondamental : le pèlerin doit être largement autonome. Une dépendance totale à un tiers, un fauteuil roulant permanent ou une assistance continue peuvent conduire à une déclaration d’inaptitude, même en l’absence de maladie grave.

Le Hadj implique, en effet, des déplacements collectifs, des temps d’attente prolongés et des rituels synchronisés qui exigent une endurance physique minimale.

L’évaluation médicale porte notamment sur la capacité à marcher sur de longues distances, à rester debout durant de longues périodes, à supporter la chaleur et à évoluer dans des environnements très fréquentés.

Une politique de prévention assumée

Ces critères stricts ne relèvent pas d’une logique d’exclusion, mais d’une politique de prévention sanitaire assumée. Les autorités saoudiennes rappellent que ces mesures visent à :

  • réduire la mortalité et les accidents médicaux pendant le Hadj ;
  • éviter la saturation des infrastructures hospitalières ;
  • protéger les pèlerins les plus vulnérables ;
  • prévenir les épidémies dans un contexte de rassemblement massif.

Les médecins des pays d’origine sont également appelés à jouer un rôle clé, en refusant toute certification de complaisance.

Les examens médicaux à effectuer

Les analyses sanguines est le cœur de tout bilan médical. Le dépistage repose également sur plusieurs examens biologiques fondamentaux.

  • HbA1c : cet indicateur mesure l’équilibre du diabète sur plusieurs mois. Un diabète mal contrôlé expose à des complications graves, notamment en cas de déshydratation ou d’effort prolongé.
  • FBC (Formule sanguine complète) : elle permet d’identifier des anémies, des infections ou des troubles hématologiques susceptibles d’altérer la résistance physique du pèlerin.
  • LFT (bilan hépatique) : cet examen évalue le fonctionnement du foie et permet de repérer des atteintes hépatiques parfois asymptomatiques mais incompatibles avec les contraintes du Hadj.
  • Urée, électrolytes et créatinine : ces paramètres renseignent sur la fonction rénale. Une insuffisance rénale, même modérée, peut s’aggraver rapidement sous l’effet de la chaleur, de la fatigue et de la déshydratation.

L’électrocardiogramme

L’électrocardiogramme (ECG) figure parmi les examens clés. Il permet de détecter des anomalies du rythme cardiaque, des signes d’ischémie ou des pathologies cardiaques parfois silencieuses.

Le Hadj implique de longues marches, des stations prolongées debout et des mouvements répétitifs dans un environnement souvent marqué par une chaleur extrême. Toute fragilité cardiaque non diagnostiquée peut ainsi se transformer en urgence vitale.

La radiographie pulmonaire

La radiographie du thorax vise à évaluer l’état des poumons et des voies respiratoires. Elle permet notamment de dépister :

  • des infections pulmonaires actives ou anciennes,
  • des séquelles de tuberculose,
  • des pathologies respiratoires chroniques avancées.

Dans un contexte de promiscuité extrême, la détection précoce de maladies respiratoires est essentielle pour limiter les risques de transmission et prévenir les détresses respiratoires pendant le pèlerinage.

Le formulaire de l’ICC prévoit également la possibilité d’ajouter d’autres examens, selon l’âge, les antécédents médicaux ou les facteurs de risque spécifiques du pèlerin.

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