lundi , 6 juillet 2020

Yussuf Abdullatiff : haut fonctionnaire, poète et écrivain

Fin intellectuel, homme cultivé, époux, père et grand-père attentionné. C’est en ces mots qu’Assad Abdullatiff décrit son père Yussuf Abdullatiff, ancien haut fonctionnaire qui est décédé, mercredi le 17 juin, à l’âge de 75 ans. STAR rend hommage à cet homme qui, malgré les nombreux défis de la vie, est resté droit, intègre, généreux et bienveillant, et qui s’est sans faille soumis à la volonté de son Créateur jusqu’au jour de son départ pour l’Au-Delà.

De ses humbles débuts comme enseignant du secondaire, Yussuf Abdullatiff a gravi les échelons « avec persévérance, dur labeur et beaucoup d’honnêteté » dans la fonction publique comme Assistant Secretary, Principal Assistant Secretary et Permanent Secretary au sein de plusieurs ministères. En 2006, il atteint le sommet de sa carrière en accédant au poste de Senior Chief Executive (SCE) au ministère de la Formation, de la Productivité et des Communications extérieures.

« Pendant cette longue carrière de fonctionnaire, sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Anerood Jugnauth, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger se sont succédés au poste de Premier ministre. Après sa retraite, il a eu un bref passage à la défunte BAI avant de prendre les rênes du Centre for Legal and Business Studies, un établissement d’enseignement supérieur privé spécialisé dans les cours de droit et de commerce. C’était un brillant intellectuel et un homme cultivé. Il avait aussi une belle plume. L’écriture était sa passion », relate son fils Assad Abdullatiff.

Un père dévoué et un modèle

Mise à part sa carrière professionnelle, Yussuf Abdullatiff était aussi un époux et un père dévoué envers sa famille. Selon Assad Abdullatiff, son père était quelqu’un pour qui la famille avait une très grande importance. « Il a toujours œuvré pour que nous ne manquions de rien. Il était un époux, un père et un grand-père attentionné. Il était quelqu’un de très jovial et il était un communicateur naturel. Il aimait le contact humain.

La tragique disparition de sa fille Jehan à l’âge de 21 ans dans un accident de la route l’avait beaucoup marqué. Mais il a tenu bon pour son entourage. Il était un modèle pour nous tous », raconte-t-il.

Ses multiples valeurs et ses qualités

Yussuf Abdullatiff était connu, par tous ceux qui l’ont côtoyé et par son entourage, pour ses qualités de gentleman et ses valeurs. « L’intégrité, le professionnalisme, l’honnêteté, la droiture, être juste, de toujours penser aux autres, l’humilité, la modestie sont parmi tant d’autres de ses qualités. C’était un homme qui a aidé beaucoup de monde dans sa vie sans espérer quoique ce soit en retour. Il a connu beaucoup de défis dans sa vie mais ne se plaignait jamais. Même quand il est tombé malade, il accepta sa maladie et ne se plaignait jamais. Il disait que c’était la volonté de Dieu et qu’il se soumettait à Sa décision », confie Assad Abdullatiff, ému.

Il laisse en effet derrière lui un grand héritage en termes de conduite de vie et de caractère. « Il restera toujours un modèle pour nous tous. Nous avons tellement appris, et nous continuerons à apprendre de lui. La famille a perdu un monument et l’île Maurice a perdu un de ses grands fils du sol. Il laisse un grand vide qui ne pourra être comblé. Mais nous chérirons tous les bons souvenirs de celui qui a été un homme exceptionnel », partage son fils.

Yussuf Abdullatiff laisse dernière lui son épouse Rajiyah, ses deux fils Saleem et Assad, ses deux belles-filles et ses quatre petits-enfants. Qu’Allah donne la force et la patience à la famille Abdullatiff d’affronter cette épreuve et qu’Il accorde Sa clémence et Sa miséricorde au défunt et lui réserve le plus haut degré du Paradis. Ameen.

Poète et écrivain

Yussuf Abdullatiff était aussi poète et écrivain. Il a plusieurs publications à son actif dont « Window on Mauritius », « Voices under my window», « Islander Poetry », « Plural Windows », « Window Destinations » ou encore « The Borderless Window » publiées entre 1989 à 2010.

Jarya Memorial Trust en hommage à sa fille

Après la mort de sa fille unique, Yussuf Abdullatiff décida de ne pas se laisser abattre par la tristesse et le chagrin. Il comprit que l’accident de la route qui avait coûté la vie à Jehan avait un sens beaucoup plus large. Il fonda ainsi le Jarya Memorial Trust et se dédie pendant des années pour une cause qui lui tenait à cœur : la prévention contre les accidents de la route et de venir en aide aux victimes et à leurs proches.

« Le Jarya Memorial Trust a été créé en hommage à sa fille, Jehan, qui perdit la vie le 18 août 2003, six jours après un tragique accident de la route. Le Trust s’intéresse aux problèmes de circulation routière et de sécurité routière et au processus de soins auxiliaires. Il a été créé pour se mettre au service de la société et atteindre les objectifs suivants : prévenir les décès et les blessures occasionnés par les accidents de la route et prendre soin des personnes blessées sur la route ou des familles endeuillées par le décès de leurs proches afin de leur permettre de se remettre le plus pleinement possible », explique Assad, qui ajoute que depuis que son père a été atteint par la maladie, le Trust a été inactif. Il avance toutefois que la famille a l’intention de le remettre en opération afin de poursuivre le travail que son père avait commencé et son engagement dans ce projet qui lui tenait tellement à cœur.

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