samedi , 15 mai 2021

Sa maison détruite par le feu – Yousouf Lallmamode : «Mo pas envie mort lor trottoir»

C’est le cri de cœur de Yousouf Mahmad Lallmamode, 58 ans, qui dort à la belle étoile après l’incendie de sa maison au début de cette année.

Il est difficile pour un humain qui vit dans un certain confort d’imaginer que l’on puisse manquer de tout. Pire même : que l’on puisse dormir sur le trottoir le ventre creux quand on sait que la maison est le symbole de la sécurité. La bicoque où il vivait a été la proie d’une violente incendie dans l’après-midi du 6 janvier 2021. Yousouf Mahmad Lallmamode était absent quand l’incendie a éclaté et à son retour, il n’avait plus rien. Depuis, le quinquagénaire s’est installé sur le trottoir et dort sur une couverture offerte par sa voisine.

Sur ce béton inhospitalier qui éreinte le corps et martyrise les os, Mahmad n’arrive pas à fermer l’oeil. Il souffre d’épilepsie et ne cache pas pour nous dire que sa vie n’a pas été un fleuve tranquille. « Dépi mo l’enfance mo pas fine conne ène la vie heureux. Mo fine tout le temps malheureux et mo regretter kan mo guette mo la vie », dit-il. Depuis l’incendie de sa maison, il passe son temps assis sur le trottoir pour attendre l’arrivée d’un bon samaritain pour l’aider à reconstruire sa maison. « Tou lézour mo pas capave atan voisine don mwa manzé. Mo bizin ale trace mo la vie pou rempli mo ventre », dit-il encore. Mahmad, sans fausse modestie, ajoute : « Dans mo la vie boucoup fois mo fine dormi sans manger et mo boire de l’eau mo dormi ». Il nous confie que depuis sa maladie, il ne peut pas travailler et il est en proie au vertige. « Mo pas honter pou dir ki mo dimann charité pou asté manger », souligne-t-il.

Une vie d’errance

Mahmad Lallmamode vivait dans une maison en tôle sur un terrain appartenant aux United Docks à la rue De Courson à côté de l’église St-Antoine. Après la séparation avec son épouse, il trouve refuge dans un go-down à Camp-Yoloff. Enfant de Plaine-Verte, il a été scolarisé jusqu’à la Form III au collège Alpha. Après avoir abandonné l’école, il accompagne son père au bord de la mer pour pécher des poissons et gagner quelques sous. Il se reconvertit en manœuvre maçon et colporteur. « Mo ti pe vanne l’hameçon et du fil nylon pou gagne mo la vie», indique-t-il. Après la séparation avec son épouse, il est chassé de la maison et même ses enfants l’abandonnent. Il erre dans les rues et gagne sa vie comme porteur à la rue Farquhar. Par la suite, il tombe malade et subit une grave opération à la tête. D’ailleurs, une longue cicatrice en est témoin. Il nous confie qu’il n’a pas droit à une pension de l’état et que la demande qu’il avait faite a été rejetée.

Changer pour le mieux

À Camp Yolloff tout le monde le connaît et il passe son temps sur le trottoir à côté de l’église St-Antoine pour attendre une âme généreuse lui offrir à manger. Il est reconnaissant envers sa voisine qui jette un coup d’œil sur lui. « Sa madame-là, Allah pou protège li tout le temps et pou ouvert so simé », déclare-t-il. Mahmad souhaite changer sa vie et vivre comme un humain et mourir dans la dignité. Il souhaite que quelqu’un l’aide à reconstruire sa maison en tôle pour qu’il puisse connaître le confort de dormir sur un matelas. « Mo pas conner combien temps Allah fine garder pou mo vivre et mo pas envie mort lor trottoir parski ena boucoup danger lors simé. Mo envie demande Allah pardon et vive dans le chemin droit ziska ki Li appelle moi cotte Li », dit-il.

Le cas de Yousouf Mahmad Lallmamode demande une attention particulière surtout qu’il souhaite mener une vie dans le chemin d’Allah. Tous ceux qui souhaitent l’aider peuvent appeler sa voisine sur le 58 11 98 73.

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