Friday , 19 July 2024
Ahmed Surally rassure qu’il n’y aura pas de pénurie de bétail pour le Qurbani.

Qurbani 2022 : Socovia reprend le monopole

  • Ahmed Surally : « Li pa dan nou lintere penalise consomater »

Face à la conjoncture actuelle, Socovia retrouve son fauteuil de monopole pour l’importation du bétail en vue du Qurbani cette année. Avec cette situation, beaucoup d’attendent à un prix nettement supérieur par rapport aux années précédentes.

Le prix du bétail en marge du Qurbani 2022 n’est pas encore connu. Mais en prenant en considération plusieurs facteurs et en écoutant les arguments de l’importateur, il est quasi certain que le prix du bétail connaîtra une hausse considérable cette année. En 2021, le prix était de Rs 151 le kilo sur pattes. Nous avons rencontré Ahmed Surally, un des directeurs de la compagnie Socovia (Belle Vue) Ltée, principal importateur de bétail à Maurice. Celui-ci confirme l’arrivée d’un navire cargo pour ce dimanche avec 2400 têtes de bétail en provenance de l’Afrique du Sud. Il y a deux semaines, une autre cargaison de 2000 bœufs, toujours en provenance de l’Afrique du Sud, est arrivée à bon port. « Tous les animaux sont en pleine forme et sont à la ferme de Socovia à St-Martin », précise-t-il.

Ahmed Surally se dit reconnaissant d’avoir pu importer plus de 4000 têtes de bétail en vue du sacrifice d’Abraham qui aura lieu dans un mois. Il explique que l’année 2022 – comparée aux années précédentes et couplée à l’impact économique de tous les pays – a été catastrophique à tous les niveaux. « La pandémie de Covid-19 a affecté la santé des humains et subséquemment l’élevage des animaux. Cette activité a connu un arrêt brutal. Heureusement que la santé des animaux n’a pas été affecté », fait ressortir l’un des directeurs. Aussi, il ajoute que la main d’œuvre en ce qui concerne l’élevage des animaux a aussi souffert de la pandémie. « Beaucoup d’éleveurs sud-africains ont délaissé leurs activités et cela a engendré une baisse dans la production. En outre, ces cinq dernières années ont été marquées par une sécheresse sévère en Afrique du Sud, ce qui a impacté le secteur de l’élevage par un manque de fourrage », avance notre interlocuteur.

Hausse du prix

Ahmed Surally, qui connaît l’Afrique du Sud et les producteurs depuis des années, dit avoir constaté que plusieurs éleveurs ont migré vers l’Australie pour des raisons économiques mais aussi de sécurité. Ce qui fait qu’il devient de plus en plus difficile à trouver du bétail pour être exporté vers Maurice. « Cela demande un véritable tour de force pour pouvoir affréter un navire cargo pour le transport du bétail », laisse-t-il entendre. Il indique que tous ces facteurs ont entraîné une augmentation du prix du bétail. En outre, l’invasion de l’Ukraine par la Russie n’a pas arrangé les choses. « La production du bétail pour la consommation est devenue plus chère. Au niveau du transport, le fret a connu une hausse considérable », soupire-t-il.

Parallèlement, le fioul qui était de 675 dollars la tonne métrique est passé à 1080 dollars et dans les jours qui viennent, il dit s’attendre à une hausse encore plus conséquente du mazout. Autres facteurs qui expliquent la hausse du bétail pour le Qurbani cette année  : le prix du fourrage pour les bêtes a triplé et le manque de main-d’œuvre qualifié dans les fermes sud-africaines. « Tout cela a contraint plusieurs éleveurs à abandonner et mettre la clé sous le paillasson », regrette Ahmed Surally. Il confie que de nombreux consommateurs demandent pourquoi Socovia ne se tourne pas vers d’autres pays africains pour l’importation des animaux au lieu de l’Afrique du Sud. Il fait comprendre que pour des raisons de sécurité sanitaire, l’importation du bétail en provenance de plusieurs pays africains est interdite et régulée par les autorités locales.

Pas de pénurie

Par ailleurs, concernant l’importation du bétail en provenance de l’Australie qui est connu comme un gros producteur de bétail, Ahmed Surally est d’avis que « le coût est exorbitant ». Aussi, dans le cadre du Qurbani, les autorités australiennes exigent que les animaux qu’ils exportent soient sacrifiés à l’abattoir pour le bien-être de l’animal et pour des questions d’hygiène. « L’Australie oblige tout les pays importateurs de bétail de veiller au respect de l’animal et aux conditions imposées par les autorités de ce pays. Elles exigent aussi un audit par rapport à toutes les conditions imposées », explique-t-il.

Cependant, à l’approche de l’Eid-ul-Adha, l’Afrique du Sud se trouve avec une demande plus conséquente et avec une quantité réduite de bétail. Ce qui engendre automatiquement une hausse du prix. Mais la compagnie Socovia, par la voix de ses directeurs, rassure les consommateurs qu’ils ont fait le nécessaire pour avoir le nombre d’animaux requis pour le Qurbani afin de ne pas pénaliser les clients, surtout que c’est une sacrifice obligatoire pour ceux qui ont les moyens. « Li pa dan nous lintere pou augmente ban prix ek penalise ban consomater », affirme Ahmed Surally. Il rappelle que cette année, plus de 4500 têtes de bétail seront disponibles pour le Qurbani. « Nou ena a cœur lintere ban consomater ek malgre ban difikilte, nou fin fer maximum pou ki zot tou kapav fer zot sakrifis », ajoute-t-il.

Le porte-parole de Socovia (Belle Vue) Ltée soutient que la compagnie a déjà essayé de minimiser les coûts à tous les niveaux afin de rendre le bétail le moins cher possible, mais que les facteurs cités sont hors de leur contrôle.

8 facteurs occasionnant la hausse du prix

1. Dépréciation de notre roupie
2. Augmentation du fret
3. Fluctuations dans le taux de change
4. Coût de production élevé des pays exportateurs
5. Baisse dans la production
6. Migration des éleveurs vers l’Australie
7. Coût du fourrage en hausse
8. Hausse du coût du transport des animaux vers la ferme

Évolution du prix depuis 2015

2015 : Rs 125/kg
2016 : Rs 129/kg
2017 : Rs 135/kg
2018 : Rs 134/kg
2019 : Rs 132.50/kg
2020 : Rs 136.50/kg
2021 : Rs 151/kg

Master Breeders Ltd

Pas d’importation de bétail pour le Qurbani 2022

Master Breeders Ltd, société importatrice de bétail à Maurice, ne sera pas en mesure de mettre sur le marché des animaux dans le cadre du Qurbani de cette année. C’est ce qu’a fait ressortir la compagnie sur sa page Facebook, vendredi. « C’est avec le cœur gros que nous informons le public et ceux qui nous suivent que Master Breeders n’importera pas de bœufs, de moutons ou de cabris pour le Qurbani 2022. Malgré tous nos efforts, nous ne pouvons qu’accepter la décision d’Allah (…) », peut-on lire sur un post.

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