vendredi , 6 décembre 2019
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bœufs

Qurbani 2020 – Yousuf Jeeva : «Des bœufs de 2 ans au minimum»

Entre 1500 et 2000. C’est le nombre de bœufs que la compagnie Agro-boss Feedlot Co. Ltd souhaite importer en marge de la prochaine fête Eid-ul-Adha. Un premier contingent de 312 bœufs est arrivé à Maurice ce lundi 30 septembre. 

D’emblée, Yousuf Jeeva, Business Development Executive et actionnaire majoritaire de la compagnie importatrice, soutient que les bœufs respecteront les critères nécessaires pour l’abattage dans le cadre de la fête Eid-ul-Adha. « Nous allons nous assurer que les animaux que nous mettrons à la disposition du public seront âgés de deux ans au minimum et qu’ils n’ont aucun handicap.

Chacun pourra aussi assister à l’exercice de pesage, s’il le souhaite, pour qu’il n’y ait pas de malentendu par la suite entourant le poids de l’animal », affirme Yousuf Jeeva. Celui-ci avance aussi que les animaux seront nourris essentiellement aux produits bios afin que la qualité de viande soit meilleure.

Dans cette même veine, Yousuf Jeeva souhaite que le transport de ces animaux dans le cadre de la fête Eid-ul-Adha se fasse dans le respect. « Nous ne voulons surtout pas que la communauté internationale nous pointe du doigt dans la manière dont nous traitons ces animaux. Cela nécessitera un travail au niveau des camionneurs », indique notre interlocuteur tout en concédant que le changement ne pourra se faire de manière drastique.

Au niveau des prix, notre interlocuteur indique que cela se fera en consultation avec le gouvernement. « C’est le ministère de l’Industrie et du Commerce qui fixe le prix. Pour le prochain Bakreid, cela devrait logiquement se faire après consultations avec les opérateurs concernés. Ces derniers devront indiquer leurs coûts. C’est après une analyse des ces coûts et des prix proposés qu’un prix favorable à toutes les parties concernées, dont les consommateurs, devra être trouvé », indique-t-il.

Produit transformé

L’Europe en ligne de mire

En sus de l’importation et de la distribution du bétail, Yousuf Jeeva souhaite aussi se lancer dans la transformation de la viande pour le marché local et international. « Nous y travaillons. Ce ne sera pas pour tout de suite mais peut-être pour l’année prochaine », a-t-il confié.

Pour y arriver, l’homme d’affaires indique que cela nécessitera un investissement de plusieurs dizaines de millions de roupies. « Le projet, tel que nous souhaitons le faire, nécessitera des investissements d’une centaine de millions de roupies. D’où mon appel au gouvernement pour que des facilités soient accordées à ceux qui veulent développer le pays, et non pas ceux qui souhaitent seulement se faire de l’argent. Nous voulons que les consommateurs soient satisfaits du produit et que cela impacte positivement sur leur budget à la fin du mois », dit-il.

312 bœufs arrivés ce lundi

bœufsC’est ce lundi 30 septembre qu’un premier contingent de 312 bœufs est arrivé à Maurice en provenance de l’Afrique du sud à bord du Cattle Carrier LSS Success (voir détails plus loin). Une fois les inspections faites par les différentes autorités compétentes, les 312 bœufs ont été transportés à St Martin où se trouve la ferme de Master Breeders Ltd, la société responsable de la distribution des bœufs. Une période de quarantaine de 14 jours devra être observée avant que les bœufs ne puissent être commercialisés.

Yousuf Jeeva parle de consolidation du marché de la distribution de bétail à Maurice. « Nous sommes là non pas pour concurrencer mais pour consolider. Notre objectif est ainsi de fournir une meilleure qualité de viande sur le marché, notamment en nourrissant les animaux à partir de produits bio », indique Yousuf Jeeva.

D’ici deux mois, notre interlocuteur indique qu’un deuxième contingent de bétail sera importé. D’ailleurs, il prévoit environ 8 voyages annuellement. « Nous sommes là pour rester. Ce n’est que le premier contingent d’animaux. L’intention est d’étendre l’importation au mouton, chèvre et tout autre animal qui soit bon pour la santé », dit-il.

Sous le signe de l’effort

071019_jeevaCe projet, avance Yousuf Jeeva, est la concrétisation d’une préparation qui a duré deux ans. Initialement, le PDG de Neel Group of Companies indique que c’est la Master Butchers Association, regroupant plusieurs bouchers à travers l’île, qui a eu l’idée d’importer du bétail à Maurice. « Une opportunité s’est présentée à nous lorsque la société Master Breeders Ltd était en vente. Nous l’avons rachetée en vue de développer l’élevage bovin pour la communauté mauricienne », souligne Yousuf Jeeva.

Il laisse entendre aussi avoir fait plusieurs voyages en Afrique du sud et a dans un premier temps fait venir des bœufs par voie aérienne, jugés cependant trop coîteux. « Nous avons rencontré beaucoup d’obstacles mais nous n’avons pas baissé les bras », dit-il.

Cette « réussite », Yousuf Jeeva la place sous le signe de l’effort. « Nous y sommes arrivés grâce aux efforts fournis. Si jusqu’ici personne n’a importé du bétail (à l’exception de Socovia), ce n’est pas parce qu’on n’avait pu obtenir de permis. Il se peut que l’effort nécessaire n’ait pas été fourni. Et en sus de l’effort, il faut un bateau, être financièrement solide et avoir des acheteurs », fait-il ressortir.

Une réussite que l’homme d’affaires attribue aux officiers du ministère de l’Agro-industrie qui, dit-il, se sont montrés compréhensibles et qui ont été à l’écoute, de même que le département de vétérinaires, le Senior Chief Executive et le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun.

LSS Success : Desservir la région

071019_capitaineAgro-boss Feedlot Co. Ltd, la compagnie importatrice, ambitionne de mettre à la disposition des îles de la région le Cattle Carrier, LSS Success, sur lequel la compagnie a l’exclusivité pour l’Océan Indien. « Des départements du gouvernement mais aussi d’autres pays de la région ont déjà été contactés afin de pouvoir maximiser l’utilisation du transporteur. Ce faisant, nos coûts d’opération baisseront, cela impactera sur le prix de nos produits et là encore, ce sont les consommateurs qui vont en bénéficier », affirme-t-il.

Le LSS Success, selon son capitaine Ajay Kotwal, peut transporter jusqu’à un millier d’animaux de 200 kilos ou 500 animaux de 500 kilos, dépendant de leur poids. « Le bateau a été construit pour assurer le transport du bétail, tenant en compte le bien-être des animaux qu’il transporte de sorte que leur voyage se passe dans les meilleures conditions. Ajouté à cela, il faut s’assurer que les animaux soient bien nourris, qu’il y ait une bonne aération pour ceux qui se trouvent en cale et qu’ils ne stressent pas », explique le capitaine qui se dit disposé à étendre ses services aux autres îles de la région, si besoin est.

Micro-Trottoir

Pensez-vous qu’avec le nouvel opérateur, cela pourrait avoir un impact sur la vente du bœuf pour le Qurbani?

Zahed Anseline, 45 ans, de Curepipe
Un nouvel importateur ne suffira pour faire jouer la concurrence et faire baisser le prix de la viande de boeuf. Il faut plus d’importateurs. C’est bien que le gouvernement a franchi un pas important pour briser un monopole, mais il ne doit s’arrêter en si bon chemin. Le prix du bœuf sur le marché est exagéré. Pourquoi le prix du bouef est fixé à Rs 128, le kilo pour le Qurbani seulement et que pour les autres jours le prix augmente en flèche ?».

Swalea Khoyratty, 47 ans, de Phoenix
«Oui et non . Car cela va dépendre de la politique de vente du nouvel operateur. On parle beaucoup de la compétition avec l’arrivée d’un nouvel operateur, mais jusqu’à présent il n’a pas fait mention du prix auquel il va vendre son bétail. C’est qui nous laisse dans le flou. Pour moi rien ne dit qu’il va y avoir une grande différence de prix pour le Qurbani, même avant ou après ».

Farook Beelomtally, 68 ans, de Caro Lalo
« Le prix cher d’un boeuf pour l’Eid-ul-Adha décourage les gens à accomplir le Qurbani localement et alors ils se tournent de plus en plus vers les pays étrangers. Si avec la venue d’un nouvel operateur, cela va faire baisser le prix, certainement plus de musulmans vont pouvoir prendre une part de Qurbani. En passant je peux dire que le prix de la viande sur le marché est cher ».

Ali Koodoruth, 22 ans, de Castel
« Autant que je sache, le nouvel operateur n’a à aucun moment indiqué qu’il va vendre ses bœufs à meilleur mrché. C’est qu’on sait c’est qu’il va proposer de la viande de meilleure qualité. Et meilleure qualité ne veut pas dire meilleur marché. Le gouvernement veut combattre l’inégalité en mettant un frein au monopole, mais est-ce que les importateurs vont jouer le jeu ou est-ce que ce sera seulement pour le Qurbani?».

Faranaz Auhamad, 44 ans, de Curepipe
«Il est clair que le gouvernement a fait son travail en mettant un terme au monopole de l’importation des bœufs. Jusqu’ici un seul importateur faisait la pluie et le beau temps et imposait ses prix. Mais maintenant je suis curieux de savoir quel rôle va jouer le nouvel importateur pour le prix de vente sur le marché et pour le Qurbani l’année prochaine. Pourquoi jusqu’à présent n’a-t-il pas indiqué le prix auquel il compte vendre ses bœufs ?»

Farheen Ully, 22 ans, d’Union Park
« La vente du bœuf sur le marché surtout pour le Qurbani (Sacrifice d’Abraham), a fait couler beaucoup d’encre. Heureusement que le gouvernement a eu le courage pour briser ce monopole. Mais une question reste en suspens: est-ce-que le prix va baisser? Le nouvel importateur n’a pas pipé mot sur le prix. Et je pense que ce n’est pas seulement pour le Qurbani que l’on doit faire baisser le prix de la viande. Le prix sur le marché est exorbitant ».

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