mardi , 1 décembre 2020

Quelle est la raison-d’être du Centre Islamique Mauricien ?

Le Dr Hassam Sakibe Coowar a tenu à réagir suite à la publication du débat ayant trait à la façon de réinventer l’Islamic Cultural Centre (ICC) dans notre édition du dimanche 11 octobre 2020. Nous publions ci-dessous son point de vue sur la question.

Un Centre Islamique dormant, latent et quasi-immobile. Un joyau architectural à l’allure d’un éléphant blanc.

Notre centre islamique mauricien doit se réveiller de sa l’léthargie si seulement l’État le libère et lui donne l’occasion de voler de ses propres ailes. Qu’il soit autonome, indépendant et surtout apolitique. Qu’il ne soit pas sous la tutelle du gouvernement en place qui nomme ses courtisans pour assumer de lourdes responsabilités.

La mission primordiale d’un centre islamique n’est, certes, pas d’organiser le pèlerinage du hadj. Que cette tâche soit enlevée du centre pour être assignée à un National Hadj Committee.Sinon le centre ne pourrait s’atteler à d’autres fonctions. Elles sont multiples.

D’emblée disons que le Centre Culturel Islamique est doté d’une fonctionnalité bien spécifique : promouvoir la culture islamique pas nécessairement arabe telle qu’elle existe à Paris, Jussieu. Qui a peur de la culture islamique ? Car qui dit culture implique chant, culture, peinture, musique, théâtre, littérature et ainsi de suite.

Il ne faut surtout pas se cantonner dans des activités usuelles sons prétexte que d’autres sont interdites en islam avec un tollé soulevé par des extrémistes ou puritains musulmans. S’ouvrir à ces activités dans le cadre islamique avec l’approbation des savants musulmans.

Le centre islamique sera un carrefour d’idées qui pourrait inviter musulmans et grand public à des véritables débats sur les problèmes sociauxd’aujourd’hui avec comme référence la solution islamique. Ne pas hésiter à convoquer les Mauriciens aux enjeux du social tels l’athéisme, le mariage mixte, l’euthanasie, la médecine commerciale à outrance, l’avortement, les réseaux sociaux entre autres.

Inviter des professionnels à exprimer leurs opinions dans des débats ouverts ou encore convoquer des érudits islamiques internationaux à des forums ou des colloques pour une ouverture d’esprit franche.

L’éducation islamique sera privilégiée pas style madrassa mais connaissance de fiqh pour le grand public. Vulgariser le Coran et les hadiths par des explications claires et non tendancieuses. Appel aussi aux convertis pour une approche très objective de l’Islam.

Doter le centre d’une bibliothèque bien garnie sur l’islam. Il existe des organismes internationaux qui publient des livres sur l’islam à des livraisons gratuites. Mettre un coin Archives sur les trésors de l’Islam. Inciter les jeunes et autres à la calligraphie islamique.

Organiser des concours de récitation du Saint Coran et des « naat shareef » avec quiz et débats sur l’histoire de l’Islam.

S’ouvrir aussi aux dames pour des sessions de travail sur la connaissance de l’islam et donner des cours de cuisine, de couture, de broderie etc.

L’islam est ouvert à tous. Cimenter un dialogue inter-culturel. Et j’en passe sur une ribambelle d’activités que l’on pourrait organiser pourvu que le nouveau conseil d’administration et son président puissent nous donner l’occasion de poser notre bloc à cet édifice culturel.

Par Dr Hassam Sakibe Coowar

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