vendredi , 9 décembre 2022

Projets des Associations musulmanes en 2022 : au gré de l’évolution de la pandémie

Avec le report de nombreux projets en raison de la Covid-19 en 2021, plusieurs ONG, associations et organismes islamiques misent sur la nouvelle année pour mener à bien leur dessein. Cependant, l’avenir reste incertain en raison de la situation sanitaire qui prévaut. Les responsables de ces associations se sont confiés à STAR.

Sajidah Dauhoo (SOS Poverty) : « Rétablir les bases pour la reprise des cours »

Sajidah Dauhoo, présidente de SOS Poverty à Vallée-Pitot, rappelle que l’année écoulée a été « difficile, voire pénible » pour elle et pour les bénéficiaires de l’association. « Notre objectif principal est de proposer un accompagnement aux enfants durant leur apprentissage », explique-t-elle. L’ONG accompagne une centaine d’enfants et de jeunes venant de familles dysfonctionnelles ou en difficulté, de la maternelle jusqu’au primaire.

Cependant, la Covid-19 a poussé SOS Poverty à stopper temporairement cet aspect de son travail et l’ONG n’a pas été en mesure de proposer un support à distance, car tous ces jeunes n’ont malheureusement pas accès à l’internet. Mais notre interlocutrice ajoute que « pendant tous les ‘lockdowns’, nous avons distribué des vivres à nos bénéficiaires et cela nous a permis de rester en contact avec eux ».

Ainsi, pour 2022, Sajidah Dauhoo souligne que l’objectif principal de l’association serait de « renouer les liens avec les adhérents » et de « rétablir les bases pour que ses enfants puissent reprendre leurs cours sereinement ». D’ailleurs, elle envisage de faire une évaluation avant de reprendre le travail avec eux. « Nous allons aussi voir si certains auront besoin du support d’un psychologue, car ces deux années passées ont définitivement eu un impact sur eux et ce sont des enfants qui sont généralement déjà vulnérables », souligne-t-elle.

La présidente de SOS Poverty exprime aussi le souhait d’un retour à la normale, ce qui lui permettra d’accueillir les personnes âgées de l’association de nouveau. « Avant la pandémie, nous accueillions des personnes âgées et nous mettions en place des groupes de discussion. Ceci leur permettait de sortir de leur routine et surtout de s’exprimer entre amis », dit-elle. Ainsi, elle a hâte de reprendre ces sessions de discussion avec nos seniors, car pour elle, ils sont souvent les plus délaissés de la société.

Toutefois, Sajidah Dauhoo est consciente d’une chose : l’impossibilité de pouvoir planifier quoi que ce soit sur le long terme, car le virus est toujours parmi nous et de nouvelles mesures pourraient être introduites.

Hamade Aubdoollah (WIM Mauritius) : «Continuer à propager les enseignements islamiques»

Hamade Aubdoollah, secrétaire général de la World Islamic Mission (WIM) Mauritius, nous explique que l’objectif de l’organisation est simple. « Nous voulons aider toutes les personnes à être un meilleur citoyen de la société et nous nous basons sur les préceptes de l’Islam qui prône la paix, l’amour, la tolérance, le partage, l’unité et la moralité », affirme-t-il.

Selon lui, l’année 2021 a été un défi pour le monde en entier mais il avance que fort heureusement, suivant les conseils de leur Chairman, le Maulana Shah Mohammad Anas Noorani Siddiqui, ils ont pu faire face aux nouveaux défis en s’adaptant rapidement aux changements. « Nous misons beaucoup sur l’éducation et la formation islamique, et nous avons pu continuer à le faire sans relâche malgré la pandémie », indique Hamade Aubdoollah. Ainsi, l’organisation suivra en cette nouvelle année cette même philosophie et elle compte continuer sur ce qui a déjà été mis en place.

Notre interlocuteur nous fait comprendre que « les enseignements de l’islam transcendent les barrières » et dans ce contexte, ils se sont focalisés à continuer leur travail en basculant en ligne. Leurs rassemblements comme pour le Yaum-un-Nabi, Igrarween et les cours se font virtuellement dorénavant. « Nous avons, depuis l’année dernière, débuté nos cours de Tajweed en ligne et d’ailleurs ce groupe, d’une quarantaine d’élèves, a fini les cours préparatoires et nous prendrons très rapidement un nouveau ‘batch’ », fait-il ressortir. Il s’estime heureux d’avoir pu atteindre les objectifs que les membres de l’organisation s’étaient fixés et nous explique que les projets futurs se feront en temps voulu, dépendamment de la situation sanitaire. Selon lui, la situation est changeante et donc, ils vont adapter leur feuille de route au fil du temps.

Toutefois, Hamade Aubdoollah est catégorique à l’effet que WIM Mauritius va « continuer à propager les enseignements de l’islam basés sur l’amour et le respect du Prophète Muhammad (pssl) et le Saint Coran, malgré la Covid-19, car le besoin se fait ressentir encore plus aujourd’hui. « Cela, suivant la philosophie de notre fondateur le Maulana Shah Ahmad Noorani Siddiqui et nous continuerons à répondre présents pour chaque membre de la société mauricienne dans le futur », assure-t-il.

Par ailleurs, les membres de WIM Mauritius expriment leurs sympathies à toutes les personnes qui ont perdu un proche décédé de la Covid-19 et ont une pensée spéciale pour les frontliners. Hamade Aubdoollah lance un appel aux citoyens de redoubler de vigilance et de respecter les mesures établies par les autorités pour le bien de tous.

Ali Jookhun (U-Link et DSA) : «L’accent mis sur la formation et l’employabilité»

Le président des ONG U-Link et Down Syndrome Association (DSA), Ali Jookhun, laisse entendre qu’il souhaite voir comment évolue la situation sanitaire avant d’établir un plan d’action en vue de concrétiser ses projets en faveur des personnes en situation de handicap. « La crise sanitaire nous a contraints à reporter plusieurs projets à 2022. À présent, il faut attendre avant de prendre des décisions. L’année 2022 s’annonce incertaine et même difficile. Par mesure de précaution, nous avons arrêté temporairement toutes nos activités », dit-il.

Cependant, Ali Jookhun affirme que cette année, l’accent sera mis sur la formation et l’employabilité des personnes en situation de handicap. « Nous avons travaillé en collaboration avec plusieurs partenaires. Nous allons attendre que la situation retourne à la normale pour aller de l’avant avec les projets », avance-t-il. Pour notre interlocuteur, « la situation actuelle fait peur et c’est très inquiétant ! »

Samad Sairally, président de l’ICC : «Les activités ‘freezed’ pour le moment»

Crise sanitaire oblige, la liste de projets de l’Islamic Cultural Centre (ICC) pour 2022 n’a pu être ratifiée. Dans une brève déclaration à STAR, le président du board de l’organisme, Samad Sairally, indique qu’en raison des restrictions liées à la Covid-19, toutes les activités des associations culturelles et Speaking Unions opérant sous l’égide du ministère des Arts et du Patrimoine culturel ont été « freezed » pour le moment.

Cependant, Samad Sairally tient à préciser que l’ICC continue d’opérer de façon administrative et que les demandes pour accomplir le hadj sont toujours traitées par l’organisme de la rue La Paix et que les documents relatifs sont actuellement traduits de l’arabe à l’anglais.

Saheed Thupsee (Aalamee Society) : «Le Halaal Certification Body verra le jour en 2022»

Saheed Thupsee, président d’Aalamee Society, est d’avis que l’année 2022 sera difficile pour son ONG au vu de la situation sanitaire. « Ce sera une année avec beaucoup de défis à relever », dit-il. Néanmoins, il a déjà établi une liste de projets pour 2022. Ainsi, il soutient que le Halaal Certification Body – une organisation au niveau international – verra le jour cette année. « Ce projet avait été initié en 2019 et il a pris énormément de temps vu son ampleur international », dit-il.

Un autre grand projet à venir : la construction d’un centre polyvalent pour les activités d’Aalamee Society. « Depuis le début, nous louons un bâtiment pour nos activités. Cela représente un coût énorme », laisse entendre Saheed Thupsee. Le troisième projet de l’ONG a trait à la formation en ligne sur l’énergie verte. Saheed Thupsee révèle qu’Aalamee Society va collaborer avec Pritec Academy de Malacca (Malaisie) afin de dispenser une formation en ligne sur l’installation de photovoltaïques. « Nous sommes optimistes quant à l’aboutissement de ces projets malgré le contexte difficile », conclut-il.

Century Welfare Association : améliorer les prestations en faveur des enfants à besoins spéciaux

De l’acquisition d’un van à l’aménagement d’une aire de jeux en passant par l’installation d’un système hydroponique…les projets sont nombreux du côté de la Century Welfare Association en cette nouvelle année.

La Centurty Welfare Association, sise à Cité Martial à Port-Louis, consolide son statut de Special Education Need School (SENS). Au moins une cinquantaine d’enfants en situation de handicap (paralysie cérébrale, Down Syndrome, autisme, etc.) bénéficient actuellement d’une prise en charge spéciale au niveau de leur apprentissage et leur scolarité. Un service de transport leur est aussi offert. Mais selon Sheikha Nisa, le van de 16 places dont dispose l’association se révèle insuffisant. « De ce fait, les enfants doivent être récupérés à la maison le matin en 3 batchs. Idem pour l’après-midi lorsqu’il faut les déposer chez eux », déclare-t-elle, soulignant que les transports publics ne sont pas adaptés pour ces enfants. D’où le projet, dit-elle, d’acquérir un deuxième van de 16 places.

Toujours dans ce même registre, l’association prévoit aussi de mettre sur pied une aire de jeux pour les enfants aux besoins spéciaux. L’objectif, selon Sheikha Nisa, est de rendre l’apprentissage encore plus accessible et inclusif pour les enfants en situation de handicap. « Cet espace de jeu sera conçu de manière créative pour offrir des accès, des défis et des expériences sensorielles ou physiques et de garantir une expérience extraordinaire à tous », ajoute-t-elle.

Parallèlement, des travaux de rénovation seront aussi entrepris au siège de l’association afin de le rendre plus adapté pour ces enfants. Et enfin, la Century Welfare Association souhaite installer un système de culture hydroponique destiné à la fois aux enfants handicapés mais aussi à celles inscrites à l’Ecole d’Accompagnement. « Il s’agit de jeunes adolescentes qui ont arrêté l’école prématurément et à qui l’association dispense diverses formations, notamment une éducation académique de base, couplée à des valeurs humaines, leur doter des compétences préprofessionnelles ou professionnelles, l’entrepreneuriat, entre autres », fait ressortir Sheikha Nisa.

En sus de l’école spécialisée destinée aux enfants handicapés et l’école d’accompagnement pour les adolescentes, la Century Welfare Association va poursuivre, en 2022, avec ses nombreuses autres formations et activités à travers notamment leur Therapy Centre and Mind Care Centre, Women Centre, Health/Fitness centre, Community Outreach Programme et First Aid Course.

Ariff Bahemia (Zamzam Islamic Centre) : «Construction d’une deuxième école maternelle»

L’éducation des jeunes sera le principal objectif du Zamzam Islamic Centre en 2022. Ariff Bahemia, le responsable du centre, soutient que l’éducation est surtout l’avenir de notre pays. « Nous avons déjà une école maternelle et nous allons en construire une deuxième à Port-Louis en janvier. En deuxième lieu, la relève est vitale et donc, nous allons former des jeunes afin qu’ils puissent assurer la relève dans nos institutions. En 2022, l’accent sera aussi mis sur l’enseignement en ligne. De ce fait, nous allons aussi lancer des cours islamiques en ligne pour les jeunes », déclare-t-il.

En outre, le centre compte offrir des cours gratuits à ceux qui n’ont pas les moyens. « Zamzam ouvrira ses portes aux enfants des familles vulnérables pour leur offrir une éducation gratuite, que ce soit au niveau de la maternelle, primaire et de la madrassah. Les familles qui sont dans le besoin sont les bienvenues », assure Ariff Bahemia.

Avec la situation économique difficile en raison de la pandémie de la Covid-19, le Zamzam Islamic Centre compte aussi étendre son aide à plus de familles qui sont dans le besoin en 2022. Ariff Bahemia ajoute aussi que l’aide sociale sera aussi étendue dans les pays comme Madagascar et l’Inde. « Les gens vivent dans l’extrême pauvreté à Madagascar dont la population est composée de 7% de musulmans. Nous avons déjà entamé la construction d’une mosquée et d’une madrassah à Madagascar et la construction se poursuivra et le projet se concrétisera par la Grace d’Allah en 2022. Nous allons en même temps former des Hafiz-ul-Quran dans notre institution et venir en aide aux enfants qui viendront à la Madrassah », indique notre interlocteur.

Les autres projets du centre sont : construire plusieurs puits à Madagascar et offrir des repas aux élèves de la Dar-ul-Uloom de Zamzam en Inde.

Mauritius Islamic Chamber of Commerce and Industry : favoriser les exportations et les Joint Ventures

Créée dans le but de regrouper des hommes d’affaires, chefs d’entreprises et entrepreneurs musulmans sous un seul toit, la Mauritius Islamic Chamber of Commerce and Industry (ICCI) espère pouvoir faire profiter à ses membres les multiples accords signés entre Maurice et plusieurs autres pays pour promouvoir l’exportation.

La pandémie de la Covid-19 n’a pas manqué d’impacter sur les activités de l’ICCI depuis 2020. C’est ce qu’a tenu à faire ressortir son président, Goolam Mohammud. « Les comités se font essentiellement sur Zoom. D’ailleurs, nous n’avons même pas pu organiser notre assemblée générale », souligne-t-il.

Mais pour 2022, l’ICCI compte capitaliser sur les accords conclus entre Maurice et divers pays. « Il y a plus de 600 produits, par exemple, que nous pouvons exporter sur l’Inde à des prix préférentiels. Idem pour la Chine, la Turquie avec laquelle nous avons un accord de libre échange ou encore à travers l’African Continental Free Trade pour des exportations sur l’Afrique. Nous avons aussi eu des discussions avec la diplomatie de l’Arabie saoudite où il existe des possibilités commerciales », soutient le président de l’ICCI.

Favoriser des Joint Ventures entre des compagnies locales et des entreprises à l’étranger figure aussi à l’agenda de l’ICCI pour 2022. « Ce qui permettra à nos compagnies, ici, de bénéficier des partenariats avec ces entreprises étrangères, que ce soit en termes de marché, d’expertise ou encore des revenus en devises étrangères », nous dit Goolam Mohammud.

Maison Dawah : une connexion internet aux enfants des familles vulnérables

Pandémie oblige, la scolarité se fait aussi, depuis quelques temps, en ligne. Sauf qu’avoir une connexion internet à la maison n’est pas à la portée de tous. Afin que des enfants ne soient pas pénalisés, Maison Dawah a décidé de venir en aide à plusieurs familles.

Il s’agit l’un des projets phares de Maison Dawah pour cette année. L’objectif est de pouvoir connecter au moins une douzaine de familles au réseau internet. Ce, afin que les enfants issus de ces familles ne manquent pas leurs cours qui se déroulent exclusivement en ligne pour certains Grades. « Nous sommes conscients qu’un bon nombre de familles n’ont pas de connexion internet à la maison et que, par conséquent, leurs enfants ne peuvent pas suivre les cours, etc. C’est une grande perte pour ces enfants, et cela perpétue le cercle vicieux de la pauvreté dans les familles », fait ressortir Nusayhah Aumeer, Administrative Assistant à Maison Dawah.

Pour cela, l’ONG compte se pencher sur le cas de plusieurs familles vulnérables. « Nous allons examiner les dossiers de plusieurs potentiels bénéficiaires et de là, nous sélectionnerons ceux qui, nous estimons, méritent le plus cette aide. Nous espérons pouvoir faciliter ces enfants qui éprouvent des difficultés dans leur scolarité », fait ressortir notre interlocutrice.

Autre projet important : la distribution de colis alimentaires à des familles de Mahébourg, impactées par le naufrage du MV Wakashio à Pointe-D’Esny en 2020. En collaboration avec un travailleur social de la région, Maison Dawah espère ainsi venir en aide, là encore, à une douzaine de familles.

Et enfin, l’association compte poursuivre avec la formation sur la dawah. Une formation qui se fait désormais en ligne, depuis l’avènement des protocoles sanitaires. « Cette formation est essentielle pour ceux qui s’intéressent à la dawah. Comme nous avons un nombre important de religions et de cultures à Maurice, il est essentiel qu’un da’ee s’y familiarise afin de pouvoir procéder efficacement au travail de la dawah », souligne Nusayhah Aumeer.

Goolam Mohammud (ASU) : «Jeter les bases pour la langue arabe dès l’école coranique»

Une chaîne de télévision dédiée à la langue arabe, le développement de la méthode d’enseignement de l’arabe à Maurice, l’organisation des ateliers de formation autour de cette langue…autant de projets en cours au niveau de l’Arabic Speaking Union (ASU).

Créée il y a quelques mois seulement, l’ASU attend toujours d’avoir un bureau où un secrétariat pourrait être mis en place, avant de pouvoir fonctionner pleinement. C’est ce qu’a indiqué son président, Goolam Mohammud, à STAR. Mais déjà, dit-il, un comité composé d’enseignants de la langue arabe a été mis sur pied pour se pencher sur les manuels éducatifs qui peuvent être utilisés dans les écoles coraniques. « Actuellement, la méthode d’enseignent et les livres utilisés dans les madrassah où la langue arabe est enseignée diffèrent d’une institution à l’autre. L’objectif est de venir avec un syllabus commun, enseigné à travers une méthode pédagogique commune », fait ressortir le président de l’ASU. Ce travail, dit-il, permettra de « jeter les bases pour la langue arabe et ce, dès l’école coranique ». « En ce faisant, on peut ainsi espérer un plus grand nombre d’élèves optant pour l’arabe au cycle primaire », estime le président de l’ASU.

La diffusion de contenus en arabe sur une éventuelle chaîne dédiée à cette langue sur MyT est un autre projet majeur de l’ASU en 2022. À cet effet, Goolam Mohammud indique avoir, à plusieurs reprises, sollicité une rencontre avec des responsables de MyT, en vain. « Nous ne demandons pas une chaîne islamique, mais arabe. Cette exposition à cette langue, à travers la télévision, est une nécessité étant donné que nous sommes loin des pays arabes », considère-t-il.

Des formations en langue arabe à des non musulmans figurent aussi à l’agenda de l’Arabic Speaking Union. L’objectif étant de pouvoir faciliter l’embauche des Mauriciens dans des pays arabes ou d’avoir une meilleure interaction avec des touristes arabes à Maurice.

Centre des Dames Mourides : Sensibilisation à la violence domestique

Sensibiliser la population, principalement les femmes et les jeunes, à la violence domestique. C’est l’objectif fixé par le Centre des Dames Mourides (CDM) pour l’année 2022. Selon la directrice exécutive, Allia Syed Hossen-Gooljar,le CDM a été choisi par l’organisation FEMNET pour travailler en partenariat sur une campagne nationale contre la violence domestique (Gender Based Violence) à Maurice. Cette campagne qui a pour slogan « Ki to role – Zero Violans Dan Lacaz! », a été lancée en 2021 mais elle continuera en 2022.

Le CDM organisera différentes activités autour de cette campagne nationale. « L’objectif est surtout de sensibiliser les jeunes à une attitude de non-violence et de tolérance zéro en ce qu’il s’agit de la Gender Based Violence. De ce fait un ‘Film Competition’ a été lancée en août dernier pour les étudiants du secondaire. Nous avons eu beaucoup de participants et en ce mois de janvier 2022, nous allons faire la sélection des meilleurs films. Ces films, réalisés par de jeunes Mauriciens, seront diffusés lors des ateliers que nous allons organiser à travers l’île autour de cette campagne », soutient Allia Syed Hossen-Gooljar.

Egalement en 2022, le CDM compte aussi continuer de mener à bien ses programmes de soutien à la population. « Nous allons apporter notre soutien aux personnes qui sont dans le besoin et aussi aider les femmes, qui ont été affectées par la pandémie de Covid-19, à être économiquement indépendantes à travers notre programme ‘Women Economic Empowerment’. Nous avons aussi comme objectif de poursuivre notre ‘Breast Cancer Screening’ en 2022 à travers le pays mais cela nécessite du financement. Ce dépistage aide à prévenir et détecter les cas de cancer du sein. Donc, toute aide financière est la bienvenue », fait ressortir la travailleuse sociale.

Enfin, le CDM, fondée en 1992, fêtera ses 30 ans en 2022. Notre interlocutrice confie qu’elle compte célébrer cet événement de manière spéciale en organisant diverses activités dont le lancement d’un Souvenir Magazine.

Arshad Joomun (M-Kids) : « Notre mission pour 2022 est axée sur les SDG »

Imam Arshad Joomun, directeur de M-Kids et membre du Conseil des religions, indique que « leur mission pour 2022 sera axée sur les Sustainable Development Goals (SDG), soit les 17 objectifs établis par les États membres des Nations Unies, et qui consistent à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes et dans tous les pays, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous ». « Nous allons essayer d’augmenter le nombre de nos cellules/antennes à travers l’île afin d’être implantés dans le plus de régions possibles, quitte à louer des locaux et à embaucher du personnel. Nous allons également poursuivre les distributions de food packs et de repas chauds, les activités et sorties culturelles et sportives pour les enfants, ainsi que les séminaires et ateliers des enfants/adolescents dans des villas, les programmes de Capacity Building et les échanges avec Rodrigues », confie-t-il.

D’ailleurs, le directeur de M-Kids avance qu’au début de 2022, l’organisation relancera certaines de ses activités qui sont en stand-by en raison de la situation sanitaire, notamment les classes de soutien parascolaire et les sessions de support psycho-social et thérapeutique. En outre, l’organisation a trois gros projets pour l’année 2022. Primo, l’ouverture d’un shelter pour les enfants souffrant de handicaps mineurs. Secundo, l’achat d’un van pour faciliter leur déplacement et lequel servira à véhiculer les enfants lors de sorties culturelles et éducatives, mais aussi pour les collectes et distributions de denrées alimentaires/food packs. Et tertio, le parrainage d’un Umrah pour adolescents défavorisés. « En raison de la crise sanitaire, de nombreux enfants s’éloignent de la religion faute d’encadrement et de cours à la madrassah. Ainsi, M-Kids a eu l’idée de lancer le programme ‘Sponsoriser un Umrah pour les adolescents défavorisés’, dans le but de donner à ces jeunes l’opportunité d’accomplir l’Umrah (mai ou juin 2022) », laisse-t-il entendre.

Muslim Citizen Council : Trois projets majeurs en 2022

1. La Covid-19 et les vaccins

La pandémie a apporté des changements avec lesquels nous devons vivre. Malgré les efforts considérables déployés pour répondre à la pandémie et revenir à la normale, les mutations fréquentes du virus COVID-19 provoquent de nouvelles vagues et entravent les efforts de rétablissement. L’aplatissement de la courbe des infections est une priorité nationale. Le MCC a l’intention de lancer une campagne dans toutes nos mosquées pour sensibiliser la communauté au fait que des vaccins sont un outil sûrs et efficaces qui changent la donne et nous devons continuer à maintenir les gestes barrières.

2. Le changement climatique

Le MCC considère que l’ennemi public numéro UN de notre époque est le changement climatique. À cet égard, le MCC vise à sensibiliser la communauté musulmane, en 2022, par le biais d’ateliers et de communiqués de presse sur l’impact désastreux du changement climatique et à appeler les musulmans à un devoir moral de lutter contre le changement climatique dans le cadre de leur devoir religieux. L’Islam soutient l’idée que la crise climatique est aussi une crise morale.

3. Gender Based Violence (GBV)

Le MCC a participé activement à la campagne organisée par le ministère de l’Égalité des Genres et du Bien-être familial, depuis la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes en novembre 2021. Dans ce contexte, le MCC a l’intention d’organiser 5 ateliers à travers l’île pour sensibiliser la communauté musulmane sur la question. Nous croyons fermement que la foi peut jouer un rôle déterminant dans la prévention de la violence sexiste, et que la foi a un rôle important à jouer pour aider les survivants à surmonter leurs peines.

Muslim ladies Council : Diverses activités au programme

Le Muslim Ladies Council (MLC), dont la présidente est Mariam Goodur, a déjà établi une liste d’activités prévues en 2022. Voici les événements à venir du côté de l’ONG :
• Célébration de Yaum-é-Iqbal
• Célébration annuelle de Yaum-un-Nabi
• Bourse d’études à deux jeunes en situation de handicap
• Rencontre avec les autorités concernées pour que des facilités soient offertes aux personnes en situation de handicap, surtout les professionnels.
• Lancement officiel du « Counselling Unit » du Muslim Ladies Council
• Un séminaire sur les problèmes de divorce, le harcèlement sexuel et la maltraitance des enfants et des personnes âgées
• Une continuation en termes d’assistance aux personnes vulnérables
• Visites fréquentes aux différents hospices
• Lancement de la Newsletter du Muslim Ladies Council

Ahmadally Edun (Friends of Pakistan) : « Renforcement des capacités dans le domaine de la santé »

Etant donné que la pandémie est toujours d’actualité en 2022, Friends of Pakistan se concentra sur le renforcement des capacités dans le domaine de la santé et des conditions sanitaires à travers des activités conjointes que ce soit à Maurice ou au Pakistan. C’est ce que laisse entendre son président, Ahmadally Edun. « Depuis plus de 50 ans, le Pakistan offre une demi-douzaine de places aux étudiants mauriciens dans ses universités pour étudier la médecine et d’autres études professionnelles. Ces sièges sont restés vacants ces deux dernières années. En 2022, Friends of Pakistan va encourager les étudiants mauriciens à opter pour le Pakistan pour leurs études supérieures », dit-il.

Dans le même ordre d’idées, Friends of Pakistan relancera le projet de chirurgie oculaire et de greffe de la cornée par le Dr Wajid Ali Khan et son équipe de chirurgiens ophtalmologistes de l’Al Shifa Eye Hospital. Depuis deux ans, en raison de la Covid-19, ils n’ont pu venir à Maurice pour des interventions chirurgicales sur des patients mauriciens. En outre, l’association collaborera avec le haut-commissariat du Pakistan pour l’organisation des activités telles que Pakistan Week, Iqbal Day, expositions, Quaid e Azam Day, Roadshows, entre autres.

Raffique Santally (MYF) : « Plus de soutien en faveur des vulnérables »

Le président de la Muslim Youth Federation (MYF), Raffique Santally, fait ressortir que l’année 2022 sera difficile pour les ONG dans la mesure où celles-ci doivent composer avec une baisse du nombre de sponsors en raison de la pandémie. Malgré cela, la MYF compte mener à bien plusieurs projets. Raffique Santally indique que l’accent sera mis en premier sur la sensibilisation des gens à l’importance de la vaccination anti-Covid-19.

Aussi, la MYF compte reprendre les différentes formations pour les dames. « Outre les cours habituels, nous allons cette année venir de l’avant avec une formation destinée aux nouvelles mariées. Cela en raison du nombre important de divorce au sein de la communauté. Il y aura aussi des formations pour les jeunes axées sur le changement climatique et la famille. Sans oublier les activités sportives », souligne-t-il.

Enfin, pour soulager les familles affectées par la Covid-19, la MYF va accentuer ses projets pour aider les familles en difficulté. « Nous allons apporter plus de soutien aux familles vulnérables et maintenir les plans d’aide en termes d’éducation », conclut Raffique Santally.

Société islamique de Maurice : Une salle multimédia à Moka

La Société islamique de Maurice (SIM) voit grand en 2022. Ainsi, selon son président, Dr Yaasir Ozeer, l’organisation souhaite concrétiser son ambitieux projet ayant trait au lancement d’une salle multimédia à son siège de l’IIET à Moka. « Une approche innovante sera ainsi utilisée à des fins de Daawah », indique-t-il.

Aussi, compte tenu du succès lors du cours sur la parentalité et de la grande demande pour une deuxième édition, la SIM viendra de l’avant cette année avec des cours sur le thème « Effective Parenting » et organisera des ateliers sur le même thème dans quelques endroits à travers l’île.

Par ailleurs, le projet de rénovation de l’IIET a débuté, il y a 3 ans, et la première phase est presque achevée. « Nous comptons beaucoup sur la générosité des personnes pour nous aider à compléter le plus rapidement possible les travaux de rénovation », espère Dr Ozeer. Ceux qui souhaitent contribuer à ce noble projet peuvent contacter la SIM sur le 433 6848 ou par email : [email protected]

Quatre Bornes Muslim Council : poursuivre le combat en faveur des veuves musulmanes

Le Quatre Bornes Muslim Council (QBMC) compte intensifier sa lutte en faveur des veuves musulmanes privées d’une pension de réversion. Son porte-parole, Basir Mohabuth, indique qu’en 2022, l’organisation va multiplier les démarches auprès des instances concernées afin d’apporter un peu de lumière dans la vie de ces personnes. « Nous avons constaté qu’eu égard aux veuves musulmanes et orphelins, le problème majeur demeure la façon d’opérer du Muslim Family Council. C’est un organisme qui fait face à un manque de personnel et cela provoque des retards à tous les niveaux », indique-t-il.

Pour que sa lutte puisse aboutir à des résultats concrets, Basir Mohabuth estime qu’il faut du changement du côté du Muslim Family Council. Il propose ainsi la création d’un site web opérationnel de l’organisme où peuvent être téléchargés des documents comme les demandes/enregistrements de nikah, règlements, entre autres. Il soutient aussi qu’il faut étendre le délai pour l’enregistrement des nikahs par des imams ou autres officiants de nikahs à 21 jours. « Les certificats de nikah doivent être archivés dans une base de données numérique », recommande-t-il.

Human Welfare League : Divers projets sur l’éducation

La Human Welfare League ne va pas chômer en 2022. L’organisme a déjà rendu publics ses projets pour la nouvelle année.

1. Elaboration d’un « Guidelines Manual » pour les enseignants et les étudiants d’Islamic Studies au niveau du School Certificate.

2. Formation des enseignants pour l’utilisation du « Guidelines Manual ».

3. Sensibilisation au concept « Integration of Knowledge » dans les écoles.

4. Formation des enseignants par rapport aux activités islamiques.

Textbook Project

5. La HWL compte lancer le « Textbook Project » pour les Grades 7 à 9 afin d’uniformiser l’enseignement de l’Islamic Studies.

Publications à paraître

6. « Guidelines Manual for Islamic Studies » en format numérique.

7. « Soulful Deeds : A Roadmap for Teenage Muslims » par Dr Ammaara Ud-Deen Maniacara

Webinaires

8. Une série de six programmes sur le thème : « CLIMATE, ENERGY, DEVELOPMENT, SUSTAINABILITY & ETHICS : An Islamic Perspective » par Prof. Khalil Elahee.

9. Une série de neuf programmes sur « Project Management The Key to Success » par Ahmad Dusoye.

10. Integration of Knowledge par l’IIIT.

11. Formation des enseignants en arabe coranique par Murshid Davids.

Bibliothèque

12. Don de livres islamiques à 4 écoles.

13. Don de livres islamiques à des bibliothèques publiques, écoles, ONG et particuliers.

Bourses HWL et IIIT

14. Bourse octroyée à Asgarally Sohawon et Awad Jankee pour des études de PhD.

15. Bourse offerte par la HWL pour des etudes à l’International Islamic University of Malaysia à Bucksun Bibi Farheen (BA in Administration) et Shaima Illahibaccus-Sona (PhD in Education).

16. La HWL et l’IIIT vont également offrir des bourses à des étudiants des Comores et de Madagascar.

Publications

17. « Aux premières heures de l’aube: Réflexions sur le développement spirituel et personnel » par Khurram Murad.

18. « De l’éthique du désaccord au rejet du conflit » par Sheikh Taha Jabal Alwani.

19. « La Vision du Monde du Coran : Un tremplin pour la réforme culturelle » par Dr Abdulhamid Abusulayman.

20. « Education des Enfants » par Ann El-Moslimany.

21. « Les contes de la Miséricorde » par Anwar Cara.

22. « Redécouvrir la prière » par Dr Ahmad Bassam Saeh.

Journal

23. Premier numéro de l’African Journal of Islam & Society par l’Academic Board de la HWL.

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