mardi , 11 août 2020

Premier League/Liverpool : Jürgen Klopp, le «Normal One» qui a ramené le titre aux Reds

Après trente ans d’attente, Liverpool vient de remporter le tant convoité titre de champion d’Angleterre, avec plus de vingt points d’avance sur son dauphin Manchester City. Un homme a grandement participé au succès : le coach allemand Jürgen Klopp, qui succède à Kenny Dalglish, dernier entraîneur des Reds à avoir touché le trophée de la Premier League, en 1990.

«Jürgen Klopp dit qu’il est impossible pour un club de dominer comme United l’a déjà fait, mais il a tort. Il existe un moyen simple pour Liverpool (de le faire) : laisser Jürgen Klopp continuer indéfiniment (à entraîner les Reds).» Les mots sont signés Wayne Rooney dans le Sunday Times, le 21 juin, et traduisent une certaine fascination pour l’entraîneur de Liverpool, de la part, pourtant, d’un ancien capitaine du rival Manchester United et quintuple champion d’Angleterre. Bref, l’Allemand fait l’unanimité.

Et si Jürgen Klopp est encore loin des 13 titres de champion d’Angleterre remportés par le mythique entraîneur des Red Devils Sir Alex Ferguson entre 1993 et 2013, il a permis à Liverpool de se rapprocher un peu plus du record du club adverse. Les Reds sont en effet désormais à une longueur des 20 titres des Mancuniens.

L’entraîneur «normal »

L’Allemand de 53 ans est arrivé sur les bords de la Mersey début octobre 2015, après le limogeage de Brendan Rodgers et alors que Liverpool occupait la 10e place de la Premier League, avec 12 points. Pour les Reds, il rompt le congé sabbatique qu’il avait pris après son départ du Borussia Dortmund, à la fin de la saison 2014-2015. Dans ses valises, deux titres de champion d’Allemagne (2011 et 2012), une Coupe d’Allemagne (2012) et deux Supercoupe d’Allemagne (2013 et 2014). Celui qui se définit comme un «romantique du football» marque les esprits dès sa conférence de presse de présentation, en 2015 : «Je ne veux pas me décrire. Je suis un homme totalement normal. Je suis le Normal One «. Un entraîneur «normal», en contradiction avec José Mourinho, surnommé « The Special One » après sa première conférence de presse à Chelsea, en 2004.

« Une philosophie de jeu…»

Lors de sa présentation en 2015, il explique aussi son idée du football : «Je crois en une philosophie de jeu très émotionnelle, très rapide et très puissante. Mes équipes doivent jouer à plein régime et aller jusqu’à la limite à chaque match. Une philosophie tactique, bien sûr, mais tactique avec un grand cœur.» Sa tactique, déjà utilisée en Allemagne ? Le principe du «« Gegenpressing »», ou contre-pressing. «Le meilleur moment pour récupérer le ballon est immédiatement après l’avoir perdu. L’adversaire doit encore observer où passer le ballon. Avant d’avoir intercepté ou taclé le ballon, il ne regarde plus le jeu autour de lui et il dépense de l’énergie. Il est donc doublement vulnérable», explique Klopp lui-même.

Chat noir ?

Pour sa première année sur le banc de Liverpool, Jürgen Klopp mène ses hommes en finale de la Ligue Europa. Pour ça, les Reds ont battu le Borussia Dortmund en huitièmes de finale de la compétition (5-4 au meilleur des deux matches), avant d’éliminer Villarreal (3-1) en demi-finale. Mais le 18 mai 2015, à Bâle (Suisse), les Anglais butent contre Séville en finale (1-3). La même année, ils atteignent la finale de la Coupe de la Ligue anglaise, mais la perdent aux tirs au but face à Manchester City (1-1).

Et l’histoire va se répéter. Jusqu’en 2019, aucun nouveau trophée ne viendra remplir l’étagère à souvenirs de Liverpool. Le club ne fera pas mieux que finaliste de la Coupe de la Ligue en 2016 et perdra la finale de la Ligue des champions en 2018, face au Real Madrid (3-1).

2019, enfin l’année des étoiles européennes

Mais après avoir échoué trois fois en finale d’une compétition européenne au cours de sa carrière d’entraîneur (finaliste de la C1 en 2013 et 2018, de la C3 en 2016), Jürgen Klopp parvient enfin a accroché un titre à son tableau de chasse, en 2019. À Madrid, les Reds remportent la Ligue des champions face à Tottenham (2-0). Mais avant de fouler la pelouse du Wanda Metropolitano, les Scousers ont bataillé contre Barcelone, réalisant un exploit majuscule en s’imposant 4-0 à Anfield lors de la demi-finale retour, alors que les Reds étaient menés de trois buts après le match aller.

Ce soir-là, la grande proximité qu’entretient Klopp avec les fans se traduit par un grand moment d’émotion sur la pelouse d’Anfield. Accompagné de ses joueurs, le coach allemand entonne le célèbre hymne «You’ll never walk alone» devant le kop. Une scène passée à la postérité.

Un véritable meneur d’hommes

Pour parvenir à ses fins et aux titres, celui qui a été nommé entraîneur de l’année par The Best FIFA en 2019 sait faire preuve d’humilité et de cohésion avec ses joueurs. Sous ses ordres pendant quelques mois début 2009 au Borussia Dortmund, le milieu Kevin-Prince Boateng a grandement apprécié l’homme et le coach. À Bild en décembre 2019, le milieu ghanéen expliquait : «Il sait comment vous captiver. Je ne sais pas comment il fait, mais il se débrouille. Je ne pense pas qu’il y ait un joueur à Liverpool qui ne l’aime pas. Même ceux qui ne jouent pas. C’était la même chose à Dortmund, et c’est ce qui le rend spécial. C’est la raison pour laquelle toutes les équipes donneront tout pour lui. C’est un mec génial et aussi un entraîneur génial. La plupart du temps, vous n’êtes que l’un ou l’autre. Klopp a les deux».

L’adversaire Wayne Rooney n’a pas hésité à comparer Jürgen Klopp à son ex-coach Ferguson : «Ses joueurs entrent sur le terrain en croyant qu’ils vont remporter chaque match et ils le pensent toujours même lorsqu’ils sont menés d’un but. C’est la mentalité que nous avions à United. Là où nous avions Sir Alex Ferguson, ils ont Jürgen Klopp. À 16 ans, quand j’ai décidé de débarquer à Old Trafford, ce n’était pas seulement pour jouer pour Manchester, c’était parce que je voulais jouer pour Alex Ferguson. Selon moi, c’est la même chose pour Klopp. J’adorerais jouer sous ses ordres, mais ailleurs qu’à Liverpool».

Le «mec génial» est aussi connu pour son sens de l’humour. L’international écossais Andy Robertson, défenseur à Liverpool, expliquait au Guardian : «Il utilise l’humour très intelligemment. S’il sent que les gars sont tendus, ou que les choses n’iront pas dans notre sens, il relâche la tension. Il balance une blague, ou on entend son grand rire.»

Jürgen Klopp est un habitué des bails longs et aime s’inscrire dans la durée. À Dortmund, il est resté sept ans sur le banc (2008-2015). Avant cela, il a fait ses classes d’entraîneur pendant sept ans et demi à Mayence (2001-2008). Avec lui, le club mayençais accède d’ailleurs à la Bundesliga pour la première fois de son histoire. À Liverpool, son contrat court désormais jusqu’en juin 2024. Klopp pourrait donc rester au moins neuf ans chez les Scousers.

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