- « J’ai hérité cette passion de ma grand-mère et de ma mère »
Quatrième génération de sage-femme dans sa famille, Palwine Diloo Sheikmeera perpétue un savoir ancestral qu’elle a enrichi par une formation médicale. Entre gestes traditionnels, écoute bienveillante et accompagnement scientifique, elle redonne aux mères douceur, confiance et sérénité après l’accouchement.
Dans un monde où les pratiques traditionnelles disparaissent peu à peu, Palwine Diloo Sheikmeera incarne la persévérance et la passion d’un métier ancestral : celui de sage-femme. D’emblée, elle précise que depuis plusieurs années, une sage-femme n’a plus le droit de faire accoucher une femme à domicile. Mais son rôle reste essentiel après l’accouchement.
Quatrième génération de sa famille à exercer cette vocation, son histoire commence très tôt. Elle n’a que neuf ans lorsqu’elle accompagne sa grand-mère et sa mère dans leur travail auprès des jeunes accouchées. Curieuse et attentive, elle observe les rituels de soins : les massages, les bains du nourrisson, l’art de rassurer une maman qui vient de traverser l’épreuve de l’accouchement.
« C’est une passion qui s’est imposée à moi naturellement », confie Palwine Diloo Sheikmeera. « J’ai grandi au contact de ces femmes fortes, ma mère et ma grand-mère, et j’ai compris que ce métier était bien plus qu’une profession : c’est une mission, un service, un lien profond avec la vie. »
Formation médicale
Fidèle à cet héritage, elle a choisi de compléter ce savoir traditionnel par une solide formation médicale. Aujourd’hui, diplômée en tant que midwife, elle associe ses connaissances scientifiques aux gestes transmis dans sa famille. Une combinaison rare et précieuse qui lui permet d’apporter un accompagnement complet aux mères et à leurs bébés.
Ainsi, sans une petite pièce baignée de douceur et de sérénité, Palwine Diloo Sheikmeera accueille chaque jour des femmes à un moment unique de leur vie. « Mo finn apprann avek mo nani ek mo mama, ek mo dévoir sé donn douser a bann mama ek zot bebe apré lakouchman », dit-elle avec émotion.
Un rôle au-delà des soins physiques
Chaque jour, elle prend en charge en moyenne trois femmes. Ses interventions sont multiples et toujours attentives : masser la maman après son accouchement pour soulager son corps, veiller à la cicatrisation grâce aux pansements, donner au nourrisson son bain et lui offrir un massage apaisant. Mais son rôle ne se limite pas aux soins physiques. Elle aime le rappeler avec conviction : « Après l’accouchement, une femme est vulnérable. Elle traverse un tourbillon d’émotions et a besoin d’être entourée. Je me considère parfois comme une psychologue, car l’écoute et la parole comptent autant que les gestes. »
Elle ajoute : « Mo bizin ekout bann mama ki nerveuse, ki koz boukou, ena ki ploré. Mo bizin kapav soulaz zot lemotion par bann karese ek bann mo dou. »
500 bébés…
En douze années de pratique, Palwine Diloo Sheikmeera a accompagné plus de 500 mamans et autant de bébés. Chacun de ces instants représente pour elle une nouvelle rencontre, une nouvelle histoire de vie qu’elle chérit. Elle souligne aussi l’importance de transmettre des conseils pratiques : l’allaitement, les positions à adopter, la nutrition, les exercices physiques, mais aussi – et surtout – la joie et la sérénité.
« Une maman joyeuse, équilibrée et confiante transmet cette énergie positive à son enfant », affirme-t-elle.
Dans son approche, la modernité ne fait pas disparaître les traditions. Palwine Diloo Sheikmeera pratique également le cupping, une thérapie alternative de plus en plus recherchée par les femmes, qui vise à soulager les tensions et revitaliser le corps. Elle y voit un prolongement naturel de son engagement : offrir aux femmes un espace de bien-être, de guérison et de confiance. « Cupping li importan pou bann madam ki fer menopause, ek mo fer li kot mwa dan enn lasal stérilisé », explique-t-elle.
Une passion qui traverse les générations
Au-delà de ses compétences, ce qui frappe chez Palwine Diloo Sheikmeera, c’est la passion qui l’anime. Une passion qui transcende les générations et qui puise sa force dans l’amour du métier. Dans un monde où la médicalisation à outrance tend parfois à déshumaniser la maternité, son rôle prend une dimension particulière : elle redonne aux femmes la place centrale qu’elles méritent, en respectant leur rythme, leur corps et leurs émotions.
Aujourd’hui, elle est consciente du défi qui l’attend. Le métier de sage-femme traditionnelle s’efface peu à peu devant les structures hospitalières modernes. Mais elle reste convaincue qu’il existe une place pour son savoir-faire unique. « Tant qu’il y aura des mères qui cherchent une écoute bienveillante et des soins personnalisés, je serai là », dit-elle avec assurance.
Pour celles qui souhaitent prendre contact avec la sage-femme, elle est joignable au 5939 1255.
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