vendredi , 21 janvier 2022

Marchands de plage : les restrictions plombent les ventes

Ils sont de ceux qui ont le plus souffert pendant cette crise de Covid-19. Les marchands de plage ont connu bien des jours noirs avec les différents confinements et surtout les restrictions ayant trait à l’interdiction de piqueniquer sur les plages. La période de fêtes a-t-elle cependant été propice aux ventes ? Quelques Beach Hawkers de Flic-en-Flac nous livrent le fond de leurs pensées.

Reeyaz Golab, marchand de glaces : «Les gens ont peur d’être pris en contravention»

Reeyaz Golab, qui vend des glaces depuis plus d’une quinzaine d’années, nous fait part que les congés publics du 1er et 2 janvier lui ont définitivement été bénéfiques. « Avant, je ne travaillais que les dimanches après-midi mais ces quelques jours m’ont permis de réaliser un peu plus de ventes », confie-t-il.

Cependant, il avance que le travail est « nil » et que ses revenus ont définitivement baissé mais l’exemption dont il bénéficie sur son permis d’opération de la part du gouvernement lui permet de souffler. Il est reconnaissant déjà. Pour lui, que ce soit touristes ou locaux, les gens ont peur de venir s’acheter une glace et pour cause. « Les gens ont peur d’être pris en contravention, car on ne peut plus piqueniquer à la plage », souligne-t-il. Reeyaz Golab trouve d’ailleurs étonnant que « les foules soient admises dans les ‘bazars’, centres commerciaux et autres, alors que le pique-nique est interdit sur les plages qui sont des espaces ouverts ».

Sochil Kumar Jeetun, vendeur de nourriture : «Le travail reprend moyennement»

Propriétaire de « Tricycle Zetoile », Sochil Kumar Jeetun compte aussi parmi les ‘beach hawkers’ et pour lui, ces derniers jours fériés ont été profitables. Toutefois, il avance que ce sont surtout avec les Mauriciens qu’il a pu renflouer les caisses. Qu’en est-il des touristes ? « Les touristes viennent mais ils ne sont pas nombreux et ils n’achètent pas beaucoup », laisse-t-il entendre.

Pour lui, ces étrangers sont cruciaux pour la survie des villages touristiques tels que Flic-en-Flac. « Les propriétaires des villas et bungalows, les chauffeurs de taxi et les marchands, comme moi, dépendent beaucoup d’eux », affirme-t-il. Selon Sochil Kumar Jeetun, « le travail reprend moyennement » et il lance un appel aux autorités concernées en ce qu’il s’agit des frais associés à leurs permis. « Pour le moment, je m’en tire de justesse, car mes clients sont principalement des employés de la région et moi, je leur propose un repas à pas cher », dit-il.

Ravin Goodar, marchand de coco et de confits : «Les touristes aussi ont peur»

Ravin Goodar est plus amer. D’emblée, il nous raconte un incident. « Récemment, une dame a acheté des fruits confits chez moi et en faisant deux pas pour manger, elle a été prise en contravention par des policiers pour non-port du masque », dit-il. Il dit que ce type de comportement décourage les gens de venir acheter et son étal, c’est « mon gagne-pain ». Il est d’autant plus agacé, car il est obligé de vendre rapidement ses produits qui sont des produits frais et donc, ne peuvent être conservés.

Selon lui, les trois premiers jours de janvier ont eu un léger effet positif sur ses ventes mais après, cela a été un dur retour à la réalité. Les touristes viennent-ils à la plage ? « Les touristes aussi ont peur, car ils ne sont pas épargnés par les autorités », ajoute-t-il. Ravin Goodar estime que cela peut décourager les futurs touristes à venir passer des vacances à Maurice.

Stella Sautrelle, marchand de vêtements de plage : «La présence des policiers fait fuir les clients»

Stella Sautrelle vend des paréos, des bouées et autres vêtements de plage depuis une dizaine d’année et elle dit « avoir tout vu ». Pour elle, « la présence des policiers sur la plage fait peur et fait fuir les clients ». D’ailleurs, elle parle d’une baisse de 75% de ses ventes. « Je trouve désolant qu’on permette aux gens d’aller au restaurant et dans les boutiques qui sont généralement des espaces confinés alors qu’à la plage, nous sommes en plein air et donc le risque de contracter le virus est moindre », se désole-t-elle.

Des clients, elle en a eus même pendant les jours de fêtes mais au compte-gouttes. Elle lance un appel, de son côté, aux autorités compétentes : « les plages sont les lieux de détente de nombreux Mauriciens, elles sont gratuites et nous devons permettre aux gens d’y retourner normalement ! »

Kausar Kurim-Aubdoollah

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