Friday , 19 July 2024
La photo de la victime de l’accident du tram, samedi dernier, a malheureusement fait le tour des réseaux sociaux.

Malin, Malsain et Maléfique

Aujourd’hui, nous vivons à l’heure des réseaux sociaux et de l’internet où on ‘share’, ‘like’, ‘comment’ ou ‘post’ comme on respire.

A priori, il devient possible de faire tant de bonnes choses avec ces technologies modernes de télécommunication et de communication. Mais comme tout objet, les mauvaises utilisations, dérives et abus ne peuvent être évités. En fait, nous sommes même face à de plus en plus de problèmes qui y sont liés.

Arrêtons-nous sur un aspect spécifique qui concerne une ‘maladie’ qui nous ronge. Cela consiste à prendre avec son portable des images ou vidéos d’autrui sans aucune permission. Cela est particulièrement grave lorsque c’est suite à, ou pendant, une situation très délicate pour une personne ou sa famille. La maladie prend une forme épidémique infecte lorsque les gens se mettent à circuler ces enregistrements sur la toile, surtout lorsque le contenu est d’une rare violence, viole l’intimité de quelqu’un, ou peut choquer ceux qui les regardent.

Malin Plaisir

Eprouve-t-on un malin plaisir quand on capture ainsi la scène d’un accident mortel, la victime gisant dans une mare de sang ? Sinon quel sentiment ressent-on lorsqu’on prend en photo ou vidéo un cadavre calciné lors d’un incendie ? Il y en a même ceux qui saisissent les agissements de certains qu’ils qualifient eux-mêmes d’obscènes. Et ils passent ensuite ces images ‘obscènes’ à tout le monde comme si, eux, ils sont innocents, irréprochables, meilleurs et purs, car ils n’en sont que des spectateurs.

On peut leur accorder le bénéfice du doute s’ils ne diffusent pas ces images, mais les font parvenir en toute confidentialité aux autorités ou à une instance concernée afin d’arrêter un mal ou d’aider la justice. Mais le malin plaisir de répandre ces images est parfois trop fort. Ne songe-t-on pas, par exemple, à la maman d’une victime d’un accident fatal quand elle verra son enfant ainsi dans un état si atroce ? Si jamais c’est son propre enfant, aura-t-on le courage de prendre avec son portable un enregistrement de la scène macabre ? Et la partager ensuite avec une certaine indifférence, pire un malin plaisir ?

Pensée malsaine

Ce qui est pour certains un acte banal sans mauvaise pensée, comme prendre une photo ou une vidéo avec son portable, et/ou la partager, peut-être pour d’autres la source d’un mal. Les gens ne sont pas tous pareils et ne font généralement que réagir en fonction de leurs contextes spécifiques. Ainsi, une image peut être sans impact sur une personne, mais sur une autre, elle peut déclencher une réaction toute autre. Des fois, c’est une pensée malsaine qui en découle.

L’émotivité, l’absence d’esprit critique, et la mauvaise interprétation, sans mentionner la capacité d’instrumentaliser de certains, font que nous pouvons provoquer d’énormes dégâts à partir d’une seule image. Entre celui qui l’a prise et celui qui agit, il peut n’y avoir aucun contact, mais des milliers d’internautes qui se sont retransmis l’image en question.

Rarement il y a une pensée positive, un je-ne-me-mêle-pas, une distanciation, un bénéfice du doute ou une restreinte chez certains, mais plutôt un désir instinctif de juger, condamner et chercher à punir. Il ne leur suffit pas uniquement de ‘comment’, ils peuvent aussi mettre en action leurs pensées malsaines.

Pratique Maléfique

Ainsi, nous témoignons, conséquemment, des cas de lynchages, même de meurtres, ici et ailleurs, directement, voire presque spontanément, liés à ces images capturées. Des gens se donnent le droit de faire justice eux-mêmes, selon leurs désirs, mais aussi il y a ceux qui se font ou se laissent manipulés. Il y a eu ainsi des violences terroristes ailleurs, comme aussi de tels actes ont été filmés pour choquer davantage. Dans beaucoup de pays, des politiciens ou des groupes d’influenceurs patentés manipulent également les électorats par l’instrumentalisation des messages visuels, vrais ou faux, menant à la violence, sinon à ce qui apparente même à des guerres civiles.

Nous ne pouvons conclure sans mentionner ce qui est, sans doute, la pire des maladies, car elle alimente finalement tout malin plaisir, pensée malsaine et pratique maléfique. Il s’agit d’aimer voir le mal se propager. Une personne atteinte ne commet pas lui-même l’acte qu’il condamne, mais il est content de voir les autres tomber dans cet agissement que tout le monde trouve répréhensible. Il est essentiellement satisfait lorsque ceux qui sont considérés comme bons finissent par faire des erreurs. Il attend vivement, comme si avec jubilation, à ce que cela arrive. Prouve-t-il ainsi qu’il est supérieur ? Retenons qu’il ne fera rien pour rétablir la justice ou pour accompagner celui qui fait une erreur à se changer. Priera-t-il pour que ce dernier cesse son égarement et prenne le droit chemin ? Au contraire, il espérera que le pire survienne…

Il ne faut donc pas compter sur celui qui a de cette pire maladie pour cacher les défauts d’autrui. Il ne se réjouit pas seulement de les constater, mais il les cherche même où rien n’existe. Il aime en parler, même à ceux qui ne sont nullement concernés. Il n’essaiera pas de comprendre. Il fera tout pour publiciser le moindre élément douteux. Même si cela implique commettre une plus grave injustice, voire même s’allier avec le diable. Le Coran fait référence à ceux-là de la plus sévère des manières :

Quant à ceux qui aiment que l’immoralité se propage parmi ceux qui ont cru, ils auront un châtiment douloureux dans le monde et l’au-delà.

Et Dieu sait alors que vous ne savez pas. (Le Coran 24 :19)

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