mercredi , 15 juillet 2020

L’Eid-ul-Fitr vécue par les enfants : célébration différente mais empreinte de joie

Cette année, la célébration de l’Eid-ul-Fitr a été très différente. Avec le confinement, les enfants n’ont pu rencontrer leurs proches pour avoir leur « Eidi ». Certains ont cependant pu rendre visite à leurs grands-parents. Ecoutons-les.

Mohammad Saahir Mungur : «Une superbe fête de l’Eid en famille»

Âgé de 12 ans et habitant de Mahébourg, Mohammad Saahir Mungur a célébré l’Eid à la maison entouré de ses parents et de ses voisins. Il a accompli la prière de l’Eid à la maison. « Cette Eid était différentes de celle des années précédentes. Nous n’avons pas pu accomplir la prière de l’Eid en congrégation. Le matin de la fête, j’ai mangé des vermicelles, du Rasmalai, du barfi, des roulées de dattes, du magaj et d’autres douceurs  », nous dit cet élève de la Emmanuel Anquetil SSS.

Néanmoins, Saahir Mungur se dit très heureux d’avoir reçu de l’argent en guise de cadeau pour l’Eid. «  Heureusement, cela m’aidera à économiser pour acheter un vélo électrique. Malgré le confinement, j’ai apprécié d’avoir passé une superbe fête de l’Eid en famille  », ajoute-t-il.

Le seul regret de notre jeune interlocuteur c’est de n’avoir pu rencontrer certains proches, ses grands-parents paternels et ses amis. « J’ai dû rester à la maison. Je voulais tellement sortir pour pouvoir partager des gâteaux et aller à la plage. Je suis triste de n’avoir pas pu rencontrer tous mes proches», se désole-t-il.


Aasiyah et Maryam Dilhossain : «Très contentes d’avoir rendu visite à nos grands-parents»

Aasiyah Dilhossain, 11 ans, et sa sœur Maryam, 8 ans, disent avoir vécu un agréable moment le jour de l’Eid. Habitant la région de Pailles, les deux soeurs confient avoir célébré l’Eid-ul-Fitr en famille et se disent « très contentes d’avoir pu rendre visite à leurs grands-parents paternels et maternels» qui habitent près de chez elles. Elles n’avaient pu les rencontrer depuis deux mois à cause du confinement.

Les deux filles qui étudient à la Doha Academy ont, par ailleurs, jeûné pendant le mois du Ramadan. « J’ai manqué qu’un seul jour de jeûne, car je me suis réveillée tard », confie Aasiyah.


Mariyah Zmanay : «L’Eid a coïncidé avec l’anniversaire de ma maman»

Apres un mois de jeûne au cours duquel elle n’a manqué aucun ‘roza’, Mariyah Zmanay, 12 ans, raconte qu’elle a vécu une excellente fête de de l’Eid malgré le confinement. « La matin à 8h30, on a tous fait le namaz Eid avec mes frères, mes parents, mes oncles et ma grand-mère. On a ensuite pris notre petit-déjeuner et je me suis préparée. J’ai mis un peu de maquillage et porté la robe neuve que ma maman m’a achetée pour l’Eid », raconte-t-elle.

Mariyah confie qu’elle a également passé un peu de temps avec ses frères et a beaucoup apprécié le déjeuner en famille. « Cette année, le jour de l’Eid a coïncidé avec l’anniversaire de ma maman. On a donc préparé un gâteau d’anniversaire et je lui aie offert une carte que j’ai moi-même écrite et aussi un présent. D’habitude pour l’Eid, on part rendre visite à mes grands-parents maternels qui habitent à Goodlands. Cela n’a pas été possible cette fois. Ils m’ont beaucoup manqués », nous dit-elle.


Zubayr Hissoob : «J’ai souhaité Eid Mubarak à travers des vidéos sur WhatsApp»

Zubayr Hissoob, 9 ans, raconte lui qu’il a passé une Eid plutôt mémorable cette année. « Malgré le confinement, mes parents et moi avons passé une journée peu ordinaire. La veille, j’ai aidé ma maman à préparer des délices de l’Eid-ul-Fitr telles que le ‘Sheer Kurma’ et les ‘magajs’. Le jour de l’Eid, après la prière du matin, mon frère aîné, mes proches et moi avons joué à un match de foot », raconte-t-il.

Pour le déjeuner, Zubayr s’est dit ravi d’avoir eu à ses côtés ses grands-parents ainsi que d’autres proches. « Ensuite, j’ai profité de mon après-midi pour souhaiter ‘Eid Mubarak’ à travers des vidéos sur WhatsApp aux proches et amis que je n’ai pas pu rencontrer. On a échangé les photos des vêtements que nous avons portés pour l’occasion et celles des gâteaux. J’ai aussi parlé à tous mes proches, cousins et cousines qui sont à l’étranger pour leur souhaiter ‘Eid Mubarak’ », laisse-t-il entendre.


Eid et Ramadan exceptionnels pour Atifah et Abiyan

Une Eid-ul-Fitr unique précédée d’un Ramadan tout aussi exceptionnel. C’est l’expérience qu’ont vécue Atifah et Abiyan Jhummun, âgés de 9 ans et 7 ans respectivement, ces quatre dernières semaines avec leurs parents.

Comme de nombreux Mauriciens, c’est chez eux, à Phoenix, qu’Atifah et Abiyan ont fêté l’Eid-ul-Fitr. Une première chez les Jhummun, selon Shameemah, la mère des deux petits. « Pour la première fois, nous sommes restés à la maison à l’occasion de l’Eid. Mes beaux-parents habitant au rez-de-chaussée, Atifah et Abiyan ont pu néanmoins passer du temps avec eux. C’est toutefois à travers WhatsApp qu’ils ont dû souhaiter Eid Mubarak à leur nani. Ils se parlent d’ailleurs tous les jours depuis l’instauration du couvre-feu sanitaire », explique-t-elle, indiquant que le plat traditionnel, le briani, était au menu ce jour-là. « Aussi, les enfants ont obtenus leur Eidi  », ajoute-t-elle.

En sus de la fête de l’Eid, Imran, le père d’Atifah et Abiyan indique que le Ramadan a été tout aussi exceptionnel. Et pour cause, les deux enfants étant à la maison, ils ont eu l’occasion de passer plus de temps avec leurs parents que d’habitude durant le Ramadan. Le père de famille souligne cependant que son épouse et lui ont dû bien planifier l’emploi du temps des enfants, partagé entre les études et les loisirs. Mais aussi, depuis peu, une toute nouvelle activité s’est invitée chez les Jhummun pendant le Ramadan. « Nous avons lancé notre plateforme en ligne ‘Kostomise’ et ‘Deslam’ au début du mois de mai où nous proposons des objets personnalisés, notamment des t-shirt, des sacs ou encore des pochettes. Vu l’envergure qu’a pris les achats en ligne avec le confinement, les commandes affluaient et on s’est vite retrouvé à court de bras », explique Imran.

C’est là, dit-il, que les enfants sont entrés en jeu. En effet, afin de pouvoir respecter les délais de livraison, Atifah et Abiyan ont dû se retrousser les manches et mettre la main à la pate. « Ce qui fait que nous avons vécu un Ramadan exceptionnel avec nos enfants à nos côtés. Nous sommes restés ensemble que ce soit pour des moments de détente en famille, pendant les prières et aussi pendant le travail », se réjouit Imran Jhummun.

D’ailleurs, Shameemah ne manque pas de souligner qu’Atifah et Abiyan ont, cette année, doublé le nombre de jeûnes qu’ils avaient observés lors du précédent Ramadan. « Et Abela, notre chat, a mis au monde un chaton que nous avons prénommé Habibi  », fait-elle ressortir avec humour.


Muhammad Rayhaan Noorally : «J’ai reçu beaucoup de cadeaux»

Habitant de Port-Louis, Muhammad Rayhaan Noorally, étudiant en Grade 6, confie qu’il n’a pu entamer sa journée de l’Eid comme il avait l’habitude de le faire chaque. « Je me suis réveillé tôt ce jour-là, j’ai aidé mon père à nettoyer la maison. Ensuite, nous nous sommes vêtus de nos meilleurs habits et nous avons accompli le namaz Eid ensemble. Après quoi, nous sommes partis rendre visite à mon grand-père paternel et nous avons pris le déjeuner traditionnel en famille chez lui », raconte-t-il.

Par la suite, Rayhaan raconte qu’il est parti rendre visite à sa grand-mère maternelle chez laquelle il était convié pour un autre repas en famille. « J’ai reçu beaucoup de cadeaux de la part des aînés de la famille et j’ai apprécié chaque instant de ce jour de fête », ajoute-t-il. Cela dit, le jeune garçon regrette de n’avoir pu faire du shopping pour l’Eid comme c’est le cas chaque année. Il se dit également triste de n’avoir pas pu aller souhaiter « Eid Mubarak » à d’autres membres de sa famille.


Mohammed Ayham Jungul : «On a accompli le namaz Eid à la maison»

Le petit Ayham Jungul, 8 ans, dit qu’il a passé de très bons moments en famille à l’occasion de la fête Eid. « L’Eid-ul-Fitr a été différente cette année à cause du confinement. Mais après les 25 jours de jeûne que j’ai observés, Alhamdulillah, j’ai passé une très bonne fête de l’Eid en famille  », confie-t-il.

Ayham raconte que la veille, son petit frère et lui ont aidé leur maman à faire le nettoyage. Le jour de l’Eid, il s’est réveillé pour accomplir la salaat-ul-Fajr avec ses parents. « Ensuite, on a tous mis la main à la pâte pour les préparatifs. J’ai pressé du jus d’orange et j’ai décoré les plats de gâteaux. Vers 7h15, on a accompli le namaz Eid à la maison et puis on est descendu au rez-de-chaussée pour souhaiter Eid Mubarak à ma grand-mère et à mon oncle paternel. On a reçu de l’argent et des cadeaux, et on a offert un plat rempli de gâteaux à ma grand-mère. J’étais quand même un peu triste de n’avoir pu accomplir le namaz Eid à la mosquée », souligne-t-il.


Ishaaq Essackjee : «Le briyani n’était pas au menu cette année»

L’Eid-ul-Fitr s’est avérée être une journée normale chez les Essackjee. Ishaaq Essackjee (12 ans) confie que son frère Isa (7 ans), sa sœur Safia (2 ans) et lui ont passé toute la journée de l’Eid à la maison. « En raison du confinement, nous étions tous à la maison. Nous n’avons pu aller à la mosquée le matin. L’Eid n’avait pas la même saveur cette année. Nous n’avons pas pu rencontrer nos proches. Cette année, le briyani n’était pas au menu également », dit Ishaaq.

Néanmoins, Ishaaq se réjouit qu’ils aient pu porter des vêtements neufs et d’avoir pu jouer toute la journée. « Nous avons passé une journée normale. Nous avons joué dans la cour », précise ce jeune habitant de Coromandel.

Nafissah FAKUN/Jameela JADDOO

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