jeudi , 3 décembre 2020

Le problème No 1 du pays : la drogue

Le Directeur des Poursuites Publiques (DPP) a souligné un fait révélateur. Le trafic de drogue persiste, mais comment se font les paiements et transferts d’argent ? Les dealers ne font pas du bénévolat et rien n’est gratuit. Si au niveau le plus bas, des jeunes volent même leurs parents pour se droguer, comment se fait le paiement des plus grands trafiquants ? Les sommes sont astronomiques, des centaines de millions, voire des milliards pour une petite île comme la nôtre. Le DPP ne va pas par quatre chemins pour dénoncer le rôle des opérateurs économiques.

Selon le DPP, ils font croire à une activité légale en important des marchandises, mais en faisant placer de la drogue dans leurs cargaisons. C’est ainsi qu’ils payent leurs ‘marchandises’ et aussi transfèrent de d’argent par les banques et durant des voyages. Pourtant, en dépit de la COVID-19, la drogue et l’argent n’ont cessé de circuler, y compris aussi à travers la poste et les paiements en ligne. Pire, Maurice peut servir de plateforme internationale si la vigilance n’y est pas.

Argent

On doit se demander ce que font les institutions bancaires et financières qui voient transiter ainsi d’énormes quantités d’argent ? N’y a-t-il aucun soupçon ? Et que font aussi la police, la douane, la MRA et l’ICAC lorsqu’il y a des gens qui montrent des signes d’enrichissement inexplicable ? Parmi les opérateurs qui ferment aussi les yeux, n’y-a-t-il pas aussi des courtiers, des vendeurs, des concessionnaires, voire des notaires ? Jusqu’à des politiciens, car les liens entre trafiquants et ces derniers n’existent pas seulement dans les films.

Presque partout au monde, la mafia de la drogue a étendu ses tentacules dans toutes les sphères du pouvoir, de l’économie, des affaires, de l’administration, des forces de l’ordre, des prisons, de la magistrature et aussi du divertissement. Dans certains cas, ils ont des liens avec le terrorisme. De l’Amérique du Sud jusqu’en Asie, nous voyons les dégâts que font le trafic de la drogue. Ici que faut-il faire ? A quoi a servi la Commission d’enquête sur la drogue ? Que font les associations dites ‘socioreligieuses’, pour ne pas dire les responsables des lieux de culte ?

Mais aussi individuellement, que pouvons-nous faire? Que dire à nos enfants sinon qu’il ne s’agit pas d’un bonbon ou d’un smarties qui circule librement parmi nos jeunes ? La drogue est si facilement disponible dans des écoles, dans des cours particuliers, dans des gares. Aujourd’hui, une pilule ‘simik’ ne coûte pas trop cher. Mais lorsque la dépendance s’installe, le budget explose et pousse certains à transgresser toutes les limites. Avec le chômage qui nous guette dans l’ère post-COVID-19, que peut-il arriver d’autre qu’une hausse de la criminalité liée au fléau de drogue  ? Des familles et une société qui se brisent…

Vigilance

Si la vigilance financière et policière est la responsabilité des autorités afin de cesser le transfert de fonds lié au trafic de drogue, il nous faut aussi une autre vigilance. Celle des parents, des responsables scolaires, des citoyens. Il ne s’agit nullement de condamner les jeunes. Il faut les écouter, les laisser parler, leur parler, communiquer. Ce que nous voulons c’est les protéger. Le plaisir de la drogue est une illusion qui ne dure qu’un moment, c’est de la souffrance garantie ensuite pour notre jeunesse. C’est un avenir qui se brise. C’est une vie qui est condamnée. Non seulement c’est un délit qui est donc illégal, mais aussi c’est un danger grave pour la santé. Mortel. Les cas d’overdoses ne se comptent plus. Certains de leurs amis ne le sont pas vraiment s’ils les invitent à se détruire. Offrons aussi à nos jeunes, garçons et filles, des alternatives et des opportunités d’épanouissement qu’ils peuvent choisir afin de les éloigner de l’enfer de la drogue. Le sport doit être une solution proposée tôt aux jeunes, une initiation à la discipline et à une hygiène de vie. Un esprit sain dans un corps sain.

Confiance

Finalement, n’oublions jamais la dimension spirituelle de la lutte contre la drogue. Si nous avons la foi que Dieu existe, alors Il connaît mieux que quiconque tous les problèmes et toutes les solutions. Trouvons la force de résister en nous remettant à Lui. La confiance en Dieu renforce la confiance en soi. Il nous protégera et nous donnera les moyens pour nous protéger qu’ils soient humains, matériels, médicaux, éducatifs, récréatifs, psychologiques, thérapeutiques ou autres.

Commençons par ce lien direct avec Dieu qu’est la prière, car Il nous connaît mieux que nous-mêmes et toutes choses, nos situations, nos réalités, ce que nous cachons et ce que nos révélons. Il a le pouvoir aussi de faire de nous des êtres dont les âmes sont pures, les esprits éclairés, les corps vigoureux et les vies décentes. Il ne faut jamais se désespérer. Il mettra aussi sur notre chemin pour nous accompagner des gens qui ont ces qualités, sachons les reconnaître. Ne tournons pas le dos à Ses signes.

Que ce soit un gros trafiquant, un dealer ou un jeune qui est tenté par la drogue, la grandeur de Dieu est infiniment plus grande que toutes nos faiblesses. Il pardonne et il faut revenir à Lui. Souvenons-nous de Lui pour résister au mal, pour l’opposer, pour changer.

« Ô Toi qui fais tourner les cœurs, affermis nos cœurs sur Ta religion ! »

Par DR KHALIL ELAHEE

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