lundi , 23 mai 2022

L’an 2022 : Venez au succès ! Venez au succès !

Tant de vœux de succès nous accompagnent ces jours-ci comme s’il suffisait de vouloir.

Même lorsque la volonté est là, nous savons qu’il faut aussi d’autres conditions afin que le succès soit une réalité. Il faut d’abord savoir ce que nous voulons vraiment, et si cela est meilleur réellement. La motivation est indispensable. Ensuite, il nous faut les moyens pour y arriver. Le temps, la santé, la patience et le support des autres, tout comme la capacité de travailler assidument vers la réussite, sont nécessaires.

Combien de fois ne voyons-nous pas que rien n’avance lorsqu’il n’y a pas une vision partagée, une coopération sincère, un encouragement essentiel ? Le succès n’est pas au rendez-vous lorsque des obstacles se mettent sur notre route, pire lorsque l’adversité, voire l’opposition des autres, nous barrent la route. Des fois, nous avons nos propres faiblesses, manques, négligences, défauts et failles. Et si l’hostilité provient de ceux sur lesquels nous comptons le plus, le succès risque de demeurer une illusion. Tant de forces intérieures comme externes, visibles et invisibles, peuvent concrètement anéantir les chances de toute réussite.

L’appel

Et pourtant, 5 fois par jour, un appel pour se hâter vers le succès résonne autour de nous. Mais force de constater que nombreux parmi nous n’écoutent plus. Beaucoup l’entendent, mais n’y prêtent attention, comme s’ils sont sourds. Pire, pour certains c’est devenu un bruit plutôt banal, voire irritant. Il ne s’agit nullement ici de faire le procès des gens qui ne prient pas. Il s’agit uniquement de rappeler le sens de ces paroles que même ceux qui prient arrivent à oublier : « Hayyāalā-l-falāh ! Hayyāalā-l-falāh ! ».

Ceux qui ont la foi comprennent que le succès et tout ce qui est requis pour y arriver, de la motivation à la gestion des situations, tout sans exception, passe par la permission, l’aide et la bénédiction du Tout Puissant. Reposer sa confiance en Dieu ne signifie pas de ne rien faire. Au contraire, la passivité est tout le contraire de ce qu’éprouve le croyant comme engagement, intelligence, intention, et résistance au fatalisme comme à l’oppression, à ce qui est vécu littéralement comme un ‘jihad’. Se tourner vers Dieu nous empêche de prendre les moyens pour la finalité, de tomber dans des futilités, de se perdre dans les détails inutiles, de faire preuve d’excès de confiance en soi et en ce qui nous est donné. C’est un rempart contre le piège de l’égo.

À l’autre extrême, face à l’épreuve, se remettre à l’Unique nous donne la force de persévérer et de ne jamais se soumettre au désespoir. Cela permet même de relativiser les difficultés, et de finir par trouver en ceux qui se dressent sur la voie de notre succès, finalement, que des compagnons de notre cheminement. Des fois, des alliés, malgré eux, qui nous rappellent le sens sans qu’ils en soient conscients. Car, Dieu est plus grand que toutes les oppositions.

La preuve

Historiquement, en toute impartialité et objectivité, il faut reconnaître que ce qu’ont accompli quelques centaines de bédouins et autres Arabes du désert, il y a environ 14 siècles, relève de l’ordre d’un succès sans précédent dans la mémoire de l’humanité. Comment se fait-il qu’à partir d’un seul homme, en à peine 23 ans, une telle transformation se produise non seulement sur le plan personnel, social, politique, culturel et économique, mais aussi idéologique tant au niveau matériel que spirituel? Ce phénomène secoue le monde de l’époque et provoque des répercussions que nous témoignons à l’échelle mondiale jusqu’aujourd’hui. Mais ce succès s’annonce aussi comme intemporel pour atteindre l’au-delà, tout en s’inscrivant dans le message continuel de tous les envoyés de Dieu depuis le premier homme. Une révolution sur 23 ans qui dans l’espace et le temps depuis la création marque un tournant incomparable.

Or, aujourd’hui, nous vivons dans un monde qui aspire au succès sans Dieu, sinon en faisant comme si cela soit possible sans Lui. C’est la réalité physique qui compte, rien d’autre. Sinon que réussir est possible avec l’association à des dieux que nous créons. Nos désirs les plus primaires, ou ceux des autres, dictent ainsi notre idée de la réussite. Le succès ici-bas devient apparent grâce aux pouvoirs, aux savoirs, aux avoirs et à la gloire de ceux qui en possèdent en ce monde. Est-cela le vrai succès ? Ceux qui ont la foi croient autrement, sans jamais renier tout le bien de ce monde qui leur est justement attribué. Ils recherchent le succès matériel sans compromettre aucunement l’ultime succès éternel.

« Hayyāalā-l-falāh ! Hayyāalā-l-falāh !» sont des paroles qui s’élèvent dans le ciel 5 fois par jour pour nous rappeler que le succès que nous devons rechercher passe par la prière. Celle-ci prend la forme d’une quête de guidance, car comment peut-on réussir si on n’est pas sur la bonne voie ? Mais surtout, la prière est une communication intime et directe avec Dieu, une adoration que nous Lui devons. L’adorer la façon qu’Il a choisie, pas celle que nous inventons. À l’heure d’une pandémie qui perdure et des restrictions sur l’accès aux lieux de culte, il faut prendre conscience du sens profond de cet appel. S’il n’est pas faisable de se rendre à la mosquée, répondre à cette invitation au succès est toujours possible autrement, quel que soit l’endroit où nous sommes. Avec humilité, crainte, espoir et amour en Dieu.

Par PROF. KHALIL ELAHEE

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