En attendant le mois du Ramadan, il y a un semblant de volonté, chez certains, pour qu’un cessez-le-feu soit appliqué à Gaza. Les mêmes n’en voulaient pas entendre parler auparavant. Jusqu’à imposer leur véto, ou s’abstenir, au lieu d’empêcher les massacres de milliers d’innocents, la plupart des femmes et des enfants. Pire, jusqu’à maintenant, ils approvisionnent toujours l’armée israélienne en bombes, facilitent l’acheminement de ces engins de destruction et soutiennent financièrement l’occupation.
Par pure réaction instinctive, maintenant, d’autres pourraient refuser « leur » cessez-le-feu hypocrite, qui d’ailleurs n’est pas gagné aussi longtemps que Netanyahu et les siens tiennent en otage leur propre pays avec leur manière de gouverner. S’ils ne peuvent clamer avoir atteint leur objectif d’exterminer le Hamas, ils ont, par contre, dépassé toutes les limites de ce qui est humainement indigne. Selon le Commissaire-Général de l’organisme des Nations Unis pour les réfugiés de la Palestine, il y eu plus d’enfants tués, plus de journalistes tués, plus de personnel médical tués, plus de staff de l’ONU tués pendant ces quatre mois à Gaza que n’importe où au monde durant un conflit. Du jamais vu. Après les bombardements totalement disproportionnés qui n’ont d’équivalent que la destruction à Hiroshima et Nagasaki en capacité destructrice, aujourd’hui c’est une tragédie humanitaire qui tombe sur Gaza.
Selon les Nations Unis, la fourniture d’eau est maintenant réduite à 7% à Gaza du niveau avant le conflit, frappe un enfant sur six, les épidémies liées à la situation sanitaire catastrophique et la malnutrition menacent plus que jamais la population de déplacés qui est de plus 1,7 millions de Palestiniens. Dans un hôpital, ou ce qui reste d’une telle institution, dix enfants viennent de mourir de famine en une journée. Désormais, un habitant de Gaza sur vingt a été soit tué ou blessé suite aux attaques israéliennes.
Une attaque sur Rafah, la porte d’entrée de tout secours, ne peut que signifier la mise à mort d’innocents civils à une échelle encore plus tragique que ce que les bombes ont provoqué jusqu’ici. Au moment où nous écrivons, comme s’il ne suffit pas de tuer en les privant de nourriture, l’armée sioniste tire dessus et massacre des gens affamés venus chercher de la nourriture. La foule a attendu en vain toute une nuit, pour finalement recevoir les balles des soldats de l’occupation.
Si Dieu voulait…
Mais qu’a-t-on pas dit, écrit, crié afin que tout cela cesse ? Qu’a-t-on fait, finalement ? Aujourd’hui à la veille du mois du Ramadan, plus que jamais on cherche un répit, mais est-ce pour reprendre ce génocide de plus bel après ? Sinon pour que nous puissions aller tranquillement à nos occupations, qu’elles soient religieuses ou non, pendant au moins un mois ? Cherchons-nous avoir une conscience apaisée le temps du jeune du Ramadan, nous ici, et pour eux une survie un peu moins inhumaine, là-bas à Gaza ?
Le mois du Ramadan, historiquement, a été aussi le mois de la guerre de Badr comme celui de la Victoire de la Mecque à l’époque de prophétique ? Certes, la quête de sérénité, de bonheur et de paix est essentielle, surtout pendant un mois béni, mais il ne faut pas se tromper sur ce que nous voulons ultimement. Un cessez-le-feu est non seulement juste et bienvenu, mais une nécessité. Si certains croient que le mois du Ramadan est une occasion pour y arriver, tant mieux. Mais, l’essentiel est ailleurs…
Comme le message coranique nous l’enseigne, par exemple après la bataille de Badr mais aussi en tant d’autres occasions, si Dieu le voulait, Il se vengerait Lui-même, aussitôt, contre les transgresseurs. Si Dieu le voulait, il n’y aurait pas eu ces massacres. Si Dieu le voulait, tout aurait pu être différent. Toutefois, Sa volonté n’est pas synonyme de Son plaisir. Pour nous les hommes, souvent nous prenons ce que nous voulons pour ce que nous aimons, naturellement. Mais si Dieu veut une chose, ce n’est pas comme le vouloir d’un humain.
Pourquoi est-ce ainsi ? C’est pour nous éprouver les uns par les autres. Afin que nous prouvions qui sont meilleurs parmi nous dans l’œuvre du bien. Car la volonté divine ne nous enlève pas la responsabilité de nos actes. Dans Sa Miséricorde infinie, Dieu ne nous impose jamais un fardeau que nous ne pouvons supporter. Il arrive, cependant, que l’être humain soit injustice envers soi-même et se charge ainsi de fardeaux qu’il ne peut supporter. Et il est souvent injuste aussi envers ses semblables, très souvent même.
Cessez-le-feu ou non pendant le Ramadan, il viendra certes un Jour où Le Feu sera au rendez-vous pour les coupables. Un jour, la guerre déposera ses fardeaux, finalement. Et s’il n’y a pas justice ici-bas, il n’y a aucun doute que Le Jour venu, chacun aura des comptes à rendre. Il ne faut pas oublier qu’il y a toutes ces choses que nous ne voyons pas, mais que nous croyons avec conviction comme des vérités. Le mois du Ramadan nous rappellera aussi cela.
Par PROF. KHALIL ELAHEE
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