dimanche , 20 septembre 2020
Hassen Khan Taher

Hassen Khan Taher, entrepreneur : Son parcours atypique lui a valu la reconnaissance du gouvernement

Hassen Khan Taher, le patron de la compagnie Hassen Taher Sea Foods, figure parmi les décorés du 12 mars 2018. Il a été fait Commander of the Order of the Star and Key of the Indian Ocean (CSK). Nous l’avons rencontré au siège de son entreprise à Camp Levieux, Rose-Hill. L’homme d’affaires nous retrace son parcours atypique.

Il n’a avait que 12 ans quand il s’est lancé dans le secteur de la pêche. âgé maintenant de 61 ans, Hassen Khan Taher est un homme d’affaires qui a énormément contribué au secteur de la pêche. Il est à la tête d’un groupe qui a maintenu sa suprématie dans le domaine des fruits de mers. Il s’est dit très fier d’avoir eu la reconnaissance de l’état. « Je ne m’attendais pas à cette récompense de l’état. Je remercie le Premier ministre pour cette consécration. C’est un travail d’équipe qui a été à la base de ce prix. C’est un grand honneur pour la compagnie », dit-il.

Parcours atypique

Le parcours d’Hassen Khan Taher n’était pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Il a été déscolarisé à l’âge de 12 ans. Il ne savait ni lire ni écrire ni même compter. Mais, il avait une grande confiance en lui-même. Il a commencé à travailler avec son père. « J’allais chercher des poissons avec mon père sur une charrette pour les vendre à travers l’île en marchant et en criant à haute voix. On faisait le tour de Vacoas, Bigarra, Mesnil et St-Paul en poussant notre charrette. Mon père me disait toujours de ne pas abandonner ce métier. Je l’ai écouté et j’ai continué à persévérer », raconte-t-il.

Notre interlocuteur révélé qu’il a eu un parcours semé d’embuches mais il a su surmonter les épreuves. Il se réveillait à trois heures du matin tous les jours pour aller chercher des poissons. Il faisait le va-et-vient pendant la journée. Il a connu la pauvreté de près. A l’âge de 15 ans, il a dû travailler comme marchand de poissons. En même temps, il vendait des gâteaux piments et des bouillons de poisson. « Il a fallu persévérer pour monter l’empire que vous voyez aujourd’hui. Il fallait travailler matin et soir. À cette époque il n’y avait pas de chambre froide pour conserver les poissons. Il fallait acheter des glaçons pour les mettre dans un bassin où nous conservions les poissons », relate-t-il.

De plus, il travaillait presque tous les jours sans se reposer et cela même après son mariage. « Travailler sans cesse n’est pas évident. Quand je sortais de la maison, il faisait noir et parfois quand je rentrais aussi il faisait noir. Plusieurs fois quand je rentrais, mes enfants étaient déjà au lit. Heureusement mon épouse Laila s’occupait de la maison. C’est elle qui avait pris la responsabilité de mes enfants. Elle a été toujours à mes cotés pendant les moments difficiles. Je saisis cette occasion pour la remercier publiquement pour son soutien », dit-il encore.

Même si l’homme d’affaires n’a pas eu la chance de terminer ses études, il a pu s’adapter a l’évolution de la société et savoir être en phase avec la nouvelle génération. « J’ai appris à compter et conduire par moi-même. La vie change et on doit s’adapter. Je sais comment utiliser la technologie », précise-t-il.

Un succès merité

La carrière d’Hassen Khan Taher a débuté avec une charrette et une bicyclette. Mais au fil du temps, la bicyclette et la charrette ont fait place à la moto et un van. « À cette époque, il y avait des pirogues et des bateaux à voile. Au fur et à mesure que je grandissais, nous avons acquis un bateau à moteur. C’était le début et aujourd’hui nous avons huit grands bateaux », souligne-t-il.

En outre, il avait commencé avec un chauffeur et un assistant. Actuellement, le groupe compte environ 200 membres de personnel et environ 150 pêcheurs. Chaque génération a apporté son soutien. Il est très fier de voir ses deux fils Bahim et Feroz lui emboîter le pas. « Je donne à mes enfants les mêmes conseils que jadis mon père m’avait donnés. Je leur demande de faire de leur mieux et de ne pas abandonner. Ils m’ont écouté. Avec le passage du temps, la compagnie grandit davantage », ajoute-t-il.

L’entreprise a 12 succursales à travers l’île et compte ouvrir des nouvelles succursales dans d’autres régions. Elle a un entrepôt à Mer Rouge qui se consacre uniquement à l’exportation. Elle commercialise une centaine de variétés de poissons et des fruits de mer et fournit environ 90% des hôtels du pays.

Vision pour l’avenir

Hassen Khan Taher a une belle vision pour sa compagnie. Il souhaite continuer à travailler avec sa nouvelle équipe dynamique. Il espère voir plus de ‘Fish Shops’ à travers l’île. « J’espère qu’avec la grâce du Créateur l’entreprise va grandir davantage. On vise à augmenter la production, améliorer la qualité et être encore plus compétitifs. Nous avons déjà fait l’acquisition de nouvelles technologies à cet effet », révèle-t-il.

Ses passions

Hassen Khan Taher est un amoureux de la pêche et du football. Il adore toujours prendre sa canne à pêche et faire une partie de pêche de temps en temps. Il est un grand fan de Liverpool et ne rate jamais un match de son équipe fétiche. Il adore aussi passer du temps avec la famille. « Souvent nous faisons des excursions en famille. Nous voyageons par autobus et nous passons du bon temps ensemble », dit-il.

Reconnaissance internationale

Au cours de ces dernières années, la compagnie a brillé au niveau international. Elle a représenté Maurice à l’étranger lors des expositions internationales des fruits de mer en Belgique. En 2012, il a reçu un prix dans la catégorie « Diamond » connu comme The Arch of Europe For Quality en Allemagne. En 2006, l’entreprise a reçu un autre prix, International Star for Quality en Genève et le Giant International en Inde dans la filière commerce et industrie. En 2005, elle a décroché le Quality Crown Award à Londres.

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