vendredi , 30 septembre 2022

Elections municipales : vers l’unification des partis de l’Opposition contre le MSM

Face à tout le remue-ménage en ce moment au sein des partis de l’opposition, une alliance PTr-MMM-PMSD semble une alternative plus crédible au MSM. C’est du moins l’avis de deux anciens ministres, Bashir Khodabux et Dharam Gokhool. Ils livrent leur analyse…

Avis sur l’opposition

Dharam Gokhool est d’avis que bien qu’il y ait un souhait parmi une section de la population pour que tous les partis de l’opposition arrivent à une alliance face au gouvernement en place, actuellement ce n’est pas le cas. « Au contraire, les divergences, semble-t-il, augmentent de plus en plus. Mais il y a ces trois partis – le PTr, le MMM et le PMSD – parmi lesquels nous observons une concertation. Il faudra voir s’ils parviennent à se mettre d’accord pour la création d’un front commun dans les jours à venir », dit-il.

Bashir Khodabux dit lui aussi entrevoir une alliance PTr-MMM-PMSD qui, selon lui, représente une opposition « valable, qui a la force et l’expérience nécessaire pour se présenter comme une alternative crédible ». « Il me semble que les trois partis seraient déjà sur la même longueur d’onde. Pour ce qui est des autres, ils ont leur point de vue et leur façon d’opérer propre à eux. Ils peuvent aider, comme l’avait fait Lalit en 1991 en faveur de l’alliance MSM/MMM », suggère-t-il.

Accord PTr-Entente de l’Espoir ?

Si un accord entre le PTr et l’Entente de l’Espoir ne s’est pas encore concrétisé c’est parce que des discussions sont toujours en cours. C’est du moins l’avis de Dharam Gokhool. Cela dit, il est d’avis qu’il n’est pas évident pour le public de savoir sur quoi portent ces discussions à ce stade, déplorant « un manque de clarté ». « Est-ce que les discussions tournent autour de la configuration pour des élections éventuelles ou est-ce sur le programme prioritaire pour la population  ? À ce stade, nous ne savons pas », souligne-t-il.

Pour Bashir Khodabux, il est clair que le PTr se présente comme la locomotive de cette opposition « pour des raisons évidentes ». « Lorsque Navin Ramgoolam discute avec le MMM et le PMSD, il est sous entendu qu’il est aussi en discussion avec les autres également qui, comme je l’ai dit, peuvent donner un coup de main », dit-il.

Reform Party

Bashir Khodabux dit trouver des « contradictions  » au sein du Reform Party de Roshi Bhadain avec d’un côté, une assemblée de déléguée qui vote massivement en faveur que le parti aille seul aux prochaines élections et de l’autre, le leader, Roshi Bhadain, qui maintient ses discussions au sein de l’Entente de l’Espoir. « Sachant surtout que si alliance il y a, c’est Navin Ramgoolam qui occupera le poste de Premier ministre », dit-il.

Ce faisant, Dharam Gokhool est d’avis que Roshi Bhadain s’auto-exclu au sein de l’Entente de l’Espoir. « Il devra soit faire cavalier seul ou alors se rallier à d’autres partis. Idem pour Nando Bodha qui caresse lui aussi le rêve de devenir Premier ministre. Ils doivent se retirer pour avoir les mains libres ou alors rentrer tranquillement dans les rangs », suggère-t-il.

Bruneau Laurette

Pour Dharam Gokhool, le divorce entre Bruneau Laurette et Linion Pep Morisien (LPM) est consommé. « Lorsque j’ai écouté les propos de Bruneau Laurette, suivis de ceux de Jean-Claude Barbier, il me semble qu’entre Bruneau Laurette et le LPM, il y a un conflit. Il se peut que Bruneau Laurette ait un style à lui, prenant des initiatives qui ne sont pas approuvées par le LPM ou alors il se peut que cela soit un problème relationnel. Quoi qu’il en soit, c’est le divorce », dit-il.

Quant à Bashir Khodabux, il se dit plus méfiant quant aux agissements de l’activiste. « Je ne souhaite pas me prononcer trop tôt mais je ne serai pas étonné qu’à l’avenir Bruneau Laurette fasse le contraire de ce qu’il prêche maintenant », confie-t-il.

Le LPM aux municipales

Dharam Gokhool se dit sceptique quant au rôle de LPM dans une joute électorale. « Au départ, j’étais de ceux qui pensaient qu’il fallait une alternance unifiée. Mais lorsque je constate les tractations, je penche plutôt pour une lutte à trois avec d’un côté le MSM, puis une alliance PTr-MMM-PMSD et enfin ce qu’il reste comme partis. Je ne crois pas que des partis comme le LPM arriveront à faire élire leurs candidats. Cela dit, ils pourraient avoir une ‘nuisance value’ », prévient l’ancien ministre.

Quant à Bashir Khodabux, il pense tout bonnement qu’il n’y aura pas d’élections municipales. « Tout politicien doté de bon sens et qui a tâté le pouls sur le terrain vous dira qu’il est dangereux pour le gouvernement d’organiser des élections municipales dans la conjoncture actuelle. Pravind Jugnauth les a renvoyées une fois et il ne va pas pouvoir le faire une deuxième fois. Je pense ainsi que Pravind Jugnauth ira directement aux élections générales au plus tard en décembre de l’année prochaine », entrevoit-il.

MSM imbattable ?

L’ancien ministre, Bashir Khodabux, estime que le MSM n’est pas « indéboulonnable ». « Le parti de Pravind Jugnauth a faussé le bon fonctionnement d’un gouvernement. D’abord, à travers un parlement qui ne fonctionne plus. Ensuite, à travers des institutions qui ne jouent plus pleinement leurs rôles. Pravind Jugnauth n’est pas fort mais il a entre les mains les instruments nécessaires qui peuvent faire pencher la situation en sa faveur », dit-il.

Idem pour Dharam Gokhool qui ne croit pas que le MSM soit imbattable. « D’après mes analyses, le MSM est sur la défensive. Je constate à quel point la pauvreté s’amplifie dans le pays et ce, dans toutes les communautés. En 1982, les problèmes économiques avaient pris le dessus sur l’aspect communal à l’heure des votes. C’est ce que je pense se reproduira lors d’éventuelles élections, car la population ne voit pas comment l’économie va s’améliorer avec tout ce qui se passe dans le monde. Même la carotte sous la forme de pension à la hausse pourrait ne pas passer  », croit-il savoir.

Aller seul aux élections

Il serait « suicidaire » pour les partis de l’opposition d’aller seul aux urnes, à en croire Dharam Gokhool. « C’est comme s’ils offraient les pouvoirs sur un plateau au MSM. Xavier-Luc Duval a déjà compris cela et Paul Bérenger, semble-t-il, commence à comprendre également que de par notre système, ils ne peuvent faire cavalier seul. Pu bizin marye pike », recommande-t-il.

Bashir Khodabux dit ne pas croire non plus dans cette formule. Selon lui, le scénario le plus probable pour des élections municipales, s’il y en a, c’est d’avoir d’un côté le MSM et en face, une alliance PTr-MMM-PMSD. « Il est indéniable que dans les villes, c’est trois là ensemble feront la différence car ils disposent d’un électorat urbain. Et le dynamisme qui sera engendré par leur unification convaincra également des indécis. Les résultats des élections de 2019 ne peuvent être tenus en compte dans cette équation. Mais au pire, si les 3 n’arrivent pas à accorder leurs violons, le PTr ira seul mais je ne crois pas que cela soit dans l’intérêt de la population », conclut-il.

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